Europe Agenda 2010
Vous êtes ici : Sommaire > Création d’entreprises, pôles de compétitivité...

Navigation


Recherche (Spip) sur le site
Recherche (Google)
sur le site sur le Web
Mots-clefs, articles associés

Autres groupes de mots-clés











Une politique industrielle française est-elle encore pertinente ? Quels éléments prendre en compte ?

Une "politique industrielle" pour la France ?

Mise à jour du 15 juin 2007.
[ ]
mardi 17 avril 2007.
 
Auteur(s) et leurs articles

La politique industrielle revient à la mode, et il est plus que temps d’explorer cette notion, et de rappeler quelques chiffres et éléments essentiels.

Nous avons pour notre part retenu 7 points très importants, très souvent occultés par les médias et les hommes politiques, trop rarement connaisseurs des réalités économiques et du monde du secteur concurrentiel, directement créateur des richesses françaises.

1. Reconnaître l’importance décisive des services, par "opposition" à l’industrie

Il faut vraiment prendre en compte le fait décisif que l’industrie ne représente que 20-25% du PIB, alors que les services représentent en France déjà 70% du PIB (dont bien sûr les services à l’industrie). Autre chiffre, cohérent : la France est le 5e exportateur mondial en général, et le 4e exportateur mondial de services (Christine Lagarde dixit).

Parmi les conséquences :
-  mettre l’accent sur le développement des services (à la personne, aux entreprises, à l’industrie)
-  faciliter les échanges de services en Europe (Bolkestein oui, la France en serait parmi les premiers bénéficiaires !), faciliter la densification du tissu de PME
-  encourager les services innovants, et pas seulement les services à fort caractère technologique (ce que faisait l’ex Anvar)
-  admettre que nous pourrions définir des secteurs clés en France (en GB : les services financiers, en Allemagne l’export de biens d’équipement), etc. Merci au lecteur de compléter, sur le Forum associé à cet article, en cliquant en bas sur "répondre".

N’oublions pas non plus que la rémunération de la propriété intellectuelle (marques, brevets, royalties) représente 60% du PIB des Etats Unis... Malheureusement nous souffrons cruellement en France d’un incroyable déficit en informations sur ces questions, en partie juridiques, mais aussi plus généralement tout ce qui concerne la valorisation du savoir-faire et d’innovations, dont nous sommes pourtant très riches (potentiellement) en France !

Bref, il ne s’agit pas de nier le rôle ou l’importance de l’industrie (ni par exemple des "services à l’industrie"), mais de bien tenir compte des enjeux de la société de la connaissance dans laquelle nous baignons déjà, pour appréhender les défis actuels d’une façon adaptée, pertinente et efficace.

2. Constater que les grandes entreprises ne sont pas celles qui créent le plus d’emploi

Pour de nombreuses raisons, dont la concurrence exacerbée en partie liée à la mondialisation, la pression exercée par les marchés vers des entreprises très "agiles", la spécialisation de la majorité des entreprises sur leur "coeur de métier" et l’externalisation (outsourcing) d’une partie de leurs activités (donc vers des sous-traitants, souvent des entreprises de service), les grandes entreprises ont tendance à détruire des emplois et à reporter une grande partie de la pression vers leurs sous-traitants.

Ce qui suppose un tissu de PME sous-traitantes, dont le moins qu’on puisse dire est qu’il n’est pas le point fort de notre économie, même si ce sont ces PME qui sont la source essentielle de la création d’emplois depuis plusieurs années ou dizaines d’années.

(JPEG)
Dernier livre de Jacques Marseille

N’oublions pas que les médias mettent l’accent sur les plans sociaux des grandes entreprises, qui touchent plusieurs centaines ou milliers d’emplois (seulement !), alors que 10 000 emplois sont créés et 10 000 emplois supprimés chaque jour... Voir le livre "Chômage, fatalité ou nécessité ?" de Pierre Cahuc et André Zylberberg (Flammarion 2004), ou l’extrait "Le chômage, rouage indispensable du processus de croissance", du livre "Les bons chiffres pour ne pas voter nul en 2007" de Jacques Marseille.

Il ne sert donc à rien de se lamenter sur les conséquences de la nécessaire évolution des grandes entreprises, ou sur l’absence d’une politique économique jacobine qui serait de toute façon inadaptée au monde actuel. Mais il devient urgent de faciliter le changement d’entreprise, la reconversion, la formation des salariés, et aller dans le sens de la flex-sécurité.

Il devient également important de se focaliser sur les mesures qui peuvent aider les PME à se créer, à se développer, ou tout simplement leur faciliter la vie : toutes les mesures qui limitent ou compliquent ou pénalisent actuellement leur survie quotidienne, au premier rang desquels le haut niveau des charges sociales, dont le poids est désormais reporté vers les métiers ayant des salaires et revenus plus élevés, c’est-à-dire ceux le plus porteurs pour la France de demain... car ceux créateurs de forte valeur ajoutée.

3. Encourager et développer les PME innovantes et en forte croissance

La France est très vulnérable en matière de PME, et en particulier de PME innovantes et en forte croissance.

Si nous disposons de grands groupes français qui ont su bénéficier de la mondialisation et du développement de l’Europe, et prendre leur place parmi les mondiaux de leur secteur, force est de constater que nous n’avons pas la richesse et la solidité du tissu de PME qui font la force de la plupart des pays développés et en particulier de nos voisins européens.

En particulier de l’Allemagne, qui reste le 1er exportateur mondial, devant la Chine, malgré le niveau élevé de l’euro [1]... et dont la faible croissance actuelle (liée à une consommation en panne) cache le redressement en profondeur de l’économie Allemande et l’intérêt des mesures prises, douloureuses à court terme mais efficaces à plus long terme. [2]

Une grande force de l’économie allemande (mais aussi de la plupart des pays européens, par exemple des pays scandinaves) réside dans des PME dynamiques et dont le rôle est reconnu par tous.

Au contraire de ce qu’il se passe en France, où les médias, les hommes politiques et les milieux syndicaux ne parlent que des grandes entreprises et de leurs salariés, et non des sociétés françaises en forte croissance, très dynamiques et fortement créatrices d’emplois.

Une mesure importante serait de s’inspirer de la "SBA" (small business act) américaine qui oblige les appels d’offre à faire appel à des PME, et qui assure ces PME d’avoir accès ainsi à des chiffres d’affaires conséquents.

Cette mesure ne devrait pas être spécifique aux PME innovantes, mais elle les concerne très directement, puisque le plus dur pour une PME innovante est d’obtenir les premiers contrats d’importance.

4. Développer le capital-risque et surtout "l’amorçage" en amont grâce à des investisseurs providentiels (Business Angels).

Nous ne disposons pas non plus de ce qui contribue à faire l’excellence des Etats-Unis ou de la Grande Bretagne : un capital risque ET des "Business Angels" en amont.

Faut-il rappeler que le capital-risque mobilise aux Etats-Unis 10 fois plus de capitaux qu’en Grande Bretagne, et 100 fois plus qu’en France ?

(JPEG)
Siège de Business Objects à Levallois-Perret, France

Voir par exemple ce qu’écrit sur les Business Angels Bernard Zimmern (iFrap Campagne 2007, "Création d’entreprise : 4 ans de perdus"), qui sait ce dont il parle puisqu’il a créé et réussi son entreprise innovante. Ou ce que publie "Croissance Plus", cette association française de créateurs d’entreprises à forte croissance.

Deux exemples de start-ups françaises : Business Objects (logiciels de business intelligence, aide à la décision) et Kelkoo (site comparateur de prix sur internet), ont fait appel à du capital risque et sont devenus des leaders de leur secteur. Kelkoo a été rachetée par Yahoo !

5. Raisonner "Europe" et non pas se replier frileusement (et bien vainement !) sur la France

(JPEG)
Ariane 4, à Kourou

La dimension européenne (ou internationale) doit être prise en compte pour une bonne partie des domaines et secteurs économiques.

Cette dimension européenne est importante par exemple à la fois :
-  pour lancer des projets stratégiques comme il y a 40 ans avec Airbus et Ariane-ESA, plus récemment pour Galiléo
-  pour leur réussite opérationnelle grâce à des sociétés européennes comme Airbus, EADS, Eurocopter, qui sont devenus des leaders mondiaux
-  pour créer les conditions favorables à la création d’un marché et de produits européens adaptés.

(JPEG)
Réseau GSM (base hexagonale)

Une illustration parmi d’autres : les efforts de RetD précompétitive coordonnés en Europe sur plusieurs années autour d’une norme technique comme le GSM [3]. Ces investissements, privés (plusieurs constructeurs européens) et publics (Union Européenne), ont permis l’émergence de tout un secteur industriel (la téléphonie mobile), la stabilisation d’un marché en Europe (les produits commercialisés étaient compatibles entre eux) et le succès d’entreprises européennes sur les marchés mondiaux, dont Nokia (devenu aussi leader mondial) est le meilleur exemple. Alors même que le pays d’origine (la Finlande) est encore plus petit que la France à l’échelle mondiale.

Les efforts sur les normes se sont aussi concrétisés dans le domaine du ferroviaire, avec le système européen de contrôle et de commande des trains ERTMS, constitué :
-  du système de communication entre le train et la centrale "GSM-R" (Global System for Mobiles communication - Railways, basé sur le principe de la téléphonie mobile).
-  du système européen de contrôle des trains "ETCS"

Le système ETCS a été mis au point depuis 1996 sur la base de la directive 96/48 de l’Union européenne relative à l’interopérabilité du système ferroviaire transeuropéen à grande vitesse, en s’appuyant sur le système de communication radio GSM-R. Les premiers essais de l’ETCS selon les spécification de l’Union internationale des chemins de fer ont été réalisés avec succès à partir de novembre 1999 sur la ligne internationale Vienne - Budapest. Ce système est installé sur la ligne Grande Vitesse Est Européenne, mise en service le 10 juin 2007, conjointement avec le système français TVM 430. Mais le déploiement de l’ETCS à l’échelle européenne demanderait de 15 à 20 ans [4]. Dans le domaine des normes, plus on attend, plus cela demande du temps, et plus cela coûte cher !

(JPEG)
TGV Duplex (Alstom)

Les succès en France du Minitel de France Télécom, et du TGV de SNCF et Alstom [5], (projets Top Down, décidés d’en haut) et en même temps la difficulté d’exporter ces innovations montre s’il en était besoin que la France peut difficilement lancer seule des projets et surtout développer (seule) largement leur succès à l’export, sans une coopération internationale.

Une coopération européenne, franco-allemande au moins, aurait probablement permis de plus grands succès :
-  l’ICE 3 a été acheté par l’Espagne (16 rames, renommées "Velaro" pour l’export), en complément de 16 autres rames Talgo 350 achetées à Talgo - Bombardier (Canada), préféré pour la ligne Madrid-Barcelone au TGV Alstom déjà présent sur la ligne Madrid-Séville.

(JPEG)
ICE 3 (Siemens)

-  l’effort européen aurait sûrement pu être impulsé auparavant, il a fallu attendre novembre 2000 (près de 20 ans après le lancement effectif du TGV Paris-Lyon et son large succès !) pour que "7 réseaux européens (France, Allemagne, Italie, Espagne, Pays-Bas, Belgique, Suisse) acceptent d’élaborer ensemble des spécifications communes (dont motorisation répartie, vitesse commerciale maximale de 350 km/h ?) pour des trains à 1 ou à 2 niveaux, pendulaires ou non.". Voir Le futur TGV transportera plus de passagers, plus vite.. "A terme la standardisation des normes devrait diminuer les surcoûts du matériel qui s’élève aujourd’hui à 40% pour les trafics internationaux" (Voir L’utopie d’une croisée de la grande vitesse franco-allemande [6].

-  il a aussi fallu 6 mois de discussions serrées pour adopter les couleurs et la forme de la flèche du panneau de signalisation indiquant qu’un train entre dans une nouvelle section de voies. L’Express du 15/06/2006, TGV Est, La ligne en pointillé

-  l’intervention récente de l’Etat Français dans le "sauvetage" d’Alstom, principalement pour contrer un rachat par Siemens, n’a pas empêché l’ICE d’être préféré en Russie (mai 2006) et en Chine (60 Velaro commandés pour la nouvelle ligne Pekin-Tianjin) Voir "Alstom Siemens, une bataille industrielle, financière et politique"... Encore une occasion loupée de coopération européenne, par "patriotisme économique", alors que les sociétés françaises ne se privent pas d’acheter des entreprises en Europe !

(JPEG)
Talgo 350 (Bombardier)

-  la société Talgo (Espagne) s’est aussi désormais mise sur les rangs pour produire des trains à grande vitesse (350 km/h). Notamment en rachetant la société finlandaise Rautaruukki-Transtech, constructeur de rames "S220", pour le train pendulaire finlandais mis au point à partir des ETR 460 des chemins de fer italiens. Alors qu’une coopération entre ces 3 pays aurait pu déboucher sur une entreprise commune, comme pour Airbus ? Entreprise qui aurait permis de produire à la fois les trains pendulaires (dont l’Italie s’est fait une spécialité, mais que l’Espagne produit également, avec Talgo) et des trains TGV - AGV ou ICE - Velaro(à terme un seul type de matériel, à partir du meilleur des deux approches).

(JPEG)
ETR 460 en Finlande

Alors qu’on obtient actuellement 3 fournisseurs européens de trains à grande vitesse, voire 4 : Siemens, Alstom et Talgo (qui s’est allié au Canadien Bombardier pour disposer des motrices du Talgo 350), et en Italie TREVI (TREni Veloci Italiani), constructeur de l’ETR 500, groupement intégrant la société italienne Fiat Ferroviaria, rachetée par Alstom en 2000. Fiat Ferroviaria a construit les matériels pendulaires (Pendolino ETR 460-470-480) en service en Finlande (dénommés "S220"), en Italie, au Portugal, en Slovénie, en Suisse, en Tchéquie et au Royaume-Uni.

(JPEG)
Carte à puce Bancaire

Les succès émergents (Bottom Up) de la carte à puce (française) ou de la société "Business Objects" montrent a contrario la nécessité de raisonner dès le début au niveau international, et de faciliter l’émergence de secteurs et entreprises leaders sur les nouveaux marchés, en créant des conditions favorables (capital-risque, Business Angels, importance du juridique et de la propriété intellectuelle, encouragement de l’industrialisation de la carte à puce par un acteur majeur -France Telecom en a commandé un million d’exemplaires pour ses cartes téléphoniques-, etc.).

Ce succès de la carte à puce est cependant à relativiser, puisque les banques américaines n’ont pas adopté ce moyen de paiement, ou très tardivement. Il est fort probable que la recherche active d’un accord avec un acteur majeur américain (privé) aurait pu accélérer la diffusion de cette innovation aux Etats-Unis, et renforcer le développement de "l’éco-système" économique autour de la carte à puce, et en permettre le succès outre atlantique.

6. Développer les pôles de compétitivité et d’excellence, comprendre la notion d’éco-système économique

La carte à puce est un excellent exemple pour illustrer cette notion "d’éco-système" et aussi celle de système complexe, avec effet de seuil, de masse critique à dépasser : pour que la carte à puce soit utilisée, il faut que des équipements l’utilisent en nombre suffisant, que des fournisseurs fabriquent les cartes (à un coût acceptable, ce qui suppose une quantité minimale) et les lecteurs correspondants, que des institutions (banques, compagnies de téléphone, etc.) aient fait les aménagements dans leurs logiciels informatiques pour que les cartes permettent le débit des sommes correspondantes, etc.

De même le développement économique suppose un éco-système : il est essentiel de tenir compte de l’environnement du produit ou service innovant, de l’environnement de ses utilisateurs potentiels, ainsi que de l’interdépendance des acteurs engagés en faveur de son succès.

C’est particulièrement vrai dans l’économie de l’innovation, et cela se constate facilement dans le développement local, par exemple dans la "Silicon Valley".

Ces considérations fondent la notion de "pôles de compétitivité" (voir par exemple "Pour un écosystème de la croissance" et "Les pôles de compétitivité : pour en savoir plus"), lieux rassemblant des acteurs de la recherche publique ou privée, des entreprises et des collectivités territoriales et permettant un décloisonnement et une fertilisation croisée très riches, favorables à l’innovation et au développement local.

Les "politiques industrielles" des décennies passées cherchaient à obtenir ces effets, avec plus ou moins de succès, mais il faut tenir compte du contexte actuel pour réussir aujourd’hui dans ce domaine : ce qui fonctionnait quelquefois pendant les 30 glorieuses, en France, ne fonctionne généralement pas dans une économie très ouverte, mondialisée, en changement rapide et accéléré.

Ce qui d’ailleurs ne veut pas dire qu’il soit facile de réussir ces pôles de compétitivité et d’excellence. La tentation jacobine, centralisatrice, administrative et étatique est très forte, qui a tendance à gêner une réelle prise en main par les régions, et à saupoudrer les efforts. Voir par exemple ce qu’en dit Christian Blanc, qui est pourtant l’initiateur de ces "pôles de compétitivité", en remettant son rapport "Les pôles de compétitivité, l’industrie de demain" à J.P. Raffarin, Premier Ministre, en avril 2004. Par exemple dans l’excellente émission de "Rue des entrepreneurs", France Inter, du 24/6/2006 : "À la recherche de passeports pour l’excellence".

7. Avoir une approche pragmatique, et ne pas gaspiller nos ressources !

Le rapport parlementaire récent "les outils de la politique industrielle" du député Bernard Carayon (commission des finances), mai 2005, donne des éléments d’information intéressants et relève à juste titre certaines incohérences françaises ou européennes, mais il est trop marqué par une vision technocratique et "grande entreprise" du milieu des affaires.

Une approche "libérale" dogmatique n’est effectivement pas pertinente, d’autant qu’elle n’est d’ailleurs pas appliquée par nos concurrents les plus "libéraux" (Etats Unis, Grande Bretagne). Les énormes financements de l’industrie et de la recherche américaine par le Département de la Défense en sont un des nombreux exemples. En Europe, le lancement de grands projets comme Airbus, Ariane, GSM, Galileo est par exemple pertinent.

Nos fantastiques atouts en France, nous ne faisons pas encore ce qu’il faut pour les exploiter vraiment. Et quelquefois nous faisons tout pour passer à côté de, voire même détruire, ce qui fonctionne. Voir par exemple les perturbations apportées (nomination par l’Etat de dirigeants, influences diverses) par la sphère publique au fonctionnement d’EADS-Airbus.

Mais ce n’est pas avec une "politique industrielle" du genre "plan Calcul", avec des incantations ou des mesures technocratiques, centralisées, d’un autre âge et trop marquées par les grandes entreprises que nous arriverons à relever les nombreux défis de ce siècle.

Par exemple pour relever les défis liés au vieillissement de la population (santé, retraites, économie en général), au réchauffement climatique (énergie, agriculture, santé, etc.), mais aussi ceux spécifiques à la France :
-  Etat obèse et donc impuissant, déficits publics et de la Sécurité Sociale chroniques depuis 30 ans, dette publique abyssale
-  culture étatiste et colbertiste, insuffisance d’esprit d’entreprise et de prise de risque, méconnaissance des phénomènes économiques et de la protection intellectuelle, quasi-absence d’une culture juridique
-  cloisonnements nombreux, y compris entre recherche et industrie, grandes difficultés à chercher des accords gagnant/gagnant, essentiels pour réussir et dépasser les innombrables et inévitables obstacles, etc.

[1] Au passage rappelons que pendant la période 1998-2000 l’euro était beaucoup moins fort par rapport au dollar, ce qui explique une bonne partie de la différence de croissance

[2] L’Allemagne paie aussi et encore le prix d’une réunification qui a probablement été faite trop vite, et les difficultés rencontrées en ex Allemagne de l’Est contrastent singulièrement avec le dynamisme constaté dans les autres pays de l’ancien bloc soviétique.

Pour des raisons politiques il est difficile d’imaginer un autre processus que la réunification, mais il est très probable qu’une Allemagne de l’Est qui aurait gardé une certaine autonomie économique (et notamment monétaire) aurait pu se développer beaucoup plus vite et rattraper ainsi le retard par rapport à l’Allemagne de l’Ouest.

Il ne s’agit pas ici de refaire l’histoire, mais de détecter les processus socio-économico-politiques dont il faut se méfier quand on veut, de façon "généreuse", volontariste et jacobine, accélérer le développement de certaines régions du pays ou du monde. Il est probable que les aides de l’Europe et de l’Allemagne de l’Ouest auraient été plus efficaces qu’avec cette réunification qui a empêché certains allemands de l’est de faire leur révolution culturelle.

[3] "C’est grâce aux décisions de l’Union européenne sur les normes techniques des « GSM » que les Européens sont aujourd’hui les leaders mondiaux de l’utilisation et de la fabrication des téléphones mobiles" Panorama de l’Union Européenne

[4] Selon des estimations de la Deutsche Bahn AG, société de chemins de fer allemande

[5] Le TGV est le 1er à avoir été exporté, en Corée et en Espagne, par opposition à ses concurrents allemands ICE (Siemens) et japonais (Shinkansen, Mitsubisho)

[6] "Si des avancées ponctuelles ont pu être atteintes sur une base de coopération pour le service fret, entre Metz et Mannheim par exemple, la question de l’exploitation des relations passagers est restée ouverte jusqu’en mai 2005, soit à moins de deux ans de la mise en place des services." L’utopie d’une croisée de la grande vitesse franco-allemande)


Répondre à cet article

Forum