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Extraits du dernier livre (2007) de Jacques Marseille.

Déclin français ou pas ? "Les bons chiffres pour ne pas voter nul en 2007", chapitre 1

[ Déclin français ou pas ? ]
dimanche 15 avril 2007.
 
Auteur(s) et leurs articles

page 16 :

Est-ce que la France décroche ?

... De 1993 à 2005, la croissance française (2.1% en moyenne) est proche de celle de l’Union Européenne à 15 (2.3%). Un résultat honorable mais qui mérite d’être corrigé.

Tout d’abord la croissance de l’Union Européenne est faible par rapport à celle enregistrée aux États-Unis (3.2%). Pour prendre la mesure d’un tel écart (1.1% en moyenne par an), il suffit de savoir que si la France avait affiché le même taux de croissance que les États-Unis, de 1993 à 2005, son PIB, qui est aujourd’hui de 1710 milliards d’euros, serait de 2034 euros. Partagé entre les salariés actifs, cela ferait une rémunération supplémentaire de plus de 8800 euros par an, soit une hausse du salaire moyen (22 000 euros) de 40% par rapport à ce qu’il est aujourd’hui !

... Si notre pays avait connu le même taux de croissance que l’Espagne (3,7% en moyenne), il aurait aujourd’hui un PIB plus élevé de 496 milliards d’euros, soit environ 13 400 euros par salarié, soit une augmentation du salaire net moyen de 60 %.

S’il avait eu le même taux de crois­sance que la Suède, le Royaume-Uni ou les Pays-Bas, le « gâteau » supplémentaire serait de 240 milliards d’euros, soit quand même 6 500 euros de plus par salarié actif, une hausse de son salaire d’environ 30 % ou le cinquième du montant de la dette.

Autant de chiffres qui traduisent une longue érosion de la situation relative de l’économie française et qui démontrent que certains pays sont plus performants et plus dynamiques que d’autres.

Autant dire aussi qu’il serait urgent de « rompre » avec cette tendance et de s’inspirer de ce qui « marche » ailleurs plutôt que de prétendre exporter notre « modèle » qui ne trouve guère d’acheteurs.

page 18 :

Les exportations de la France ont-elles encore un avenir ?

... La France a battu en 2006 un record dont elle se passerait bien, avec un déficit extérieur voisin de 30 milliards d’euros. Certes... mais, plus fondamentalement, la part de marché des entreprises françaises se réduit aussi bien dans les exportations mondiales que dans les exportations de la zone euro, ce qui est plus inquiétant en termes de compétitivité, puisqu’il s’agit, dans ce dernier cas, de pertes de parts de marché vis à vis d’économies proches au regard de leur structure et de leurs coûts de main d’œuvre. En 1999, les exportations françaises représentaient 17% du total des exportations de la zone euro, mais moins de 15% en 2005.

-  pas de quoi s’affoler : la Grande Bretagne et l’Espagne accusent des déficits bien plus lourds (90 et 105 milliards d’euros). Le déficit français ne représente que 1.5% du PIB, contre environ 8% pour les États-Unis, 10% pour la Grande Bretagne, 15% pour l’Espagne.
-  surtout le montant des exportations par tête, seul critère pertinent pour neutraliser l’effet de taille, place la France au 2e rang des exportateurs mondiaux, derrière l’Allemagne. Un Français exporte ainsi 60% de plus qu’un Américain, 30% de plus qu’un Anglais, 40% de plus qu’un Japonais.
-  enfin, alors que l’Allemagne est spécialisée dans les biens d’équipement bientôt menacés par la concurrence chinoise, la France a un commerce extérieur plus diversifié, avec des produits agro-alimentaires à forte de mande, des produits de luxe qui suscitent la convoitise des futurs riches, de plus en pus nombreux, surtout en Chine !

En bref, si la France industrielle est déclassée, le "made in France" se vend mieux que jamais. Rude leçon pour les promoteurs de programmes grandioses et les "champions nationaux".

Page 20 :

La France à la conquête du monde

En 2004, les entreprises françaises implantées à l’étranger ont réalisé un chiffre d’affaires supérieur à 520 milliards d’euros, soit davantage que les exportations françaises, qui se sont élevées à 340 milliards d’euros. C’est dire à quel point la balance commerciale et le prétendu commerce "international" ne sont plus les meilleurs critères de mesure de la compétitivité.

Qu’on comprenne bien : les implantations françaises à l’étranger ne sont pas des délocalisations, terme qui est réservé aux entreprises qui vont chercher à l’étranger des coûts de main d’œuvre moins chers pour pouvoir ensuite concurrencer les produits des entreprises restées localisées en France.

Les implantations sont des opérations qui permettent de conquérir les marchés étrangers en étant installées sur le terrain. Qui imaginerait, aujourd’hui, produire des shampoings dans des usines françaises et les charger sur des cargos pour les exporter au Brésil !

... Autant dire que les 520 milliards d’euros de chiffre d’affaires réalisés sur ces marchés étrangers ne concurrencent pas les exportations françaises. Elles en sont au contraire l’essentiel complément.

Il faut donc se réjouir de constater que la France dispose ainsi de 28 200 établissements français implantés à l’étranger, employant plus de 5.4 millions de salariés. A la fin de 2004, le stock de ces investissements directs à l’étranger est évalué à près de 610 milliards d’euros. Et en 2005, avec 115,6 milliards de dollars investis à l’étranger, la France s’est classée au deuxième rang mondial, derrière les Pays Bas. Qui le sait ?

Surtout ces investissements directs à l’étranger font "rentrer" en moyenne en France par an près de 20 milliards d’euros de revenus financiers, qui contribuent, de manière substantielle, à l’équilibre des comptes extérieurs de la France (rappelez-vous : près de 30 milliards de déficit en 2006).

Comme s’il y avait une France qui languit, celle de l’intérieur, et une France qui gagne, celle de l’extérieur, dont le dynamisme fait merveille. Ne serait-il pas possible de doper l’une par l’autre ? seulement


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