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Larges extraits d’une succession d’articles, sur le site de Sylvain Reboul

Conséquences et commentaires, après le NON français au Traité Constitutionnel Européen.

[ Page Référendum du site de Sylvain Reboul ]
dimanche 15 avril 2007.
 
Auteur(s) et leurs articles

Les conséquences de la victoire du Non au référendum

1° Les résultats ne font que confirmer un pronostic évident : le non n’a pu gagner, comme nous l’indiquent tous les spécialistes, que par l’amalgame entre le non de droite et d’extrême droite souverainiste (25 à 30%) et celui dit de gauche (25 à 30 %)

...

2 ° En ce cas, la victoire du Non maintient en l’état la 3ème partie du traité que refusaient les partisans du Non de gauche, sans bénéficier des parties des droits de l’homme et des droits sociaux.

Victoire en trompe-l’oeil donc, qui ne peut profiter qu’au Non de droite plus conséquent ;

3° Reste que l’élargissement suppose une modification du traité de Nice. Pour ne pas condamner l’Europe à la paralysie et à la faiblesse, par rapport aux USA et à la Chine (qui a aussitôt après le scrutin français abandonné sa proposition de taxer ses exportations de produits textiles), laquelle Chine ne peut que favoriser à terme l’ultra-libéralisme (qu’il faut distinguer du libéralisme, ce que n’ont pas fait les partisans du Oui de gauche pour son malheur) et par contre coup le Non de la droite la plus libérale en économie et réellement anti-libérale en politique.

Pour se sortir de cette impasse dans laquelle nous place la victoire du Non, la solution la plus probable est que les gouvernements ne pourront pas faire autrement :
-  que de modifier entre eux leurs règles de fonctionnement dans le sens de la partie 1 du traité
-  avec, ou peut-être même sans, le pouvoir de co-décision du parlement européen
-  et sans la partie 2 et la section 2 de la partie 3 dont l’Angleterre et peut-être une nouvelle majorité en Allemagne ne voudront pas.

Il n’y aura alors plus de référendum sur cette question.

La solution la plus improbable : un nouveau vote des français après un changement de majorité en France sur quasiment le même texte (on a 2ans ), après leur avoir fait constater l’échec patent des résultats du 1er référendum.

La victoire du Non revient donc pour les partisans du Non de gauche à avoir soulevé une pierre très lourde (belle performance !) pour se la laisser retomber sur les pieds, au prix de ne plus pouvoir marcher.


Réponse à un partisan du Non de gauche qui croit qu’il a remporté une grande victoire !

Il ne suffit pas de vouloir l’Europe très sociale dont vous rêvez (mais qui reste à définir) pour l’obtenir comme par magie, dès lors que nos partenaires ne pensent et ne veulent pas nécessairement la même chose que vous. Ce projet de constitution est et reste le meilleur compromis possible entre des positions opposées qui sont celles les différents pays et populations.

Par exemple, la libre concurrence est acceptée partout hors de France comme une condition fondamentale de la démocratie. Le TCE équilibre l’économie de marché qui est aussi affirmée dans la constitution française par le renforcement des droits individuels et sociaux qui n’étaient pas reconnus dans les traités antérieurs, ni même dans la constitution française ; de plus il accorde plus de pouvoir réel aux citoyens sur fond de vote proportionnel au Parlement Européen que la Constitution de la Vème République dans laquelle nous vivons tous depuis plus de 40 ans.

Or la victoire du Non pérennise des traités infiniment moins sociaux que le TCE et qui exigent dans plus de domaines que le TCE l’unanimité. C’est un fait et non une opinion (faites une comparaison, cela saute aux yeux) . Les partisans du Non de gauche, au nom du rêve illusoire d’une constitution enfin socialiste (sans qu’ils en précisent davantage le contenu), ont fait gagner les plus ultra-libéraux en Europe qui, en Angleterre et ailleurs, s’en félicitent ouvertement.

Vous aimeriez que tous se plient comme un seul homme à cette volonté française franchement franchouillarde qui s’est exprimé dans le Non, sans rien savoir des autres populations, de leurs opinions et de leur expérience historique.

En cela vous êtes plus souverainiste encore que les partisans du Non de droite : vous aimeriez que la souveraineté française s’étende à toute l’Europe comme au beau temps de la conquête napoléonienne. Sauf que vous n’avez pas d’armée pour le faire et que votre volonté est impuissante à convertir les autres à vos vues.

Je parle du TCE au présent, car selon mon analyse, il n’est pas mort le 29 mai : déjà 10 pays l’ont approuvé, dont l’Allemagne qui est notre partenaire privilégié et doit le rester, et je ne doute pas que, dans l’Europe à 27, il revienne sur le tapis sous une forme ou une autre (certainement plus sous la forme d’une ratification par référendum).

Sinon ce serait la paralysie, la déconstruction programmée de la construction européenne et le triomphe de l’ultra-libéralisme, c’est à dire de la dictature du capital financier monopolistique dont toute la stratégie vise à mettre en échec la concurrence libre et non faussée (voir le cas Microsoft).

Vous ne vouliez pas d’une constitution qui soit un compromis entre les gouvernements. Et ce que vous avez obtenu c’est l’ultra-libéralisme de la partie 3, sans la contrepartie des droits (partie 2 et secteur 2 de la partie 3).

Qu’avez-vous gagné en votant Non ? Le plaisir de dire non comme un enfant dont la rebellion consiste à se taper la tête contre le mur pour faire peur à ses parents.

Mais les monopoles et les multi-nationales n’ont rien à faire de vos caprices ; ils croient avoir eu ce qu’ils veulent : un grand marché sans conditions de droits, ni contrôle politique et régulation sociale. Heureusement que la défaite de cette partie n’est pas la fin du jeu.

Vous êtes en tout cas bien en peine de me dire quelle économie non marchande, non libre et faussée vous voulez.

Savez-vous qu’il y a moins de chômage en Angleterre, en Suède, au Danemark qu’en France ? Alors pour le modèle français et les acquis sociaux vous repasserez (voir aussi la piètre performance de l’Education Nationale).

De toute manière si vous aviez lu le TCE vous sauriez que les acquis sociaux ne sont pas menacés par l’Europe car ils ne relèvent pas de l’UE, mais de chaque état. Comme beaucoup, vous confondez tout ; mais vous avez une excuse : vous croyez sur parole les responsables politiques qui vous ont dit par démagogie que tout ce qui va mal vient de Bruxelles. Responsables qui, ce faisant, se sont pris les pieds dans le tapis.

...


Le 25/03/06 :

L’esprit français et le "non" au référendum

"L’esprit français" et la revendication de son exeptionalité ne sont autres que celles de l’élite dont tout l’effort est de préserver son pré-carré auto-valorisant et le pouvoir d’influence, proprement clérical quand il n’est pas aussi hiérarchique et formel (sanctionnant les écarts), ce qu’il est presque toujours peu ou prou, qu’elle y exerce.

Son universalisme de façade lui interdit de se confronter, sur la question des services publics, avec les expériences des autres, dès lors qu’elle fait de ceux-ci la propriété exclusive de l’appareil d’état centralisé à la française dont ils sont les fonctionnaires appointés et qui leur confère leur pouvoir incontestable.

Cet universalisme particulier prétend alors s’imposer en modèle valant pour tous les autres et voit dans les expériences étrangères autant de dévoiements aux principes de la République dont l’élite universaliste franco-française s’arroge de monopole de la juste définition.

C’est très exactement une des raisons principale de la victoire du Non au référendum sur le TCE qui d’abord été un non à la défonctionarisation des services publics.

Derrière cet universalisme républicain mythique singulier, il faut voir la volonté impériale d’imposer aux autres nos propres codes juridiques et politiques.

Derrière la République Française il faut toujours percevoir l’empire napoléonnien imposant à toute l’Europe le code du même nom ("la Raison à cheval" disait Hegel en parlant de Napoléon).


Le 29/04/06

Une majorité de français s’est trompée de croyances.

Une majorité de français semble désirer croire encore au mythe social-nationaliste d’un Etat tout puissant tutélaire, protecteur du statut-quo social dans le cadre d’un régime républicain au pouvoir absolu, à l’image du président de la république, authentique monarque élu au suffrage universel et d’un parlement élu au suffrage majoritaire à sa botte.

Cette croyance quasi-religieuse du rôle de l’état-patron empêche de comprendre que le monde a changé et que le social-nationalisme est fini, si tant est qu’il n’ait jamais existé hors des fantasmes de la gauche nationaliste.

D’où le refus de tout ce qui pourrait, dans nos traités internationaux, ne pas ressembler à cette conception de l’Etat entièrement souverain et du "socialiste-d’Etat", à la mesure des désirs corporatistes des fonctionnaires soi-disant de gauche qui ont voté Non au TCE par peur de perdre l’éminence imaginaire de leur rôle et surtout le statut protégé qui est le leur. ...


Le 11/05/06

Mondialisation et libéralisme

"Moi personnellement je me suis prononcé contre ce traité pour la simple et bonne raison que je ne voyais pas d’intérêt à vouloir aligner nos minimas sociaux sur les pays de l’Est arrivant dans le marché commun. Essayer de les aligner sur des conditions de vies plus décentes et ne pas ouvrir la CEE au libéralisme et au profit avant tout me paraissait plus réfléchi (évidemment ça ne colle pas trop avec les idées des Pdg de multinationales... )"

Cette affirmation est tout simplement erronnée : le TCE fait explicitement des minima sociaux et plus généralement de la question sociale, voir des droits sociaux concrets, par delà les principes régulateurs fondamentaux, une question "nationale".

On peut du reste regretter qu’il n’aille pas plus loin, mais les mesures institutionnelles permettaient (et à mon avis permettent encore, car le TCE est devant nous, voir la position de l’allemagne et des 15 pays qui l’ont ratifié) de penser que, pragmatiquement, par la force des luttes sociales en Europe sous l’égide de la CSE et relayée par un parlement plus fort et une capacité de prise de décision politique plus grande, les choses auraient pu (et peuvent encore, voir plus haut) aller plus loin dans le sens de l’Europe sociale, chère aux Nonnistes de gauche).

Ceux-ci -et c’est un fait, non une opinion- ont donc objectivement servi la soupe aux ultra-capitalistes qui sont contre une Europe plus intégrée sur le plan politique et social et font leur miel aujourd’hui de la faiblesse de l’Europe institutionnelle, à savoir celle issue du traité de Nice ; mais cela cela est encore plus vrai du souverainisme de droite qui est aujourd’hui le plus grand bénéficiaire politique de l’euroscepticisme plus ou moins social-chauvin distillé par la "gôche" de la gauche à l’occasion de la campagne pour (contre) le référendum sur le TCE.

Mais si les nonnistes de gauche ont droit à l’erreur, c’est à la condition de la reconnaître pour l’éviter à l’avenir. Mais il est vrai qu’il est toujours plus gratifiant pour la personne qui a fait cette erreur de nier la réalité pourtant évidente de l’échec de ses ambitions proclamées quant aux conséquences pour l’Europe et la France du refus du TCE, plutôt que de renoncer aux illusions, au départ gratifiantes, auxquelles elle s’est identifiée pour son malheur et pour le nôtre.


Le 16/05/06 :

Les citoyens français ont voté contre le TCE... Oui, mais il est important de remarquer que :

1) sans proposition alternative positive : souverainistes de droite et nonnistes de gauche qui font ensemble la majorité contre, ne font aucune majorité pour quoi que ce soit. A moins de supposer qu’ils soient d’accord sur des positions nationaliste de droite ; ce que démentent les nonnistes de gauche. Donc... ce Non est politiquement un coup pour rien de concret.

2) nous ne sommes pas habilités à décider seuls pour les autres pays, et la majorité des états qui représentent la majorité de la population en Europe ont ratifié le TCE et certains continuent de la faire (référendum ou non c’est, sur le plan pratique, politiquement secondaire) .

Dans ces conditions, le TCE n’est pas mort et les Français, par un second vote, ont le droit démocratique de défaire le premier (ce ne serait pas la première fois dans l’histoire et cela est conforme au principe de l’alternance et au droit des citoyens à corriger leurs erreurs : une majorité ne détient aucune "vérité" divine éternelle) qui n’aboutit à rien de bon, sinon à mettre la construction européenne en panne, alors qu’il faut qu’elle avance pour faire pièce à l’ultra-libéralisme, lequel ne peut que se féliciter du non français, qui lui laisse les coudées poltiquement franches !

En l’état, l’Europe peut difficilement évoluer en un sens plus social ; et si les Français veulent rester dans l’Europe ils devront bien faire de nouvelles propositions acceptables par les autres. C’est à dire reprendre, en le modifiant à la marge, le compromis le plus avancé qui est possible avec nos partenaires : celui du TCE.

C’est la position de Madame Angela MERKEL, des gouvernements allemand, autrichien, espagnol, italien etc., et j’estime qu’ils ont la raison pour eux : On ne peut avancer en maintenant une position de refus, à tout et contre tous.

...


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