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Note de lecture, par Ghislain Fournier

"L’homme européen", de Jorge Semprun et Dominique de Villepin

Collection Tempus, Editions Perrin 2006, 8 €
[ Sur le site du Mouvement Européen (France) ]
dimanche 15 avril 2007.
 
Auteur(s) et leurs articles

Construit sous la forme d’une conversation par écrit, "L’homme européen" est une réflexion sur l’Europe, son identité, son histoire et son avenir, proposée à l’occasion du débat français sur le Traité instituant une Constitution pour l’Europe.

Mais, précision importante, il ne s’agit pas d’un affrontement entre un tenant du Oui et un partisan du Non. Villepin et Semprun sont tous deux favorables au Traité, avec leurs propres sensibilités et préoccupations.

Semprun dénonce l’attitude de certains de ses amis socialistes, et aimerait les ramener à la raison. Villepin, refusant d’être enfermé dans l’époque lorsqu’elle se mesure en jours ou en semaines, défend avec vigueur ce nouveau départ dans la construction de l’Europe, et se projette dans l’après-referendum pour esquisser de nouvelles perspectives.

La première qualité du livre est d’inscrire la construction européenne dans une large perspective historique Cette approche a l’avantage de réaffirmer l’originalité mais aussi la fragilité de ce processus engagé il y a maintenant un peu plus de cinquante ans.

L’histoire de cette partie du monde - on ne le rappellera jamais assez - ce sont d’abord des guerres, des " déchirures que l’Europe s’est infligée à elle-même ", dont Semprun est un témoin.

Au fondement de la construction européenne, il y a donc la volonté de paix. Il y a aussi " une idée politique révolutionnaire " : construire une démocratie à l’échelle de plusieurs Etats-nations, une première dans l’Histoire.

Les auteurs rappellent que l’enjeu de la Constitution est précisément de donner corps à cette idée singulière en proposant " une règle commune ". Sa finalité : simplifier, rendre plus efficace le fonctionnement des institutions, et rééquilibrer l’architecture de l’édifice au profit du citoyen européen dans le respect des nations : " Le Traité opère un retour nécessaire à la seule source de légitimité démocratique : les citoyens ".

Mais l’ouvrage aborde aussi les objectifs de l’Europe, indissociables de la conception que l’on s’en fait.

Semprun pas plus que Villepin n’imaginent une " Europe forteresse ", repliée sur elle-même, s’abandonnant à la peur. Villepin ne cache pas son insatisfaction de voir depuis trop longtemps, l’Europe absente, presque retirée de l’Histoire.

Exigeants et impatients, les auteurs veulent une Europe en mouvement, en première ligne pour relever les défis de la planète.

Par son histoire, les valeurs qui la fondent - l’affirmation de l’individu, l’enracinement de la démocratie, la primauté du droit, la confiance dans l’échange - l’Europe a une vocation : être au service du monde, et d’abord de la paix, de la démocratie et de la justice.

Inversement, l’Europe ne doit pas craindre l’ouverture, les échanges qui enrichissent..... Et chez Semprun, comme chez Villepin, les poètes ne sont jamais loin pour souhaiter " faire entrer dans notre maison commune le souffle du monde".

Sondage SOFRES : Pourquoi les jeunes ont voté non à la constitution européenne Le 22 juin 2005


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