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Extraits du dernier livre (2007) de Jacques Marseille.

Pourquoi les charges sociales élevées pénalisent l’économie française. "Les bons chiffres pour ne pas voter nul en 2007"

Chapitres 2 et 3 : Emploi et chômage. Salaires et revenus. Mise à jour du 15 avril 2007.
[ Forum Jacques MARSEILLE ]
dimanche 15 avril 2007.
 
Auteur(s) et leurs articles

page 40 :

Une France sans chômeurs, c’est possible

.

Le tableau de la page 40 éclaire de manière saisissante le problème de la France. Si la France avait la même structure de l’emploi que les Etas-Unis, à population comparable, elle compterait 5.3 millions d’emplois en plus, alors qu’elle compte un peu plus de 2 millions de demandeurs d’emploi.

... Le tableau montre qu’il n’y a pratiquement pas de différence entre les Etats Unis et la France en ce qui concerne les transports, les postes et télécommunications, les services aux entreprises, les services personnels et domestiques ou les activités associatives.

Le principal écart entre la France et les Etas-Unis est concentré sur 2 secteurs qui à eux seuls, pourraient créer plus d’emplois en France que le nombre actuel de chômeurs : le commerce et l’hôtellerie-restauration. Ainsi, l’emploi dans le commerce n’a pratiquement pas progressé en France depuis 1973 ; il a même baissé depuis 1982, alors que ce secteur a créé 8 millions d’emplois aux Etats-Unis au cours de la même période.

...

C’est en grande partie parce que le coût horaire d’un employé rémunéré au au SMIC est d’environ 60% plus élevé en France qu’aux Etats-Unis, moins du fait du salaire lui-même que des charges pesant sur les employeurs.

Surtout le niveau élevé d’emplois dans le commerce de détail américain ... provient du très fort développement de magasins spécialisés (électronique, bricolage, jouets, ameublement, sports), à l’utilisation intensive de main d’oeuvre en magasin et aux services à la clientèle très développés (information sur les produits, assistance aux rayons et aux caisses, service après-vente).

Ainsi la chaîne américaine de magasins spécialisés dans le jouet "Toys’R’US" emploie, pour un volume de ventes comparable, entre 30% et 40% moins de salariés dans ses établissements français que dans ses magasins américains.

C’est comme si la France préférait un taux de chômage élevé à une politique active de réduction du coût du travail peu qualifié pour les employeurs.

Laurent Simon : Malheureusement, ce qui est vrai au niveau du travail peu qualifié est aussi vrai au niveau du travail très qualifié, même si cela touche les start-ups et les entreprises innovantes ! Car les allègements de charges au niveau du travail peu qualifié a tendance à augmenter les taux au niveau du travail beaucoup plus qualifié, et donc à pénaliser très fortement l’emploi dans les secteurs à forte valeur ajoutée.

L’avenir de la France est donc fortement compromis si l’on continue à se voiler la face sur cet aspect essentiel, constitué par le niveau extrêmement élevé des charges sociales ("salariales" + "patronales")

page 62 :

"Le salaire minimum peut être l’ennemi de l’emploi"

Depuis 4 décennies, l’évolution du salaire minimum en France et aux Etats Unis est radicalement différente. En France, le pouvoir d’achat d’une heure payée au salaire minimum a été multipliée par 3 (de 2 euros à plus de 6 euros en 2002). Aux Etats Unis sa valeur a diminué !

Si l’on y ajoute les charges patronales, plus élevées en France qu’aux Etats-Unis, le coût moyen du travail au niveau du salaire minimum est de 60% plus élevé en France qu’aux Etats-Unis.

... A partir de cette évolution, des études menées sur des échantillons comptant plusieurs dizaines de milliers de personnes montrent qu’en France, les salariés "rattrapés" par la hausse du salaire minimum (ceux qui gagnaient un peu plus) ont subi un risque très fort de perdre leur emploi, alors qu’aux Etats-Unis le risque était quasiment nul.

En clair, une augmentation du SMIC en France contribue non seulement à accroître les destructions d’emplois mais aussi à diminuer les créations d’emplois.

... Ce qui ne veut pas dire, évidemment, qu’il faut baisser le SMIC en France, mais qu’il faut baisser le coût du travail pour l’employeur, sans toucher au salaire net perçu par l’employé. En 1993, quand l’employeur déboursait 100 euros, le travailleur percevait un salaire net avant impôt de 55 euros. Après les allègements de charges sociales mis en oeuvre par les gouvernements aussi différents que ceux de Edouard Balladur, d’Alain Juppé, de Lionel Jospin et de Jean-Pierre Raffarin, il perçoit aujourd’hui 69 euros.

Ces baisses de charges sociales patronales ont permis de créer ou de sauvegarder 460 000 emplois, soit nettement plus que les 35 heures.

La conclusion est simple : pour que le SMIC soit un instrument de redistribution des richesses au profit des plus défavorisés, il faut que son influence sur le coût du travail soit maîtrisé. Sinon il peut accroître les inégalités en empêchant les personnes les moins qualifiés d’obtenir un emploi.

Page 60 :

Une France smicardisée ?

Extrait du tableau p 60 :

Pays Salaire mini (€) 1999 2006 Personnes le recevant 1999 2006
France 1036 1218 12.8% 15.6%
Irlande 1293 3.1%
Pays Bas 1064 1273 2.2% 2.1%
Royaume Uni 866 1269 2.5% 1.4%

... La France se caractérise par un nombre de salariés pays au Smic qui est passé de 12.8% en 1999 à 15.6% en 2004, une proportion infiniment plus nombreuse que dans les autres pays européens.

Une "smicardisation" de la classe moyenne qui a fait naître un sentiment de déclassement et d’immobilisme social chez ces Français "intermédiaires".

... Les politiques d’allègement de charges sociales ont également contribué à tirer les rémunérations vers le bas. Concentrés sur les bas salaires, ces allègements ont un effet maximal pour un salarié gagnant le SMIC, puis diminuent pour devenir quasiment nuls à 1.6 fois le SMIC.

... Cette situation a contribué au tassement vers le bas de la structure des salaires pour les salariés qualifiés et à la forte progression du nombre de travailleurs rémunérés en dessous de 1.3 fois le SMIC.

L’enfer est toujours pavé de bonnes intentions.

Page 72 :

Le travail ne paie plus

Dans un rapport remis au Premier Ministre en novembre 2006, Jacques Delors président du Conseil de l’Emploi, des revenus et de la cohésion sociale (CERC), a soulevé des questions dont l’enjeu était largement connu, mais dont les réponses soulignent à quel point la France s’est smicardisée, depuis le début des années 1990.

Pour le mesurer, le CERC propose une nouvelle approche du pouvoir d’achat : celui du revenu disponible ajusté . Pour le mesurer il faut ajouter au revenu disponible des ménages, c’est-à-dire le revenu net majoré des prestations sociales et diminué des impôts sur le revenu, le montant des prestations sociales gratuites dont ils bénéficient sans vraiment en réaliser la portée : remboursement des frais de santé, scolarité gratuite, etc.

Par ailleurs, le tableau présente ici non pas le niveau de vie moyen des Français, mais celui des ménages, qui sont les personnes seules ou les ensembles de personnes partageant le même logement et mettant en commun tout ou partie de leur revenu. (Fin 2004, 26 millions de ménages, dont un peu plus d’un tiers composé d’une seule personne).

En 2004, les retraités, avec un revenu disponible moyen de 17 294 euros, ont un niveau de vie supérieur à celui des ménages actifs d’agriculteurs, d’employés, et d’ouvriers ! Sans compter qu’il faudrait prendre en compte le fait que le pourcentage de retraités propriétaires de leur logement est supérieur à la moyenne.

... Surtout, la leçon la plus manifeste de cette étude est que les ménages de chômeurs n’ayant jamais travaillé ont un niveau de vie moyen à peine inférieur aux ménages actifs d’agriculteurs exploitants, d’ouvriers et d’employés.

Comme le montre l’évolution en moyenne du niveau de vie moyen de 1996 à 2004, ce sont les classes moyennes et supérieures (cadres, professions intermédiaires et employés) qui ont enregistré, avec les retraités, les taux d’augmentation les plus faibles de leur revenu, alors que ce sont les ménages de chômeurs qui ont bénéficié des augmentations de revenu les plus fortes.

Page 54 :

A quoi bon travailler ?

... En moyenne, les ressources tirées des aides nationales s’élèvent à 12 400 euros par an. Les transferts locaux ajoutent à cette somme 3 400 euros. Pour les couples avec 2 et 3 enfants, les aides s’élèvent à 4 400 et 5 400 euros.

... Combien de temps faut-il donc travailler au SMIC horaire pour gagner autant ?
-  En moyenne : 16 heures (SMIC) / semaine pour un célibataire s’il bénéficie des aides nationales, 24h30 s’il bénéficie en plus des aides locales.
-  Pour un couple avec 2 enfants a sein duquel aucun des conjoints n’exerce une activité salariée, il faudrait 44h30 !

Autrement dit, un couple inactif avec 2 enfants qui parviendrait à cumuler les aides nationales et locales auxquelles il pourrait légalement prétendre perdrait de l’argent à voir un de ses membres occuper un emploi à temps plein payé au SMIC.

Ceci démontre de manière caricaturale à quel point travailler fait perdre de l’argent à tous les allocataires d’aides sociales.

(GIF)


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