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Campagne iFRAP 2007

ENA, la "Promotion Titanic" : des pertes, dettes ou transferts abyssaux !

Extraits d’un (long) article de "Société Civile" (publication mensuelle de l’IFRAP)
[ Site IFRAP ]
lundi 20 mars 2006.
 
Auteur(s) et leurs articles

Quelques exemples des grandes difficultés de l’Etat et de nombreux "hauts commis de l’Etat" à diriger correctement les entreprises et institutions publiques, malgré l’intelligence des "dirigeants" cités.

Exemples aussi d’ardoises laissées au contribuable, pendant que la dette publique s’alourdit d’année en année, réduisant ainsi davantage les potentielles "marges de manoeuvre".

L’ENA serait-elle un modèle ? Force est de constater qu’aucun autre pays ne s’en inspire, malgré les discours franco-français à la gloire de cette institution très "exception française".

Faut-il rappeler que diriger une entreprise ne s’improvise pas, et que les grands principes (théoriques), enseignés à l’ENA, sont bien loin d’assurer une gestion (pragmatique) efficace !

Pourquoi donc persister à nommer à la tête d’entreprises puissantes des personnes n’ayant pas fait leurs preuves avec des entreprises beaucoup moins difficiles à gérer ?


Les records

Nom Entreprise Pertes
Messier - Hannezo Vivendi Universal ≈72 milliards d’euros
Bon France Telecom ≈68 milliards d’euros
Haberer - Lévêque Gallot Crédit Lyonnais ≈15 milliards d’euros

Quelques énarques de la promotion Titanic

Avec entre parenthèses un chiffre donné par l’iFrap, ordre de grandeur des pertes, dettes ou transfert de charges à l’Etat.

Michel Albert (9.1) Jacques Attali Jean-Michel Bloch-Lainé (22.9) Georges Bonin (16)
Patrick Careil (1.8) Patrice Chevallier (16) Jacques Friedmann (3) Michel Gallot (6.1)
Jean-Yves Haberer (150) Jean-Maxime Lévêque (15) Pierre Moussa (12) Jean-Claude Trichet
Jean-Claude Jolain Raymond Fekik Bernard Attali (12) Michel Bon (680)
Jean-François Cirelli (120) Louis Gallois Alain Minc (6) Yves Roland-Billecart (2.3)
François Roussely (258) Pierre Blayau Jean-Marie Messier (720) Guillaume Hannezo
Guy de Panafieu (2.5) André Tarallo Jean-Pierre Lieb Bruno Parent
François Villeroy de Galhau Valéry Giscard d’Estaing Jacques Chirac Martine Aubry
Laurent Fabius Jack Lang Dominique Strauss-Kahn

Banques et assurances

1- Michel Albert : ENA, promotion Guy Desbos (1954-1956). Inspecteur des finances.

Il fut président du groupe Assurances générales de France (AGF) de 1982 à 1993. Le chiffre d’affaires est multiplié par 4, le bénéfice net après impôt est multiplié par 10 et la capitalisation boursière par 55.

Il décide alors de réaliser 40% de son chiffre d’affaires à l’international ce qui l’obligera à accroître ses fonds propres pour financer ses achats.

En échange d’une participation croisée avec Pechiney, il héritera d’un véritable cadeau empoisonné : la Banque du crédit chimique fusionnée avec la Banque du Phénix.

Cette dernière générera plus de 2 milliards de francs de pertes (303 millions d’euros).

Dans le même temps la participation minoritaire des AGF dans le Comptoir des entrepreneurs lui vaudra à terme une ardoise de plus de 2 milliards de francs.

Enfin, ses investissements en Italie et en Espagne avec la Banesto ne seront pas plus profitables et aboutiront également à une perte de près de 2 milliards.

Fin 1993, il quitte les AGF pour le Conseil de la politique monétaire de la Banque de France.

AGF : Un total de 6 milliards de francs de pertes, (910 millions d’euros).

Décorations : Officier de la Légion d’honneur, Grand officier de l’ordre national du Mérite.


2 - Jacques Attali : ENA, promotion Robespierre (1968-1970). Maître des requêtes au Conseil d’Etat.

Cet ancien « conseiller spécial » de François Mitterrand quitte l’Elysée pendant le second septennat et prend la tête de la BERD (Banque Européenne pour la Reconstruction et le Développement) en 1991. Il démissionnera en 1993.

La BERD est une organisation internationale située à Londres qui fut créé le 29 mai 1990 et inaugurée le 15 avril 1991.Son but est de favoriser la transition vers une économie de marché dans les pays d’Europe centrale et orientale et dans l’ex-URSS.

La gestion de Jacques Attali fut d’abord mise en cause du fait de ses dépenses fastueuses.

Par exemple le coût de la construction du siège de la banque basé à Londres a très largement dépassé le plan de financement initial et s’est élevé à 560 millions de francs (85 millions d’euros), dont un hall d’entrée somptueux en marbre de Carrare.

Les dépassements de budgets pour la construction du siège auraient été supérieurs à la totalité des prêts consentis par la BERD aux pays de l’Est !

Ont également été recensés une quarantaine de voyages en jet privé de Jacques Attali, des rémunérations (interdites par la règlement de la Banque) pour des conférences, des repas londoniens coûtant 170.000 francs, ainsi que des dépenses personnelles sur le compte de la BERD remboursées de manière tardive.

Au-delà de ces dépenses inconsidérées, sa gestion de la BERD a été fortement mise en cause par un rapport accablant effectué par la firme Coopers and Lybrand démontrant un gaspillage social et humain gigantesque.

Jacques Attali démissionnera suite à ce rapport le 25 juin 1993. Jacques de Larosière prendra sa suite en 1994.

Jacques Attali est actuellement à la tête de PlaNet Finance, administrateur de Keeboo depuis 2000 et de Siebel Systems.


3 - Jean-Michel Bloch-Lainé : ENA, promotion Saint-Just (1961-1963), Inspecteur des finances.

Cet ancien directeur des Impôts fut Président du Conseil d’administration de la Banque Worms, filiale bancaire de l’UAP, de 1984 à 1992.

Comme la plupart de ses amis énarques, il mise sur l’immobilier pour développer la banque.

Comme l’énonce "Le nouvel économiste" dans son dossier (n° 1071) consacré aux pantouflards, cette stratégie sera un échec total : 14,9 milliards de francs de pertes, soit près de 8 fois les fonds propres de l’établissement, qui canalise une grande partie des aides françaises au tiers-monde et notamment à l’Afrique.

Il donna sa démission en 1992 à la demande de Jean Peyrelevade, alors patron de l’UAP. Il se recasera sans aucune difficulté à la présidence du Conseil de surveillance de la Caisse française de développement.

Il avoue lui-même dans le livre Les intouchables de Ghislaine Ottenheimer « je ne connaissais rien à la gestion d’une banque », « je n’étais pas fait pour les affaires ».

Worms : 14,9 milliards de francs de pertes (2,29 milliards d’euros)

Décorations : Commandeur de la Légion d’honneur et de l’ordre national du Mérite.


4 - Georges Bonin : ENA, promotion Guy Desbos (1954-1956).

Il fut gouverneur du Crédit foncier (CFF) de 1982 à 1994 et l’a conduit à la liquidation.

Comme le rappelle "L’Expansion" dans un article du 20 février 1997 « Georges Bonin s’était fait donner par le Conseil d’administration l’autorisation de décider seul d’importantes opérations. Le seuil au-dessous duquel il pouvait autoriser un achat d’immeuble avait été relevé à 15 millions en 1991, et celui des acquisitions et cessions de titres, à 40 millions en 1993. De plus, des "prêts avantageux" à des "clients privilégiés" auraient été octroyés, comme le note le rapport réalisé par la Comité central d’entreprise dans le cadre du droit d’alerte. »

Devant ce désastre général, chacun a rejeté la responsabilité sur les dysfonctionnements du système. Mais la gestion désastreuse est bien l’œuvre de Georges Bonin. « Les principales ardoises proviennent des activités de promotion en propre et du financement de promoteurs et de marchands de biens. Convaincu de son insubmersibilité, le Foncier a investi à contre-temps dans l’immobilier, un entrelacs de 170 filiales, notamment l’Immobilière foncier Madeleine. »

Faute d’un provisionnement suffisant en temps voulu, les comptes de 1995 se sont soldés par une perte nette consolidée de 10,8 milliards de francs ; les fonds propres sont devenus négatifs de 2,4 milliards de francs.

En 1995, le Crédit Foncier a dû passer des provisions immobilières record de 13,5 milliards de francs. La perte de 1995 a réduit les fonds propres à néant : le Crédit foncier est virtuellement mort.

En deux ans, l’action perd près de 95% de sa valeur.

En 1994, le gouvernement avait nommé un autre inspecteur des Finances (Jean-Claude Colli) à la tête de cette institution en perdition. Ce dernier pas plus que son prédécesseur n’a eu le courage de faire une opération vérité sur les comptes ; il sera limogé 14 mois après son arrivée et remplacé par Jérôme Meyssonnier, PDG de la Banque Hénin.

Le 26 juillet 1996, l’Etat nationalise le CFF pour le liquider.

Crédit Foncier de France : 10,8 milliards de francs de pertes (1,6 milliard d’euros)


5 - Patrick Careil : ENA, Promotion Simone Weil (1972-1974), Inspecteur des finances.

Patrick Careil fut directeur de cabinet de Charles Hernu pendant l’affaire du Rainbow Warrior puis de Paul Quilès (ministres de la Défense). Il fut ensuite collaborateur de Pierre Bérégovoy au ministère des finances. Il fut également la pièce maîtresse du raid manqué sur la Société Générale.

Nommé en 1989 à la tête de la Banque Hervet (établissement bancaire nationalisé en 1982) grâce à l’influence de certains amis politiques, il n’en partira qu’en 2004.

Lui non plus n’a pas su éviter les pièges de l’immobilier. En 1992, la Banque Hervet affiche sa première perte : 186 millions de francs. Mais ce n’est rien a côté des pertes affichées en 1993 : 1,2 milliard de francs.

L’ampleur des pertes va d’ailleurs stopper la privatisation de cet établissement bancaire et il faudra attendre le mois de mars 2001 et des plans d’économies drastiques pour que celle-ci ait lieu. La privatisation de la Banque Hervet s’est finalement effectuée au profit du CCF (Crédit commercial de France).

Il est à noter que malgré ces pertes, qui étaient les premières dans l’histoire de la Banque Hervet, qui a toujours été reconnue pour sa rentabilité, Patrick Careil s’est vu proposer en 1997 la présidence de la Société marseillaise de crédit. Il fut d’ailleurs nommé à sa tête le 2 décembre 1997 à la place de M. Habib-Deloncle, tout en conservant ses fonctions à la Banque Hervet.

Banque Hervet : 1,2 milliard de francs de pertes (180 millions d’euros)

Décorations : Chevalier de la Légion d’honneur et de l’ordre national du Mérite


6 - Patrice Chevallier : ENA, promotion Thomas More (1969-1971). Administrateur civil.

Après avoir travaillé avec Roger Quilliot, Patrice Chevallier devient directeur de cabinet de Paul Quilès. En 1990, il est choisi par Georges Bonin, Gouverneur du Crédit Foncier de France (CFF), pour prendre la tête de la Compagnie financière de crédit, filiale du CFF.

Il va se lancer dans des opérations aussi hasardeuses que désastreuses sans que Georges Bonin ne dise mot et sans tenir compte du retournement du marché de l’immobilier.

"Le Monde" dans un article du 16 avril 1996 énumère les dysfonctionnements : « Pas de comptes consolidés pour les 170 filiales qui se sont développées à la fin des années 80. Prises de décisions souvent discrétionnaires. Conseils d’administration formels et mondains. La maison fonctionne sans aucune corde de rappel. »

Le coup de grâce sera porté en 1995 par le gouvernement Juppé qui signe la fin des prêts d’accession à la propriété (PAP) et leur remplacement par le « prêt à taux zéro » que toutes les banques peuvent distribuer. Le monopole du Crédit Foncier sur la distribution du PAP constituait une véritable rente qui lui permettait de masquer les pertes de ses autres activités.

« Le Crédit Foncier perd tout rôle particulier » (Le Monde).

Patrice Chevallier a donc une part importante de responsabilité dans les 10,8 milliards de francs de pertes du CFF (1,6 milliard d’euros).

Limogé en 1994, il reçoit une indemnité de 2,15 millions de francs.

M. Arthuis, ministre de l’Economie et des Finances du gouvernement Juppé avait décidé de sanctionner Chevallier en suspendant son traitement à partir du premier novembre 1996. Le but de cette sanction était de protester contre cette indemnité scandaleuse.

Cependant cette sanction sera annulée par le Conseil d’Etat pour manque de base légale.

A la suite de son renvoi Patrice Chevallier retourne au Trésor. Depuis 2001, il est directeur financier et Membre du Comité Exécutif du groupe Elior.

Crédit Foncier de France : 10,8 milliards de francs de pertes (1,6 milliard d’euros)


8 - Jacques Friedmann : ENA, promotion Vauban (1957-1959). Inspecteur des finances.

Ce grand commis de l’Etat qui symbolise le capitalisme politisé et administré ne doit sa carrière qu’à des forts appuis de J. Chirac et d’E. Balladur.

Il assura la présidence de l’UAP (Union des Assurances de Paris) entre 1993 et 1997 et pour la première fois de son histoire celle-ci afficha 2 milliards de francs de pertes, le cours de la Bourse a perdu 30% et l’UAP a été absorbée par Axa.

Comme le souligne "Le nouvel économiste" dans son numéro 1071 Friedmann n’en était pourtant pas à son coup d’essai puisque sa gestion à la présidence de la Compagnie Générale Maritime donna lieu à ce qui fut reconnu par tous comme un naufrage.

En tant que Président d’Air France, il n’a pas eu le courage de réformer, laissant la compagnie s’enfoncer dans une spirale descendante.

UAP : 2 milliards de francs de pertes (303 millions d’euros)

Décorations : Commandeur de la Légion d’honneur, Chevalier de l’ordre national du Mérite.


9 - Michel Gallot : ENA, promotion France-Afrique (1955-1957). Inspecteur des finances.

Il entre au Crédit Lyonnais en 1962, en devient directeur général adjoint en 1973, puis directeur général honoraire en 1991.

Dans le même temps il exercera, entre 1975 et 1994, les fonctions de président de la SDBO (Société de banque occidentale), l’une des principales filiales bancaires du Crédit Lyonnais, spécialisée dans le rachat d’entreprises en difficulté. Cet établissement, dont le directeur général est Pierre Despesailles, sera bénéficiaire jusqu’en 1990.

A partir de 1992, la descente aux enfers commence en raison de la gestion désastreuse de Gallot et Despesailles : absence totale de stratégie d’ensemble, clientèle douteuse, développement boulimique du secteur immobilier et du financement des entreprises en difficulté...

D’autre part, la SDBO n’a cessé de céder aux caprices de Bernard Tapie qui en était le principal client. Ce dernier obtenait des crédits sur simple autorisation de découverts et ne payait pas ses agios. Le train de vie du couple Tapie fut financé par la SDBO.

Comme le souligne Gislaine Ottenheimer dans son livre Les Intouchables, « juste avant la revente d’Adidas, les prêts consentis par la SDBO à B. Tapie représentaient deux fois et demi les fonds propres de la Banque !!! ».

Ces dysfonctionnements plongeront l’établissement dans l’abîme avec une perte cumulée proche de 4 milliards de francs (610 millions d’euros).

Vinrent ensuite ce que l’on a appelé les « affaires cannoises » :

L’une d’entre elles concernait l’achat pour 44 millions de francs, en 1989, d’un terrain de 5,7 hectares à Cannes par une société constituée pour l’occasion. Cet achat avait été financé par un prêt de la SDBO.

En 1991, Michel Mouillot, maire de Cannes, avait classé la municipalité cannoise en zone d’aménagement concerté (ZAC), permettant la revente du terrain pour 165 millions de francs, soit une plus-value de 121 millions. Qui avait financé l’achat du terrain ? La SDBO...

L’histoire de la SDBO prendra fin en 1996 lorsque la partie saine de la banque est rachetée par le Crédit Lyonnais au prix de 50 millions de francs. Tous les actifs douteux, environ 10 milliards de francs, restent à la charge du CDR (Consortium de réalisation) et donc du contribuable.

En septembre 1997, Michel Gallot, ex-président, est mis en examen et écroué pour abus de confiance.

SDBO : 4 milliards de francs (610 millions d’euros) de pertes cumulées

Décorations : Officier de la Légion d’honneur et de l’ordre national du Mérite


10 - Jean-Yves Haberer : ENA, promotion Vauban (1957-1959), major. Inspecteur des finances.

Pierre Bérégovoy le nomme en 1988 président du Crédit Lyonnais. Sa stratégie est la suivante : il multiplie les acquisitions bancaires et gonfle son portefeuille de participations industrielles, une stratégie délibérément offensive en dépit d’une conjoncture économique défavorable. Les mauvaises surprises ne vont pas tarder à se faire sentir, avec les dossiers du financement de Bernard Tapie et de la société financière Sasea, par exemple, ou celui du rachat de la Metro Goldwin Mayer qui lui coûtera finalement 12 milliards de francs (1,8 milliard d’euros).

En mars 1994, le Crédit Lyonnais annonce une perte nette de 6,8 milliards de francs (1 milliard d’euros) au titre de l’exercice 1993. L’entreprise sera menacée de « mise en faillite » par la Commission européenne en 1998.

En novembre 1993, M. Haberer est remercié et nommé président du Crédit national, où il ne restera pas longtemps. Le Lyonnais ne cessera plus de défrayer la chronique, absorbant quelque 15 milliards d’euros d’aides de l’Etat. Longtemps silencieux, Jean-Yves Haberer a publié, en 1999, un livre plaidoyer, Cinq ans de Crédit lyonnais (Ramsay). Les critiques qui lui sont adressées sont regroupées dans un chapitre intitulé : "Diabolisation du bouc émissaire".

D’autre part, le juge s’est penché sur « les dépenses somptuaires » du PDG.

Sous sa présidence, d’importants travaux de réfection du siège ont été entrepris, et 3,8 millions de francs (environ 600 000 euros) de meubles anciens et d’objets d’art ont été achetés auprès d’antiquaires parisiens, « parfois même par Jean-Yves Haberer lui-même », note le juge.

« Ces dépenses somptuaires apparaissent totalement inopportunes au regard des difficultés rencontrées par la banque entre 1991 et 1993. Elles révèlent à cet égard une certaine mégalomanie », conclut le juge.

Haberer a été condamné le 23 février 2005 à 18 mois de prison avec sursis et 1 euro de dommages-intérêts au Crédit Lyonnais, en raison de faux bilans remontant aux années 1991 et 1992. Ces faux bilans étaient destinés à masquer l’ampleur de la catastrophe financière en cours, consécutive à la stratégie expansionniste de Haberer.

En effet, en 1992, il avait affiché une perte limitée à 1,8 milliard de francs (275 millions d’euros) alors que l’ardoise établie des années plus tard sera proche des 50 milliards de francs (7,5 milliards d’euros).

Dans le même temps, sur la période 1988-1993, deux banques comparables, la BNP, alors publique, et la Société générale, déjà privée, sont restées mesurées dans leurs investissements, n’ont pas adopté une stratégie à haut risque et n’ont jamais cessé d’être bénéficiaires.

Ce grand commis de l’Etat est aujourd’hui à la retraite. Comme le note un ancien financier cité par "Le Monde"« Jean-Yves Haberer a joué, entre 1988 et 1993, 30 à 40 milliards de francs au poker avec la complicité du gouvernement... et il a perdu ».

Crédit Lyonnais : environ 100 milliards de francs de pertes (15 milliards d’euros)


11 - Jean-Maxime Lévêque : ENA, promotion Union française (1946-1948). Inspecteur des finances.

Il représente la France au FMI et à la Banque internationale pour la reconstruction et le développement. Il fut conseiller économique à l’Elysée jusqu’en 1964 et quitta ce poste pour le Crédit Commercial de France (CCF) dont il devint président en 1976.

A la fin des années 70, il avait déjà mené le CCF au bord du gouffreà cause notamment de prêts accordés au Brésil. A la veille de sa privatisation, en 1987, il faudra une recapitalisation de 2 milliards de francs par l’Etat pour sauver le CCF de la faillite.

En 1982, il crée une petite banque (IBI : International Bankers Incorporated) maison-mère d’IBSA, sa filiale française. L’IBI est domiciliée dans les Antilles néerlandaises et IBSA au Luxembourg.

Les erreurs de gestion s’accumulent, la clientèle est peu nombreuse et douteuse, et peu à peu la banque s’enfonce.

En 1986, Lévêque est nommé à la présidence du Crédit Lyonnais, ce qui lui permet de donner un peu d’oxygène à l’IBI. L’embellie ne durera pas car ce proche du RPR est limogé à la suite de la défaite de la droite aux élections législatives de 1988. Il regagne alors le siège de président de l’IBI et cherche des investisseurs.

Jean-Yves Haberer, qui l’a remplacé à la tête du Crédit Lyonnais, finit par céder à la demande d’aide de Lévêque et les titres IBI sont achetés 30% au dessus de leur valeur. Le Crédit Lyonnais a pris 25% du capital d’IBI en 1990. IBSA et sa maison-mère deviennent des filiales du Crédit Lyonnais.

En achetant les titres IBI largement au-dessus de leur valeur, il semble en fait que Haberer ait voulu renvoyer l’ascenseur à Lévêque qui l’avait chaudement recommandé au nouveau gouvernement et qui était intervenu auprès de ses amis RPR pour qu’une commission d’enquête parlementaire sur le Lyonnais ne soit pas constituée.

En 1991, la réalisation d’une plus-value fictive de l’ordre de 100 millions de francs permet à IBSA d’afficher un résultat bénéficiaire au lieu d’une perte de 80 millions. Mais ce n’est pas tout : des commissions occultes furent versées lors de transactions immobilières réalisées à la fin des années 80.

En 1994, les pertes de l’IBI se chiffrent déjà à plusieurs milliards de francs et le Crédit Lyonnais, actionnaire majoritaire, paie seul l’addition sur l’argent du contribuable.

En 1997, les pertes se chiffrent à 8 milliards de francs et l’ensemble du groupe se trouve entre les mains du Consortium de réalisation, structure chargée de vendre les actifs compromis du Crédit Lyonnais. Entre 1993 et 1997, plus de vingt procédures ont été lancées contre IBI et IBSA.

Jean-Maxime Lévêque est mis en examen le 29 mai 1997 pour « complicité d’abus de confiance, recel, complicité de présentation de comptes inexacts pour IBSA et pour IBI, et complicité de distribution de dividendes fictifs ».

Il sera incarcéré à la prison de la Santé du 29 mai au 26 septembre 1997.

On a découvert par la suite que lorsqu’il était patron du Lyonnais il aurait fortement aidé une société de location de matériel informatique, Econocom, propriété du frère de son gendre. La banque se serait engagée à hauteur de 1,3 milliard de francs...

CCF : l’Etat déboursera 2 milliards de francs (300 millions d’euros) IBI : 8 milliards de francs de pertes (1,2 milliard d’euros)


13 - Pierre Moussa : Diplômé de l’Ecole Normale Supérieure, il est reçu premier à l’Inspection des finances en 1946.

En 1982, il crée Finance and Development Inc (USA) dont il fut président jusqu’en 1987. En 1984 il crée Pallas group, ultérieurement Pallas holding (Luxembourg) dont il demeure PDG jusqu’à sa fusion avec la Compagnie industrielle de Paris (COMIPAR) en 1992.

Sous sa présidence, la banque Pallas-Stern s’est lancée dans des engagements immobiliers hasardeux et a connu la première grande faillite enregistrée par une banque privée : 8 milliards de francs de pertes.

Pierre Moussa a dû céder la place à Gérard Eskenazi, dont la holding Comipar a injecté 600 millions de fonds propres dans la banque Pallas-Stern.

La journaliste Irène Inchaupsé a montré dans son livre Une faillite si convenable que l’effondrement de la banque Pallas Stern était en germe depuis 1991. Le responsable principal de cette gigantesque faillite est donc bien Pierre Moussa.

La banque Pallas-Stern a déposé son bilan à l’été 1995. Banque Pallas-Stern : 8 milliards de francs de pertes ( 1,2 milliard d’euros)

Décorations : Officier de la Légion d’honneur, officier de l’ordre national du Mérite


15 - Jean-Claude Trichet : ENA, promotion Thomas More (1969-1971). Inspecteur des finances.

En 1978, il devient conseiller technique de Valery Giscard d’Estaing puis, en 1986, conseiller d’Edouard Balladur aux finances. En 1987, il devient directeur du Trésor.

Il fut gouverneur de la Banque de France de 1993 à 2003.

Durant sa présidence, Jean-Claude Trichet n’a rien fait pour réduire les dépenses de la Banque de France ni pour en empêcher les dysfonctionnements et les gaspillages.

Une étude de l’IFRAP publiée en 1999 dresse un bilan désastreux : la Banque de France gaspille 10 milliards de francs (1,5 milliard d’euros) par an.

La Banque de France où le salaire moyen est supérieur à 18.000 francs par mois emploie 6 fois plus de personnel que celle d’Angleterre et 10 fois plus que celle du Canada : 1700 personnes et 5 succursales au Canada, 2660 personnes et 12 succursales en Grande-Bretagne, 17239 personnes et 211 succursales en France. Même l’Allemagne, qui a plus d’habitants que la France, n’a que 125 succursales.

De plus, imprimer un billet coûte 3 fois plus cher dans l’hexagone : 1 franc par billet pour la Banque de France, 29 centimes pour la Banque d’Angleterre. Sans compter le comité d’entreprise qui est encore plus avantageux que celui d’EDF...

Et pourtant depuis le 1er janvier 1999, la définition de la politique monétaire française appartient à la Banque Centrale Européenne. La Banque de France est donc privée de sa mission principale et aurait dû être restructurée par Jean-Claude Trichet. Pourtant celui-ci n’a pas pris les mesures nécessaires à la modernisation de la Banque de France. Celle-ci conserve ses privilèges et ses avantages.

Plusieurs rapports ont mis en évidence la nécessité impérieuse de restructurer la Banque de France. La Cour des comptes dans un rapport rendu en 2003 affirme : « le format de la Banque de France est aujourd’hui très supérieur au souhaitable » ; elle plaide pour une réduction drastique du nombre des succursales. Une étude d’Yves Barroux, secrétaire général de la Banque de France allait dans le même sens.

Il faudra attendre le départ de Jean-Claude Trichet pour qu’une timide réforme soit engagée.

Décorations : Officier de la Légion d’honneur et de l’ordre national du Mérite.


16 - 17 - Jean-Claude Jolain : promotion Turgot (1966-1968), Administrateur civil hors-classe

Raymond Fekik : promotion Rabelais (1971-1973), Inspecteur général de l’Administration.

Ces deux énarques proches de la « chiraquie » ont fait perdre aux MMA (Mutuelles du Mans Assurances) plusieurs centaines de millions d’euros en s’engouffrant dans plusieurs dossiers catastrophiques. Jean-Claude Jolain, proche de Jacques Chirac et responsable des affaires financières de la ville de Paris, a été nommé PDG des MMA (Mutuelles du Mans Assurances) par un décret du gouvernement en juillet 1986, un an avant leur privatisation par J. Chirac alors Premier ministre.

Comme le souligne Le Monde « les syndicats comme les cadres dirigeants ont estimé que M. Jolain est arrivé à la tête du groupe par un « fait du prince » ». Le mercredi 2 septembre 1998, environ 2 milliers de salariés, soit 70% des effectifs des Mutuelles du Mans se sont rassemblés devant le siège de l’entreprise pour demander au PDG Jean-Claude Jolain de démissionner dans l’intérêt du groupe. Il quitta alors les MMA.

Raymond Fekik fut, quant à lui, administrateur de plusieurs sociétés d’aménagement de la ville de Paris entre 1983 et 1986. Il fut nommé directeur général des MMA par Jean-Claude Jolain en 1992, et fut longtemps considéré « comme le véritable maître à bord des MMA au Mans ». Il fut évincé par J.-C. Jolain en septembre 1998 alors qu’il obtint l’appui massif des cadres et du personnel.

Jean-Claude Seys a pris la succession de J.-C. Jolain le 30 septembre 1998 et a commandé un audit sur la gestion de son prédécesseur. Résultat : les MMA annoncent au mois de juin 1999 une perte nette de 1,2 milliards de francs (182 millions d’euros) pour 1998. « Elles paient notamment très cher l’aventure italienne, lancée par M. Jolain et poursuivie au fil des années dans des sociétés particulièrement mal gérées et mal contrôlées » (Le Monde 4 juin 1999). Au total, les pertes pour les Mutuelles du Mans atteignent la somme de 4,5 milliards de francs (686 millions d’euros).

« D’autre part, les investissements de MMA dans la BIMP (Banque Industrielle et Mobilière Privée), victime de la crise de l’immobilier et dans le Crédit martiniquais, ont coûté plusieurs centaines de millions de francs ». (Le Monde 4 juin 1999). Le chiffre d’affaires a chuté de 8,5% en 1998 et la mutuelle perd 0,5% de part de marché pendant les années précédant sa reprise par Jean-Claude Seys. Lorsque Jean-Claude Seys est arrivé en 1998, le groupe perdait 750 000 francs de chiffres d’affaires par jour et 1000 clients par mois (Le Monde 27 mai 2000). La justice a commencé à s’intéresser aux Mutuelles du Mans en 2000 suite à deux plaintes déposées en octobre 1999 : une première plainte a été déposée contre X suite à l’audit demandé par Jean-Claude Seys lors de son arrivée à la présidence des MMA. Cette plainte vise des surfacturations relevées sur des travaux effectués dans la tour Emeraude, immeuble de la société du Mans, des logements de fonction indus, des avantages en nature, des disparitions de tableaux, de bouteilles... (Le Monde 27 mai 2000).

Une deuxième enquête a été ouverte à propos de Raymond Fekik : « Celui-ci se serait fait attribuer par DAS, l’une des sociétés de la galaxie MMA qu’il présidait, une indemnité d’assurance-retraite de plusieurs millions de francs dans des conditions controversées » (L’Express Economie, 18/5/2000).

Cela n’empêchera pas J.-C. Jolain d’être nommé par arrêté du 29 novembre 2001 au conseil national de l’habitat en remplacement de Louis-Gaston Pelloux. Il est également membre du conseil d’administration du CCF (Crédit Commercial de France), PDG de Sagi (Société anonyme de gestion immobilière de la ville de Paris) depuis 1993, PDG de Ville Service Plus et Président de l’UESL (Union d’Économie Sociale du Logement).

Raymond Fekik est, quant à lui, retourné à l’Inspection Générale de l’Administration après son départ des MMA.


Entreprises publiques

18 - Bernard Attali : ENA, promotion Turgot (1966-1968). Auditeur puis conseiller référendaire à la Cour des comptes.

Cet ami de François Mitterrand fut parachuté à la présidence d’Air France en 1988 et assurera une gestion désastreuse jusqu’à ce qu’il quitte ses fonctions en 1993.

Bernard Attali a mené une politique d’investissements douteuse : il a racheté la compagnie UTA à Jérôme Seydoux en payant les actions UTA plus de 4000 francs, alors qu’elles étaient cotées en bourse à moins de 2900 francs. Cette surprime avait-elle pour but d’améliorer les finances de Jérôme Seydoux, proche de François Mitterrand et fragilisé par les pertes générées par ses investissements dans la 5 ème chaîne de télévision ?

Air France a ensuite pris une participation dans la compagnie Sabena, participation qu’il a fallu vendre quelques années plus tard.

Enfin, Bernard Attali a trouvé qu’Air France manquait d’avions et de pilotes et a lancé un vaste programme de formation de pilotes. Au cours de la formation de ces jeunes pilotes, la direction s’est aperçue qu’Air France avait trop de pilotes et a suspendu la formation de ces jeunes pour leur attribuer des emplois subalternes du type bagagiste.

Selon l’avis numéro 87 de 1997-1998 de la Commission des affaires économiques du plan du Sénat, la situation financière s’est dégradée à partir de 1989 pour devenir catastrophique en 1992 et 1993 : « le déficit était de 8 milliards de francs en 1993, avant la mise en place du plan de redressement intitulé « projet pour l’entreprise ».

En effet, en 1992 déjà, le déficit atteint 3,2 milliards de francs (500 millions d’euros), et atteindra 8 milliards (1,2 milliard) un an plus tard.

Dans le même temps, British Airways et Lufthansa, les deux grandes concurrentes européennes d’Air France, évoluent dans le même paysage mais la première reste bénéficiaire et la seconde se redresse.

Le 15 septembre 1993, au conseil d’administration, est annoncée une suppression de 4300 postes d’ici à 1994, dont 1000 emplois de navigants. C’est la première fois que les pilotes seront touchés.

Ces mesures seront accompagnées d’un coup de pouce financier de l’Etat proche de 4 milliards de francs (600 millions d’euros).

En 1993, la compagnie aérienne est inscrite par E. Balladur sur la liste des entreprises privatisables. Les difficultés d’Air France ont commencé avec Bernard Attali et se termineront grâce à son départ. En effet, à partir de 1995 la situation va s’améliorer.

Christian Blanc remplacera Bernard Attali au poste de Président d’Air France en 1993.

Bernard Attali devient président du conseil de surveillance puis président du collège des associés-gérants de la banque Arjil.

Air France : 8 milliards de francs de déficit (1,2 milliard d’euros) Aide de l’Etat : 4 milliards de francs (600 millions d’euros) Décorations : Officier de la Légion d’honneur, Commandeur de l’ordre national du Mérite.


19 - Michel Bon : ENA, promotion Thomas More (1969-1971), Inspecteur des finances.

Après avoir été PDG de Carrefour et remercié par les actionnaires, puis directeur général de l’ANPE (nommé à ce poste par Edouard Balladur grâce à l’intervention d’Alain Minc, autre inspecteur des finances), il prit la tête de France-Télécom en 1995 pour y rester jusqu’en 2002.

Il a présenté pour l’année 2001 une perte nette d’environ 8,5 milliards d’euros, alors que le groupe revendiquait un bénéfice de 3,6 milliards d’euros pour l’exercice précédent.

Axée sur une stratégie de croissance externe et d’investissements considérables dans les technologies émergentes, France Telecom a vu sa dette exploser : l’endettement net de l’entreprise est passé de 14,6 milliards d’euros fin 1999 à 61 milliards d’euros fin 2000, 63,4 milliards d’euros en 2001 et 68 milliards d’euros en 2002, tandis que les capitaux propres consolidés s’effondraient de 33,2 milliards d’euros en 2000 à -9,9 milliards d’euros en 2002.

France-Télécom : 68 milliards d’euros de pertes Décorations : officier de la Légion d’honneur et de l’ordre national du mérite, Chevalier du Mérite agricole.


20 - Jean-François Cirelli : ENA, promotion Léonard de Vinci (1983-1985). Administrateur civil à la direction du Trésor du ministère de l’Economie et des Finances de 1985 à 1989, il fut conseiller économique à la Présidence de la République de 1997 à 2002, puis directeur adjoint au cabinet de Jean-Pierre Raffarin, en charge des questions économiques, industrielles et sociales, de 2002 à 2004.

Le 15 septembre 2004, Jean-François Cirelli prend la tête de GDF (Gaz de France) en remplacement de Pierre Gadonneix.

On peut s’étonner que l’on ait choisi un membre du cabinet de Jean-Pierre Raffarin pour prendre la tête de GDF et que juste aprèson ait créé une "usine à gaz monumentale qui camoufle une dette d’une douzaine de milliards d’euros" comme l’écrit l’économiste Jean-Pierre Chevallier.

"En effet, les charges de retraite de GDF vis-à-vis de ses salariés se montent à 2,571 milliards d’euros seulement alors qu’elles devraient être de 14,854 milliards d’euros comme le révèle le rapport annuel (comptes consolidés)."

"12,253 milliards d’euros de dettes ont donc disparu du patrimoine de GDF grâce à la loi du 9 août 2004 ! Comme l’explique Jean-Pierre Chevallier, ces dettes "ont été reprises par ce que les Français appellent des organismes sociaux : des caisses de retraite, par l’intermédiaire de montages financier complexes difficilement compréhensibles".

Les charges de retraite des salariés d’une entreprise s’analysent comme des dettes venant en diminution de ses capitaux propres qui sont affichés à 10,337 milliards d’euros pour GDF ; en réalité avec 12,253 milliards d’euros de charges de retraites, ils devraient être négatifs à hauteur de 1,876 milliards d’euros.

Avec des dettes à long terme de 4,793 milliards d’euros, la situation nette de GDF devrait donc être négative de 6,669 milliards.

GDF est censé rembourser en 20 ans cette dette aux organismes sociaux mais utilise un artifice qui transforme cette dette en avance remboursable.

La situation réelle est en fait savamment cachée aux investisseurs non avertis. Et le pire est que ces comptes non conformes aux règles ont été établis et contrôlés par les représentants de l’État qui sont chargés par ailleurs de vérifier la régularité des comptes des sociétés.

GDF était considéré comme un service public et n’était donc pas obligé de publier ses comptes selon les règles que doivent respecter les sociétés. De ce fait l’exercice 2003 pouvait légitimement ne pas faire apparaître les charges de retraites du bilan.

Mais étant côté en bourse depuis juillet 2005, GDF aurait dû présenter dans ces comptes 2004 ces charges de retraite.

Cependant, la loi du 9 août 2004 est venue fort opportunément soustraire de son patrimoine cette dette de 12 milliards d’euros (sur l’exercice 2004) qui n’a donc jamais figuré à son bilan."

Énarques et arnaques semblent bien aller de pair...

GDF : dette de 12 milliards d’euros


21 - Louis Gallois : ENA, promotion Charles de Gaulle (1970-1972). Administrateur civil.

Il est à la tête de la SNCF depuis 1996.

La SNCF a été longtemps une des gloires françaises ; haut lieu de la Résistance pendant la deuxième guerre mondiale, la SNCF sous la houlette du grand ingénieur que fut Louis Armand devint l’un des réseaux les plus performants tant que la ponctualité légendaire des trains que par les grandes percées technologiques associées au développement de la traction électrique ( thyristors de puissance, etc.) qui remplaça les locomotives à vapeur et une grande partie des machines diesel électrique. A l’époque d’Armand, le siège central occupait une centaine de personnes.

Aujourd’hui la SNCF n’est plus que l’ombre d’elle-même. Elle détient le record des grèves avec par salarié environ 18 fois plus de jours de grève que dans l’industrie privée et 6 fois plus que dans la moyenne de la fonction publique.

Simultanément elle tient le ruban rouge de la sous-productivité avec un nombre de voyageurs transportés par agent (ou de kilomètre-voyageur par agent) le plus faible de tous les réseaux occidentaux.

Il s’y associe un déficit considérable puisque moins de la moitié des dépenses sont couvertes par les recettes commerciales (billets, fret), les 10 milliards restants étant couverts par les budgets publics sous des prétextes divers. Et la société devient célèbre par ses retards.

Y a-t-il un lien entre grèves et productivité ? Cette dernière provient essentiellement non du personnel roulant mais du personnel administratif ; 10.000 personnes au siège contre 2.500 à la Deutsche Bahn Allemande.

Ecrasés sous la bureaucratie, les personnels productifs sont devenus des numéros dont les revendications souvent légitimes sont ignorées ou traités par une machine.

Louis Gallois, promotion ENA 1972 a pris la direction de la SNCF en 1996. Il a été rejoint en 1997 par Guillaume Pepy, ENA 1984, membre du Conseil d’État et ancien directeur de cabinet de Martine Aubry, ministre du travail. Que vient faire le Conseil d’Etat dans la traction ferroviaire ? L’un et l’autre sont habiles à naviguer dans la caste dirigeante car ils ont su demeurer au pouvoir malgré les résultats catastrophiques rappelés ci-dessus.

Augmentant le personnel employé sous le régime socialiste, le réduisant du bout des doigts depuis 2002, le personnel total employé a peu varié sous leur règne.

Quand la SNCF aura-t-elle de vrais patrons qui rendent au personnel de notre société nationale le fierté d’une grande tradition et, avec elle, le goût de la performance ? Et la préparer à l’ouverture à la concurrence qui, compte tenu de l’immobilisme de Gallois et de Pepy, va être terrible ?

Décorations :

-  Louis Gallois : Chevalier de la Légion d’honneur et officier de l’ordre national du Mérite

-  Guillaume Pepy : Chevalier de la Légion d’honneur


22 - Alain Minc : ENA, major de la promotion Léon Blum (1973-1975). Inspecteur des finances.

Après un passage controversé à la direction financière de Saint-Gobain, il devient administrateur-directeur général de Cerus en 1986 et y restera jusqu’en 1991.

Si pendant près de 2 ans tout lui réussit, tout va basculer en 1988 : l’échec du raid sur la Société générale de Belgique lui sera fatal.

Ses actionnaires en seront pour leur frais : une addition de plus de 4 milliards de francs au total qu’il laissera à Carlo de Benedetti.

Cela ne l’empêchera pas d’être Président de la Société des lecteurs du Monde de 1985 à 2003 et de devenir en 1994 Président du Conseil de surveillance de la SA Le Monde.

Il crée également sa propre société composée de 3 personnes (AM Conseil) en 1991.

Comme le rappelle Le Canard enchaîné « cet ancien inspecteur des finances (...) vit de ses conseils et de ses " jetons " d’administrateur. Outre Valeo (45 000 euros par an), il occupe un fauteuil dans le groupe PPR, que dirige François Pinault (37 600 euros par an), et dans deux de ses filiales, Yves Saint Laurent et la Fnac. Minc siège aussi au conseil d’administration de Vinci, numéro un mondial du béton (18 000 euros par an), et chez l’américain Westinghouse, champion, entre autres, de la construction de centrales nucléaires ».

Cerus : l’addition sera de plus de 4 milliards de francs (600 millions d’euros)

Décoration : Officier de la Légion d’honneur


23 - Yves Roland-Billecart : ENA, promotion Jean Giraudoux (1950-1952). Inspecteur des finances.

Il fut directeur de la Caisse Française de développement (CFD) devenue l’Agence Française de développement (AFD) depuis 1998, avant de devenir PDG de la compagnie Air-Afrique de 1989 à 1997 et sa gestion fut désastreuse. Il a fait appel à la CFD pour redresser la situation de la compagnie.

La CFD a pour rôle de distribuer une partie importante de l’aide publique française au développement. C’est un élément central de la politique de coopération de la France vis à vis de l’Afrique et des Dom-Tom.

Le statut de la CFD en fait une institution financière spécialisée et elle fonctionne comme une banque de développement. La crise de la dette dans le tiers-monde l’a placée en situation de faillite virtuelle.

En 1989 déjà la CFD connaît des difficultés financières importantes, elle octroie pourtant un prêt de 20 millions de francs (3 millions d’euros) à chacun des 10 pays actionnaires pour mettre en place un plan de redressement de la compagnie Air-Afrique.

Ce prêt semblant insuffisant, en1992, la CFD accorde un nouveau prêt à la restructuration de la compagnie aérienne qui souscrit cette fois directement à hauteur de 50 millions de francs (7,6 millions d’euros).

En 1993, elle finance l’acquisition des pièces de rechanges pour les avions de la société ainsi que la réfection d’un hangar.

En 1994, elle prête de nouveau pour la rénovation des installations de la compagnie à Cotonou.

La dette d’Air-Afrique s’élève en 1997 à 183 milliards de francs CFA (environ 279 millions d’euros).

Or c’est Yves Roland-Billecart (ancien directeur de la CFD) qui a dirigé Air-Afrique sur toute la période jusqu’à ce que le conseil d’administration d’Air-Afrique constate le 12 septembre 1996 la situation de faillite virtuelle de la compagnie aérienne.

Cette compagnie, née le 28 mars 1961, fut finalement déclarée en faillite le 7 février 2002.

Air Afrique : dette de 183 milliards de francs CFA (environ 279 millions d’euros) Décorations : Officier de la Légion d’honneur, Commandeur de l’ordre national du Mérite.


24 - François Roussely : ENA, promotion Pierre Mendès-France (1976-1978). Il devient auditeur en 1978 puis conseiller référendaire à la Cour des comptes en 1982.

François Roussely, ancien directeur de cabinet de Pierre Joxe et ancien directeur de la police, fut à la tête d’EDF pendant 6 ans : de 1998 à 2004.

Sa mauvaise gestion provient du fait qu’il s’est lancé dans de nombreux investissements hasardeux à l’étranger. Un électricien concurrent n’hésitera d’ailleurs pas à dire : « Il était boulimique et n’hésitait pas à surpayer. Sur bien des dossiers nous avions calculé un prix garantissant un retour sur investissement. Il n’a jamais hésité à aller bien au-delà ».

Son but était le développement international d’EDF en Grande-Bretagne, en Allemagne, en Italie et en Amérique latine.

En Italie, la participation minoritaire dans Montedison a coûté plus de 7 milliards d’euros en six ans.En Allemagne, EnBW affiche une perte de 1,1 milliard d’euros. Quant à l’entreprise Brésil Light, elle est dans une situation plus que délicate avec une perte de près de 1 milliard d’euros.

Tous ces investissements catastrophiques ont été réalisés par des emprunts sous la tutelle du ministère des Finances qui couvrait ces opérations en contentant avec l’argent du contribuable français l’appétit de M. Roussely.

Indépendamment de ces mauvais investissements, l’endettement net d’EDF est passé en seulement 2 ans, sous la gestion de François Roussely, de 17,6 milliards en 2000 à 25,8 milliards d’euros en 2002.

Comme le rappelle un article de "Challenges" (n°231 septembre 2004), "depuis 8 ans, le ratio de l’excédent brut d’exploitation (ou Ebitda) sur le chiffres d’affaires a régulièrement diminué à EDF, traduisant une baisse régulière de rentabilité. Comparé à ses concurrents européens et malgré sa taille, le groupe français est en queue de peloton en termes de performances financières".

EDF : 25,8 milliards d’euros d’endettement Décorations : Officier de la Légion d’honneur, de l’ordre national du Mérite et des Arts et des Lettres.


Entreprises privées

27 - Pierre Blayau : ENA, promotion Pierre Mendès France (1976-1978). Inspecteur des finances.

Ce proche des milieux socialistes, après être entré à Saint-Gobain en 1982, devient patron du groupe Printemps-Pinault-Redoute. Il quitte la Redoute en 1994 suite à des divergences avec François Pinault. Pierre Blayau devient PDG du groupe Moulinex en 1996 et en partira en 2000, au moment de la fusion avec Brandt.

L’une des techniques intéressantes rappelée d’ailleurs par Le Monde à propos de M. Blayau est la pratique des sociétés écrans pour rémunérer les dirigeants. Ainsi « le Comité directeur de Moulinex se versait de plantureuses indemnités via la société Cocexaid » .

Après le dépôt de bilan de Moulinex en 2001 qui met au chômage quelques 5 200 personnes, Pierre Blayau empoche 2 millions d’euros pour services rendus à Moulinex. Il est ensuite nommé PDG du Geodis, filiale transport et logistique de la SNCF. Il occupe toujours ce poste aujourd’hui.

Le 22 octobre 2001, le tribunal de commerce de Nanterre cède pour quelques centaines de milliers d’euros Moulinex à son concurrent Seb.

Une information judiciaire fut ouverte le 27 novembre 2003. Pierre Blayau a été mis en examen en juillet 2004 pour « banqueroute par emploi de moyens ruineux et banqueroute par détournements d’actifs » dans le cadre de la faillite du groupe.

Moulinex sera racheté par Seb Décorations : Chevalier de la Légion d’honneur, Officier de l’ordre national du Mérite.


28 - Jean-Marie Messier

et 29 - Guillaume Hannezo : ENA, promotion Henri-François d’Aguesseau (1980-1982), il devient inspecteur des finances en 1982. ENA, promotion Léonard de Vinci (1983-1985), il devient inspecteur des finances en 1985.

Ce couple infernal, composé de deux éminents anciens du corps le plus prestigieux de Bercy, a fait perdre 72 milliards d’euros aux actionnaires du groupe Vivendi Universal dont ils étaient à la tête.

Ces anciens hauts fonctionnaires ont mené Vivendi Universal au bord de la faillite.

Michel Prada, également inspecteur des finances, issu de la promotion de 1966, alors président de la COB (Commission des Opérations de Bourse) n’a rien vu ni rien entendu. La COB n’ouvrira une enquête officielle que le lendemain du limogeage de Jean-Marie Messier.

Pris dans le tourbillon de la bulle internet, Vivendi Universal investit près de 2 milliards d’euros en pure perte dans ces activités en 2000 et 2001 : l’investissement dans Vizzavi pour près de 500 millions d’euros, l’investissement dans Scoot, les activités de capital-risque, l’investissement dans iFrance, l’acquisition de MP3.com, le développement de filiales propres (musique, régies). Le 10 mars 2000, le cours de l’action Vivendi atteint 150 euros à la Bourse de Paris. En juin 2002, il ne vaut plus que 20 euros.

Pourtant, Vivendi et ses deux dirigeants Jean-Marie Messier et Guillaume Hannezo, respectivement PDG et Directeur Financier de l’entreprise, ont, pendant un an et demi, tout mis en œuvre pour éviter de faire connaître les problèmes de trésorerie de la société et ses difficultés à réaliser ses objectifs d’Ebitda (ratios financiers imposés par les autorités financières américaines), et priver ainsi les actionnaires d’une information précise.

Selon l’autorité des marchés financiers (AMF), « durant la période d’octobre 2000 à avril 2002, où les difficultés financières du groupe augmentaient au rythme de ses acquisitions et se traduisaient par une incapacité croissante à générer la trésorerie indispensable à sa compétitivité, M. Jean-Marie Messier, président directeur général de VU, a délibérément diffusé au nom de cette société, à propos des dettes, des cash-flow et des perspectives d’avenir du groupe, des informations inexactes et abusivement optimistes ; il a trompé le public, surpris la confiance du marché et porté préjudice aux actionnaires ».

Edgar Bronfman, ancien associé de Vivendi, dira par la suite : « c’est une mauvaise gestion des comptes, une démonstration massive d’incompétence ».

Jean-Marie Messier démissionne en juillet 2002 et les indemnités prévues pour son départ se montaient à 20 millions d’euros. Après de longues négociations, Messier a fini par y renoncer.

Il fut condamné par la SEC (Security and Exchange Commission, équivalent américain de la Commission des opérations de Bourse (COB) française) à payer une amende de 1 million de dollars et s’est vu interdire d’occuper tout siège d’administrateur pour une durée de 10 ans aux Etats-Unis, interdiction faite également à Guillaume Hannezo pour une durée de 5 ans .

Vivendi Universal : 72 milliards d’euros de pertes


30 - Guy de Panafieu : ENA, promotion Turgot (1966-1968). Inspecteur des finances.

En l’espace de 5 ans, de 1997 à 2001, cet ancien inspecteur des finances va vendre plus de la moitié de l’entreprise Bull, alors fleuron de l’industrie informatique française. Devenu président-directeur général de Bull en 1997, Guy de Panafieu va démanteler l’entreprise, faute de recapitalisation.

A partir de décembre 1999, il commence par vendre la participation de la société dans Ingenico, puis les imprimantes et les automates bancaires. Du cash rentre dans les caisses de Bull. Mais cet afflux de capitaux n’est pas suffisant.

En 1999, Bull prend une provision de 272 millions d’euros pour supprimer sa part dans le capital du fabricant américain Zénith-Packart Bell. Cette opération ne suffit toujours pas à combler les déficits existants. Alors Guy de Panafieu va vendre successivement les différentes filiales de Bull : vente de l’usine Bull Electronics d’Angers en 2000, cessation de la filiale CP8, de la filiale irlandaise Cara, de la filiale indienne PSI Data Systems en 2001.

Fin 2001, Pierre Bonelli succède à Guy de Panafieu devenu quant à lui président de la commission internationale du Medef en 1998.

Bull : Perte annuelle en 2001 de 253 millions d’euros (chiffres du JDN Solution), les effectifs de l’entreprise passent de 21 267 en 1997 à 6 000 en 2001 (selon les estimations de "l’Expansion")

Décorations : Chevalier de la Légion d’Honneur et de l’Ordre National du Mérite.


31 - André Tarallo : ENA, promotion Vauban (1957-1959), André Tarallo est un camarade de promotion de Jacques Chirac.

Nommé en 1970 à la tête de la filiale Elf-Congo, l’ancien fonctionnaire du budget sera vite appelé à la présidence d’Elf-Gabon sur l’insistance personnelle du président gabonais, Omar Bongo. Il est ensuite désigné Directeur de l’exploration-production puis des hydrocarbures d’Elf Aquitaine de 1989 à 1993 - titre qui faisait de lui le véritable numéro deux du groupe - sous la présidence de Loïk Le Floch-Prigent.

Soupçonné de recel d’abus de biens sociaux à hauteur de 300 millions de francs (45,73 million d’euros), l’ancien "M. Afrique" d’Elf a mis en place la pratique des " abonnements " pour le compte du groupe pétrolier, permettant de prélever 3 francs sur chaque baril de brut acheté par Elf. Soit chaque année quelque 420 millions de francs versés à des sociétés offshore et atterrissant presque toujours au Liechtenstein.

On peut évaluer le coût pour les usagers du prélèvement opéré par Elf-Trading à environ 2 centimes à la pompe. En tant que " financier occulte ", celui que ses subordonnés surnommaient le " parrain ", assurait la redistribution des fonds délictueux aux chefs d’État, ministres et familles régnantes des pays producteurs.

André Tarallo a également révélé, lors de l’interrogatoire auquel l’ont soumis les juges Eva Joly et Renaud Van Ruymbeke que l’Élysée, sous la présidence de François Mitterrand, aurait avalisé le versement de commissions, en marge du rachat de la raffinerie allemande de Leuna, qui auraient alimenté les caisses de la CDU.

Par ailleurs, dans un rapport de synthèse remis aux juges d’instruction le 27 mai 1997, les enquêteurs de la brigade financière de Paris chiffraient à 32 millions d’euros « la somme des dépenses de M. Tarallo, recensées pour la période comprise entre 1991 et 1997, pour les acquisitions ou la construction de biens immobiliers, les travaux d’aménagement, de décoration et les achats de mobiliers divers... ».

Au total, indique la synthèse policière, « les dépenses identifiées réalisées par M. Tarallo pour l’acquisition, la construction et l’aménagement des jardins de sa villa Cala Longa en Corse peuvent être chiffrées à 89 437 366 francs (environ 13,5 millions d’euros) » Les pièces fournies aux juges par M. Tarallo établissent par ailleurs que celui-ci, depuis son départ du groupe Elf, en octobre 1991, a perçu des honoraires de plusieurs chefs d’Etat africains, au titre de conseiller, pour un montant global avoisinant les 20 millions d’euros.

André Tarallo a été condamné le 12 novembre 2003 à 4 ans de prison ferme et 2 millions d’euros d’amende. A la différence de l’ancien PDG d’Elf Loïk Le Floch-Prigent (1989-1993) et son bras droit Alfred Sirven, il n’a pas effectué un seul jour de détention provisoire. Il est aujourd’hui sorti de prison pour raisons médicales.


Hauts fonctionnaires des finances

32 - Jean-Pierre Lieb : Elève à l’ENA, promotion Liberté-Egalité-Fraternité (1987-1989). Inspecteur des finances.

Il est des personnages qui apparaissent rarement au grand jour mais dont l’influence sur l’avenir ou en l’occurrence sur le déclin d’une société est essentielle

Jean-Pierre Lieb est de ceux-là.

Chargé au ministère des Finances dans le saint des saints qu’est la Direction de la Législation Fiscale (DLF), de la fiscalité des entreprises, c’est lui qui a défendu contre vents et marées l’ISF (Impôt de solidarité sur la Fortune) contre toute atteinte à cet impôt justicier.

Est-ce une tradition léguée par un père lui-même inspecteur des impôts, est-ce l’esprit de corps du saint des saints, la DLF dont on a pu dire que ce sont les hussards de la République, qui se sentent investis de la défense des valeurs d’égalité de la République, on voit donc très peu J. P. Lieb dans les manifestations ou les discours.

Pourtant il est là et veille à ce que cet impôt, qui fait fuir les riches et donc les personnes capables d’investir et de relancer la compétitivité, ne soit pas attaqué.

Il vient d’être nommé à la sous-direction chargée du contentieux

Le personnel qui travaille à la DLF est, dans une certaine mesure, remarquable, sinon admirable. Certains d’entre eux sont sortis par les concours dans les rangs les plus élevés et les corps de fonctionnaires les plus prestigieux et on pourrait s’attendre à les voir, comme leurs condisciples, briguer les revenus les plus élevés, les honneurs les plus grands ou la publicité médiatique qui accompagne les personnages influents de notre République.

Pourtant, tout est fait comme pour les faire disparaître du devant de la scène. On n’en trouve pas trace dans les annuaires des célébrités citées dans le Who’s Who dans lesquels tous leurs camarades se voient élever des statues dès leur plus jeune âge ; il est presque impossible de trouver des articles écrits par eux, ou des colloques auxquels ils ont participé et qui permettraient de connaître leurs pensées profondes.

Comme semble même en témoigner leur tenue vestimentaire, ils sont entrés en DLF comme on entre en religion, leur seul triomphe public étant celui où devant les assemblées parlementaires, ils viennent seconder le ministre sur les questions fiscales

Car leur raison d’être, c’est de représenter les valeurs profondes de ce qu’ils pensent devoir être celles de la République. La fiscalité est l’outil le plus puissant pour façonner une société, l’orienter, la créer ou la détruire, et eux sont les hussards noirs, ou les moines de l’Inquisition dont personne ne connaît les noms mais qui façonnent ce modèle.

Sans être ami avec eux, il est difficile de connaître leur pensée intime ; mais on imagine que la rançon de leur existence secrète, ils la trouvent dans leurs moments de triomphe lorsqu’ils arrivent à faire voter par le Parlement des textes qui torpillent et détruisent les infâmes qui s’enrichissent, pensent-ils, au détriment de la collectivité ; et cette jouissance est exacerbée lorsque ces textes sont votés par des parlementaires de droite, qui devraient défendre ces infâmes, mais sont pris par surprise, désinformés ou mieux, violés par un gouvernement tout puissant dans le débat parlementaire.


33 - Bruno Parent : ENA, promotion Droits de l’Homme (1979-1981) Administrateur civil.

Directeur général adjoint de la DGI depuis 2000 puis directeur de la DGI (Direction Générale des Impôts) depuis 2003 (où il a succédé à Villeroy de Galhau) a donné dans Débats et Opinions du Figaro du 20 novembre 2004 la mesure de l’ignorance qui caractérise nos hauts fonctionnaires à l’égard des réalités de leurs propres services.

Ce qui est grave lorsque l’on est à la tête d’une direction qui tant par l’inefficacité dénoncée par le rapport Lépine de l’Inspection des Finances (il y a autant d’agents pour contrôler et collecter l’impôt, hors impôts des collectivités locales qu’aux USA, pays 5 fois plus peuplé) que par les dévastations qu’elle crée dans l’économie française.

Tous les poncifs y passent : les "petits" ne seraient pas les plus visés, le choix des contribuables soumis à contrôle serait dicté par les directeurs parce que des incohérences ou des discordances auraient attiré l’attention du service les redressements sont acceptés à 90 % sans conflit, la charge de la preuve incombe à la DGI, etc...

Il est rare de voir autant de contre-vérités hypocrites rassemblées en un seul document lorsqu’on sait que :

-  Il suffit à un inspecteur de rejeter une comptabilité pour que la charge de la preuve incombe au contribuable et l’inspecteur est souverain pour effectuer ce rejet, aucun juge ne vient la valider.

-  Tous les inspecteurs passés dans le secteur privé le disent : le premier objectif d’un contrôleur, c’est de faire du chiffre et l’on choisit de pigeon parce qu’on peut le plumer plus facilement.

-  Plus de la moitié des redressements ne rentreront jamais dans les caisses du Trésor, le premier poste étant constitué par les dégrèvements : Thierry Bert directeur de l’Inspection des Finances a pu ainsi témoigner ("... vous avez des gens qui affichent des statistiques extraordinaires de contrôle fiscal mais sans aucun recouvrement derrière... »).

En fait si Bruno Parent veut laisser la marque d’un grand patron et non d’un énarque aux ordres du très puissant syndicat SNUI, il devrait proposer qu’à l’exemple de la Suède, du Canada, de la Grande Bretagne, des USA, le privilège exorbitant qu’a la DGI de faire exécuter ses créances puisse être soumis à la décision préalable d’un juge.

Des quelques 50 000 entreprises soumises chaque année à des contrôles sur place, cela permettrait de sauver les quelques milliers actuellement victimes de cette mécanique inhumaine et destructrice de nos emplois.


34 - François Villeroy de Galhau : X, ENA (1982-1984, Promotion Louise Michel). Inspecteur des Finances né le 24 février 1959.

Direction du Trésor, conseiller technique de Pierre Bérégovoy, puis retour à la Direction du Trésor, au service des Affaires internationale, puis auprès de l’Union Européenne. En 1997, il devient directeur de cabinet de Dominique Strauss-Kahn, puis de Christian Sautter. En 2000, il prend les rênes de la Direction Générale des Impôts, au moment de la fameuse réforme de Bercy qui restera comme un échec ayant entraîné la chute de Christian Sautter.

Il participe au groupe de réflexion "En temps réel", association fondée par les anciens de la Fondation Saint-Simon, où il publiera plus tard sa vision de la réforme de Bercy sous le titre « Bercy : la réforme sans le grand soir ? ». Une vision plutôt positive où il est persuadé que malgré le départ de Christian Sautter, la réforme a réussi à se poursuivre en douceur et ce jusqu’à Francis Mer qui en aura repris les grandes lignes.

Des réformes pourtant bien timides par rapport aux nombreuses critiques rencontrées par la DGI. Il met certes en place le contrat d’objectifs ou certains rapprochements entre les impôts et la comptabilité publique mais passe sous silence les travers de l’administration fiscale comme l’absence de statistiques réelles du contrôle fiscal (redressements réels après dégrèvements, procédures contentieuses abandonnées par la DGI).

Une opacité qui conduit à repousser toute tentative de réformes réelles cette fois comme la mise en place d’une responsabilité pour faute de l’administration et d’un droit général d’indemnisation des contribuables.

Il est également interrogé dans le cadre de la mission commune d’information chargée d’étudier l’ensemble des questions liées à l’expatriation des compétences, des capitaux et des entreprises organisée par le Sénat où il minimise les effets de l’ISF et de l’IR sur les expatriations.

Présenté en 2000 dans un article du Nouvel Observateur sur le pantouflage comme « un haut fonctionnaire qui veut réhabiliter l’Etat, qui s’enflamme pour le service des citoyens » et qui, contrairement à certains de ces camarades de l’ENA, « n’a pas fait le choix du privé », il part tout de même en 2003 pour le Cetelem, répondant « à une proposition séduisante de Michel Pébereau et Baudoin Prot »


Présidents de la République et ministres

35 - Valéry Giscard d’Estaing

et 36 - Jacques Chirac :

A eux deux, Valéry Giscard d’Estaing ENA 1951, Inspection des Finances, et Jacques Chirac ENA 1959, Cour des comptes, ont couvert comme présidents de la République 17 des 31 années qui se sont écoulées depuis la mort de Georges Pompidou.

Avec Pompidou se sont terminées les 30 glorieuses avec un chômage inexistant à 2 %, des croissances de PIB à 5 %, et commence l’ère du chômage, de la bureaucratie galopante et l’apogée de l’ENA dont les premières promotions, formées après la guerre, arrivent enfin au faîte du pouvoir.

Giscard d’Estaing symbolise ce que le mandarinat français a pu produire de plus brillant, mais aussi de plus destructeur en absence d’une vision, d’une croyance à des vérités qui font l’homme d’état et le distinguent de celui qui ne vit que pour sa carrière.

Polytechnicien, entré à l’ENA par une « botte » que lui avait fait ouvrir son père, lui-même inspecteur des finances, par un décret (2) ; sa présidence a été marquée par un conflit avec un autre ego, Jacques Chirac, de multiples scandales (diamants, Bokassa, les avions renifleurs) mais surtout une incompréhension des réalités économiques et de l’entreprise et un laxisme de la gestion publique qui a fait passer les prélèvements obligatoires de 35 % du PIB à plus de 40 % ce qui a écœuré ses partisans et permis le succès de l’union de la gauche.

Autant Valéry Giscard d’Estaing était glacial d’approche (ses camarades de promotion se rappellent encore une réception à l’Elysée qui donnait raison à Jean-Edern Hallier pour son pamphlet « lettre ouverte au colin froid »), autant Jacques Chirac est chaleureux dans son abord mais applique à la lettre le dicton : les promesses n’engagent que ceux qui y croient ».

A côté des décisions désastreuses comme celle de la dissolution de 95, l’histoire se rappellera de Jacques Chirac comme l’homme préoccupé de sa seule survie au pouvoir, d’un tueur pour ses concurrents, mais d’un président ayant aussi une totale absence de vision (sauf peut-être dans le domaine militaire).

Cédant devant le premier mouvement ou la première grogne syndicale, son dernier mandat présidentiel s’est caractérisé par une série de réformes en trompe l’œil : sur les retraites, sur la santé, sur les créations d’entreprises qui n’ont en fait rien résolu et ont laissé la France continuer de s’enfoncer (en particulier, les régimes privilégiés des services publics Gaz de France, RATP, SNCF, EDF n’ont pas été touchés et ont été même renforcés ; ils mettent à la charge du régime général des dizaines de milliards d’euros de charges supplémentaires).

Le déficit du régime de santé ne fait que se creuser et se creusera tant que le gouvernement n’aura pas le courage d’aborder le vrai problème : l’excès de personnel dans les hôpitaux publics dû à leur désorganisation et aux syndicats, soit 15 % du budget santé national.

Enfin le régime s’est targué d’avoir fait croître le nombre de création d’entreprises. Mais ces créations supplémentaires ont eu lieu seulement pour les entreprises crées sans salariés dont l’impact sur l’emploi est négligeable ; le chômage continue donc de s’épanouir de plus belle.


37 - Martine Aubry : ENA, promotion Léon Blum (1973-1975). Administrateur civil au ministère du travail, détachée au Conseil d’Etat en 1980 puis nommée maître des requêtes en 1977. Fille de Jacques Delors

C’est à Martine Aubry que nous devons la loi instaurant les 35 heures.

"La Dame des 35 heures" comme la nomme le pamphlet talentueux écrit par Philippe Alexandre et Béatrix de l’Aulnoît (Robert Laffont 2002) est le modèle des désastres auxquels conduit l’ENA.

C’est non seulement elle qui a mis en place les 35 heures auxquelles elle avait pourtant dit ne pas croire (pour créer des emplois), mais c’est aussi elle qui, la première, fait créer par l’Etat des entreprises en inventant de nouveaux besoins par simple décret avec les emplois-jeunes sans comprendre qu’une création d’entreprise réussie est un miracle (3).

Elle a ainsi stérilisé des générations de jeunes attirés par des faux métiers sans avenir et sans lendemain (orienteur dans le métro, agent d’information, médiateur, etc.) dans les norias à subventions des missions locales, des programmes Trace, des emplois-jeunes, des entreprises d’insertion. Toutes créations exploitant la misère des jeunes au chômage pour conforter la bureaucratie qui vit de la distribution des aides.

Mais typique des désastres du dirigisme, c’est elle qui fait fermer des écoles d’infirmières au moment où elle prépare la RTT, ce qui se traduit 2 ans plus tard par l’asphyxie dans les hôpitaux et le recrutement à l’étranger des milliers d’infirmières manquantes.

Fermer aux jeunes Français l’accès à des métiers indispensables (infirmiers, médecins) et au même moment créé des emplois bidons et sans avenir d’orienteurs de métro : bravo Martine Aubry, pur produit du dirigisme et de l’énarchie.


39 - Laurent Fabius : ENA 1973, promotion François Rabelais. Maître des requêtes au Conseil d’État.

Laurent Fabius est l’un des énarques les plus représentatifs du système énarchique. Il est entré au PS non par conviction mais parce qu’il n’y avait pas de place à droite : les convictions ne comptent pas, seule compte son ascension personnelle. Dans ce "panthéon", il se place au même niveau que Giscard et Chirac.

Parmi les désastres auxquels il a présidé, retenons-en trois :

-  L’affaire du sang contaminé étant suffisamment connue, il n’est pas nécessaire d’y revenir.

-  Il a introduit dans l’ISF l’exemption pour les œuvres d’art et les collections, ce qui a bien servi ses parents antiquaires, mais a poussé les Français à investir dans les œuvres d’art plutôt que dans les entreprises.

-  Désastre peu connu du grand public : Laurent Fabius a lancé la LOLF (Loi Organique relative aux Lois de Finances) alors qu’il était président de l’Assemblée Nationale. Remarquablement intelligent, il avait bien compris que la principale déficience de l’État français est l’absence de contrôle de la dépense publique. Avec Didier Migaud, député de l’Isère, il a organisé en 1999 une série d’audition traitant de l’efficacité de la dépense publique.

La conclusion objective qui se dégage de ses propositions est la suivante : à l’exemple de la Grande-Bretagne, il faudrait doter le Parlement d’un organisme d’audit de la dépense publique.

Mais pour Fabius et Migaud, une telle mesure serait revenue à attaquer ce qui constitue l’une de leur principale base électorale : les fonctionnaires de l’Administration.

Un organisme de contrôle de la dépense publique n’aurait, en effet, pu que dévoiler les magouilles et les gâchis qui sont monnaie courante.

Ainsi Fabius a-t-il botté en touche en proposant de modifier la présentation du budget, ce qui est devenu la LOLF voté en juillet 2001.

La LOLF se propose d’organiser le budget autour d’objectifs et d’indices de performance ce qui est excellent à condition qu’ils soient la conséquence d’un audit préalable ayant décelé les dysfonctionnements et non pas simple " relooking" par les administrations elles-mêmes d’un système de dépense totalement inefficace.


41 - Jack Lang : Les Français manquent encore de réactivité à l’égard de leurs hommes ou femmes politiques. Dans quel État démocratique autre que la France faudrait-il attendre la 5ème page des citations de Google pour voir apparaître la première critique d’un homme qui a été et reste l’une des personnalités les plus discutables de la 5 ème République, le ministre qui a fait de la Culture le monstre qui est décrit dans La Culture : le désastre de l’argent public ?

Grâce auquel l’art est devenu l’art officiel et a disparu de la scène internationale comme l’a souligné Hilton Kramer, le grand critique d’art du New-York Times, en même temps que son budget était multiplié par 5 ? Qui a été le patron de Claude Mollard (voir promotion Titanic) ? Qui, professeur de droit public et avec une épouse sans profession s’est retrouvé un magnifique appartement place des Vosges que Sophie Coignard et Alexandre Wickham dans « L’Omerta Française » (Albin Michel) évaluaient en 1999 à plus de 5 millions de francs (762245 euros), sans compter une maison avec piscine dans le Lubéron

Qui retrouve-t-on comme l’un des sponsors du CNAC, le Conseil National de l’Art Culinaire ? Revenons à la fin de l’année 1989 lorsque Jack Lang était ministre de la Culture, de la Communication et des Grands Travaux. C’est alors que l’idée lui vient de créer le CNAC. On connaît le goût de Jack Lang pour le chocolat. Le CNAC, à peine créé, va organiser dans sa ville, il est maire de Blois depuis 1989, "les premières assises Chocolat noir".

De plus dans les statuts du CNAC, est prévue dès l’origine "la mise en place d’un Conservatoire National des Arts culinaires". Ce centre du goût, cher au cœur de jack Lang, est une opération de grande ampleur. Il doit comprendre, d’après le rapport d’activité du CNAC de 1991 :

-  le centre du rayonnement du programme de l’éducation du goût avec la formation sur place des animateurs et des instituteurs

-  un parcours d’initiation du grand public au goût avec mur d’odeurs, passage par un laboratoire d’analyse sensoriel et profil individualisé type "gusto-flash"

-  la première antenne universitaire du goût

-  le centre mondial du chocolat noir

Le CNAC va dépenser pour ce centre, en 1992, 400 000 francs (60 980 euros) et plus en frais de réception, plus de 30 000 francs en frais de déplacement sur cette seule année. Le CNAC va dépenser pour ce centre, en 1992, 61 000 €, et plus de 2 400 € en frais de réception, plus de 4 500 € en frais de déplacement sur cette seule année. Tout cela pour un projet qui ne verra jamais le jour !

Et il ne s’agit là que d’une petite partie des gaspillages auxquels aura donné lieu cette opération. Selon les calculs de la chambre régionale des comptes, plus de 960 000 € ont été dépensés en pure perte, le 1992 à 1994.

En effet, pour loger ce Centre, la société d’aménagement de Blois-SEMADEB - se charge en 1992 de racheter un immeuble classé. Coût : 548 816 € alors qu’on est en pleine crise immobilière et que l’immeuble en question, la Capitainerie, appartenait auparavant à la ville de Blois, qui l’avait vendu à l’époque à une société immobilière privée moitié moins cher. 275 000 € sont alors partis en fumée sur une simple transaction immobilière. A cela, il faut ajouter près de 305 000 € dépensés en simple frais d’études pour ce projet.

La viabilité du centre est déjà largement entamée avant même d’avoir vu réellement le jour. En 1994, le projet sera définitivement abandonné, le "Centre du goût" enterré.

Résultat de l’opération : des études menées à fonds perdus pour la CNAC et l’argent des contribuables parti en fumée pour satisfaire le projet d’un ministre.

Mais comme le notent Coignard et Wickham, « Lang s’occupe personnellement des journalistes qui font de l’investigation. Autrement dit qui s’intéressent à l’argent et plus spécialement au sien ».

Et Lang connaît son histoire : il sait que la meilleure façon de faire oublier ses affaires et d’être adulé par la foule, c’est, comme les empereurs romains, de lui donner du pain et des jeux, des subventions et des fêtes.

Mais même ceux qui l’adulent savent que, sorti des fêtes et de la dépense de l’argent public, tant comme ministre que comme maire de Blois, ce n’est pas lui qui leur assurera un travail et un avenir.


42 - Dominique Strauss-Kahn : Strauss-Kahn appartient de droit à la Promotion Titanic au tour extérieur.

C’est en effet lui qui a fait inscrire dans le programme du PS pour le programme électoral de 97 inopinée, provoquée par la dissolution de l’Assemblée par Chirac, les 35 heures alors que Martine Aubry avait auparavant déclaré que c’était un non-sens.

Quand on mesure les créations d’emploi de 1997 à 2002 y compris les créations artificielles des 35 heures, elles sont très en dessous de la moyenne européenne et si on enlève les emplois 35 heures qui ne peuvent être répétés, ces créations sont en dessous de l’accroissement de la population capable de travailler. Sous la gauche comme sous les régimes antérieurs ou l’actuel présidence Chirac, le chômage n’a cessé en fait de s’aggraver car ils s’avèrent tous incapables de créer des emplois.

Strauss-Kahn, appartient à ce groupe d’économistes qui formulent leurs diagnostics ou leurs études pour servir leur carrière politique. Dans sa dernière réincarnation formulée sous l’égide de la Fondation Jean-Jaurès, une fondation alimentée par l’argent public mais au service du Parti socialiste, il s’est fait l’apôtre d’une nouvelle lutte contre les inégalités (alors qu’il faudrait d‘abord créer et produire car il n’y a plus grand chose à distribuer).

Ministre des finances de 1997 à 1999 jusqu’à ce qu’il soit rattrapé par le scandale de la MNEF, il a officié dans une des périodes les plus fastes où la croissance économique internationale a été maximum mais pas plus que ses prédécesseurs ou ses successeurs il n’a été capable de voir les erreurs économiques dans lesquelles l’ont entraîné la bureaucratie du ministère, en particulier celle de croire que la prospérité économique américaine découlait des créations d’entreprises par le capital-risque.

Il n’a jamais vu que le capital-risque n’existe que si en amont les Business Angels créent des entreprises et personne ne lui a jamais dit que les sommes investies par les Business Angels sont d’un ordre de grandeur supérieur à celui du capital-risque ou de la Small Business Administration.

Il faut lui dire que les conseillers économiques des représentations françaises aux Etats-Unis n’en savaient rien eux-mêmes.

(1) : Nom donné par le Canard Enchaîné à une promotion fictive de l’ENA

(2) : Qui ouvrait l’entrée directe à l’ENA sans le concours - et ses risques - à deux élèves de l’X (un seul aurait été trop voyant...) restés dans le premier cinquième de leur promo (Valéry s’est en effet classé dans les 20 % d’élèves en tête de sa promotion)

(3) : Son exemple a été largement suivi par Jean-Louis Borloo


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