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ATD Quart Monde - Communiqué de presse.

La pauvreté : la Commission européenne ne connaît plus !

[ Site ATD Quart Monde - Délégation auprès de l’UE ]
mardi 24 janvier 2006.
 

En mars 2000, l’espoir d’une lutte déterminée contre la pauvreté et l’exclusion. Lors des Sommets de Lisbonne et de Nice, les chefs d’Etat et de Gouvernement des Etats membres de l’Union européenne, en adoptant ce qui est devenu « la stratégie de Lisbonne », ont décidé de donner « un élan décisif à l’élimination de la pauvreté [1] » en Europe à l’horizon 2010, et de « faire de la lutte contre l’exclusion sociale et la pauvreté l’un des éléments centraux de la modernisation du modèle social européen [2] ».

En février 2005, la Commission européenne trahit cet espoir. En effet, dans sa Communication [3] sur la révision de la Stratégie de Lisbonne, elle ne fait aucune mention de l’objectif d’élimination de la pauvreté. La Commission ignore ainsi les 68 millions de personnes qui, aujourd’hui en Europe, subissent toujours la pauvreté et l’exclusion, et toutes celles qui sont menacées, demain, de tomber dans la pauvreté.

En se concentrant exclusivement sur la croissance et l’emploi, la Commission se trompe en croyant que ces éléments peuvent, à eux seuls, comme par enchantement, assurer l’élimination la pauvreté et la cohésion sociale. L’histoire montre que ce n’est jamais le cas. La lutte contre la pauvreté a besoin d’un engagement explicite, fort et durable de la part de toutes les institutions européennes, nationales et locales, ainsi que de la société civile et de tous les citoyens. Cette mobilisation de l’ensemble de la société ne pourra exister que si l’objectif d’élimination de la pauvreté en Europe et les engagements pris pour l’atteindre sont soutenus et appuyés par les institutions européennes et les Etats membres, et rendus visibles à tous les citoyens.

« Devenir l’économie de la connaissance la plus compétitive et la plus dynamique du monde » ne peut se faire en laissant de côté une part importante (15%) de la population. Comment accepter le gaspillage humain que représente la situation actuelle ?

La révision de la Stratégie de Lisbonne devrait, au contraire, être l’occasion d’associer directement les populations victimes de la pauvreté à la définition, la mise en œuvre et le suivi des actions entreprises. C’est ainsi que ces populations seront véritablement considérées comme des partenaires à partir desquels et avec lesquels l’Union européenne et la société dans son ensemble pourront mettre en œuvre les façons de se battre contre la pauvreté et l’exclusion sociale afin qu’en Europe tous aient enfin accès aux droits fondamentaux.

Le Mouvement ATD Quart Monde appelle la Commission, toutes les institutions de l’Union et l’ensemble des citoyens européens à réaffirmer sans ambiguïté, dans la Stratégie de Lisbonne révisée, que l’éradication de la pauvreté et le refus de l’exclusion sont des objectifs prioritaires de nos politiques et de nos engagements de citoyens.


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