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"Ripostes" France5, 19 mars 2006

Villepin résistera-t-il au CPE ?... après la manifestation de samedi 18 mars 2006.

Extraits des interventions.
[ Site de France5 "Ripostes" ]
lundi 20 mars 2006.
 
Auteur(s) et leurs articles

L’intégrale de l’émission en vidéo

Serge Moati : "Que faut-il faire, maintenant ?"

Roselyne Bachelot : Si D. de Villepin retirait son texte, qui est finalement bien modeste et bien modique, vu les difficultés de la société française, et vu les difficultés de précarité chez les jeunes, ce serait durablement l’impossibilité totale de toute réforme dans notre pays. Et ce serait l’enterrement des démarches réformistes dont notre pays a besoin.

Jacques Marseille : De toute façon, quelle que soit la solution retenue, on a le sentiment que ça finira en eau de boudin. Et que ça fait une dizaine d’années que ce pays va en eau de boudin.

Entre les dissolutions ratées, les ministres des finances multiples, les textes mis et retirés, je pense que ce pays, quelle que soit la solution retenue, n’aura plus de crédibilité envers l’action politique et envers la réforme avant l’élection présidentielle de 2007.

Parce que qu’est ce que c’est le CPE ? Ce n’est pas une bonne ou une mauvaise mesure, c’est une mesure qui n’est absolument pas adaptée aux problèmes de ce pays.

Parce que la question qui se pose dans notre pays, c’est pourquoi, à taux de croissance comparable avec les autres (pays européens), nous créons beaucoup moins d’emplois que les autres ?

(il faut aussi corriger des chiffres qui sont habituellement donnés : c’est criminel de dire qu’il y a 23% de chômage chez les jeunes. La réalité c’est qu’il y n’a que 8.5% des jeunes qui cherchent un emploi et qui n’en trouvent pas. Parce que nous avons une caractéristique, c’est qu’il y a beaucoup de jeunes qui sont en études jusqu’à 25 ans.)

La question, c’est pourquoi y a t il inadaptation entre les qualifications de notre jeunesse et le marché de l’emploi ?

Et un nouveau contrat ne change rien, de toute façon cela fait 30 ans qu’on fait des contrats, sans effets positifs.

Bernard Maris : Si je mets à sa place, ou bien je retire le CPE et je suis grillé, carbonisé. Ou bien je ne le retire pas, et c’est peut-être pire ! C’est un choix entre la peste et le choléra ! ... Est-ce que je transforme une crise qui est au-delà d’une crise sociale, une crise morale, en une crise plus générale, ce qui est possible ?

Comment faire ? Je pense, franchement, que D. de Villepin doit partir.

François d’Orcival (Valeurs actuelles) : ... A l’issue de la (forte) manifestation de samedi, il y a eu une déclaration de l’intersyndicale, qui bien sûr a été préparée : "Nous donnons au Premier Ministre 48h pour qu’il retire son projet, sans virgule, ni astuce." Et c’est une provocation ! Devant une telle provocation, préparée, le Premier Ministre n’a pas le choix. Si l’on veut négocier avec quelqu’un, on ne lui dit pas à l’avance : "vous allez capituler".

S’il doit y avoir négociation, et il faudra bien qu’on en sorte, il ne faut pas mettre chaque interlocuteur dans la situation de perdre la face et de renoncer !

Et grâce à la gauche qui a réussi à transformer une opinion publique favorable à cette mesure pour l’emploi (sondage publié en janvier dans l’Humanité par exemple) en une opinion défavorable aujourd’hui, (Jack Lang, par un travail de pédagogie) par de l’intoxication, massive, qui a été réussie en effet sur le terrain de la précarité. Car en effet, nous sommes un pays qui n’a pas confiance en lui.

... Tout le monde se rend bien compte que pourrir, attention... Donc il faut bien que les gens se retrouvent pour négocier.

Jean François Kahn : ... Ce CPE, c’était une gaffe, qui tue, mais au-delà de ça, c’est ce qu’on appelle "la régression de trop". Il y a toujours dans l’histoire de France un moment, on ne sait pas quand, où la régression de trop provoque une révolte.

... Jacques Marseille le décrit bien dans son bouquin...("Du bon usage de la guerre civile")

... Car les jeunes se révoltent contre un société immorale, des injustices, du pognon, de la rentabilité, d’insécurité... Ils ont raison les jeunes, tout le monde devrait être content de cette révolte !

Jack Lang : ... Ce CPE a valeur de symbôle de deux choses, qui aujourd’hui provoquent une grave crise politique et sociale : premièrement, et ça dure depuis 4 ans, un système de gouvernement qui a dévalué la parole publique, qui en permanence ne respecte pas les engagements pris par ce gouvernement lui-même (GDF, qui sera privatisé finalement ; loi Fillon "il n’y aura plus de modification du Code du Travail sans concertation préalable", le CPE est fabriqué en coulisses, par deux ou trois technocrates, sans aucune concertation).

Deuxièmement, c’est un gouvernement qui mène une politique contre l’école, contre la recherche scientifique, contre l’avenir. Et si la jeunesse se révolte, c’est qu’elle n’accepte pas qu’on lui barre la route de la vie.

...

Roselyne Bachelot : Ce sont des propos caricaturaux. Il y a effectivement une grande précarité chez les jeunes, mais elle ne date pas de 4 ans. Quand on voit que le revenu des jeunes était il y a 30 ans de 20% supérieur à celui des seniors, et qu’actuellement le revenu des seniors est de 8% supérieur à celui des jeunes, il y a un vrai problème de paupérisation des jeunes.


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