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L’Agence Spatiale Européenne et l’Europe. Extraits d’article (site de l’ESA).

Extraits de l’article sur le site de l’ESA.
[ Article intégral, sur le site de l’Agence Spatiale Européenne. ]
mercredi 13 juin 2007.
 


L’espace, constructeur d’Europe par sauvonsleurope

Peu après le Traité de Rome (1957) et le CERN (1952) : l’ELDO et l’ESRO.

"En Avril 1959, plus d’un an après que les deux grandes puissances spatiales, URSS et Etats-Unis, ont lancé leurs premiers satellites, Edoardo Amaldi et Pierre Auger, deux physiciens à l’origine du CERN proposèrent dans le document Space Research in Europe aux pays européens de mettre leurs efforts spatiaux en commun de manière à assurer une indépendance européenne face aux deux géants".

"C’est ainsi que les 13 et 14 Mars 1962 eu lieu la première réunion de la COPERS, COmission Préparatoire Européenne pour la Recherche Spatiale, qui devait comme son nom l’indique préparer une ou des organisations spatiales européennes. Les réunions de la COPERS, les intérêts des pays européens divergeant, donnèrent finalement lieu à la création de deux agences spatiales européennes, créées en 1962 et ratifiées en 1964 :
-  l’ELDO, consacrée au développement d’un lanceur européen commercial
-  et l’ESRO, qui devait se consacrer à la recherche scientifique et à la construction de satellites".

"L’ELDO, European Launcher Development Organization (en français CECLES, Conseil Européen pour la mise au point et la Construction de Lanceurs d’Engins Spatiaux) avait pour mission d’élaborer un lanceur européen à partir du missile britannique Blue Streak, qui devait servir de premier étage. Le deuxième étage devait être construit par la France et le troisième par l’Allemagne.

Quant aux satellites, ils devaient être construits par l’Italie, les télémesures étant confiées à la Belgique et aux Pays-Bas.

Enfin, la fusée devait être lancée depuis la base de Woomera, en Australie, membre associé de l’ELDO. Test du premier étage d’Europa à Woomera.

Le lanceur, dénommé d’abord ELDO-A puis Europa-1, devait être capable de satelliser une tonne en orbite basse, pour le compte d’autres organisations spatiales. C’était donc le premier lanceur à destination commerciale".

... La fusée européenne était donc un complet échec, alors que les programmes nationaux (Diamant en France, Black Arrow en Grande Bretagne) montraient leurs capacités et que les américains avaient déjà passé le cap des missions Apollo...

"Quant à l’ESRO, European Space Research Organization (en français CERS, Conseil Européen de Recherches Spatiales), sa tâche était de développer des satellites strictement scientifiques en bénéficiant d’une coopération internationale.

Les pays membres étaient les même que ceux de l’ELDO, avec en plus le Danemark, l’Espagne, la Suède et la Suisse. Un centre de construction et de test de satellites, qui allait devenir l’ESTEC, fut donc construit à Noordwijk, aux Pays-Bas et inauguré le 5 avril 1968.

Un autre laboratoire, l’ESRIN, fut construit à Fracasti en Italie. Enfin, une base de lancement de fusées-sondes, l’ESRANGE, fut installée à Kiruna, en Suède. Les données reçues devaient être traitées à l’ESDAC, à Darmstad en Allemagne.

Le premier lancement d’une fusée-sonde pour le compte de l’ESRO eu lieu dès le 6 juillet 1964.

... Durant la même période 1968-1972 furent lancés 7 satellites européens, avec des fusées américaines (Europa n’étant -voir plus haut- pas au point). Iris, ou ESRO 2B, destiné à l’observation des rayons cosmiques et à l’observation du Soleil en rayons X, fut le premier, en mai 68. Suivirent ESRO 1A (Aurorae), HEOS 1 et ESRO 1B (Boreas), dédiés à l’étude du champ magnétique terrestre, TD1A, observatoire astronomique dans l’ultraviolet, et ESRO 4, devant mesurer la température des couches supérieures de l’atmosphère terrestre.

Cependant, le manque de moyens obligeait un choix strict dans les projets, qui favorisait les physiciens au détriment des astronomes. De plus, le statut strictement scientifique de l’organisation empêchait tout développement de satellites de télécommunication ou météorologiques, dont les applications commençaient à être perçues.

Le besoin d’un nouvel organisme : l’ESA

Ainsi devenait nécessaire la création d’un nouvel organisme, qui fusionnerait les activités de l’ESRO et de l’ELDO et permettrait de lancer de nouveaux programmes. En décembre 74, les employés des deux agences fusionnèrent, et le 30 mai 1975 naissait à Paris l’ESA, l’Agence Spatiale Européenne, ayant pour membres fondateurs Allemagne, Belgique, Danemark, France, Grande-Bretagne, Italie, Pays-Bas, Suède et Suisse.

En plus des programmes de l’ESRO, la nouvelle agence de l’ESA voyait sa compétence élargie aux "satellites d’application" (météorologiques, communication, imagerie de la terre...) et avait pour mission de mener à bien un nouveau lanceur, qui allait devenir Ariane.

L’ESA, European Space Agency, a été fondée dans le but de "développer, à des fins exclusivement pacifiques, la coopération entre Etats européens dans les domaines de la recherche et la technologie spatiales et leurs applications spatiales, en vue de leur utilisation à des fins scientifiques" (Convention portant création d’une Agence spatiale européenne, Article II, Missions).

Ainsi, au contraire de la NASA qui est devenue une institution lourde, l’ESA se contente principalement des anciens centre de l’ESRO, coordonnant et accompagnant les industriels. L’ESA est donc une petite organisation, mais qui est souvent qualifiée de beaucoup plus dynamique que l’agence américaine, capable de mener à bien de grands projets scientifiques avec moins de 2000 employés !

Fonctionnement de l’ESA

Siégeant une fois par trimestre, le conseil est l’organe de décision de l’ESA. A Paris, au siège de l’ESA, siègent les représentants des différents membres de l’agence spatiale qui défendent chacun leurs intérêts scientifiques et nationaux.

Même si chaque pays dispose d’une voix, les prises de décisions ne se font pas toujours de la même manière.

Ainsi, selon les programmes, peuvent être exigés une unanimité (en majorité pour les programmes obligatoires), une majorité des 2/3, une majorité simple ou encore une majorité qualifiée ; où est pris en compte l’investissement de chaque pays.

Les programmes à long terme sont eux décidés par un conseil des ministres, qui a lieu tous les 2-3 ans (même s’il n’en est pas fait mention dans la convention de l’ESA).

Le conseil est assisté dans sa tâche par quatre comités et les Programme Boards où sont étudiés les différents programmes de l’ESA.

...

L’ESA reverse environ 95% (les 5% étant liés aux frais généraux -matériel et personnel- de l’agence) de son budget sous forme de contrats avec des entreprises nationales, en fonction du financement apporté par le pays. Les pays financent donc les programmes en fonction de leurs intérêts et de leurs entreprises.

... L’Agence Spatiale Européenne dispose d’établissements dans différents pays européens, la plupart acquis sous l’égide de l’ESRO. Quelques bureaux et stations de poursuite sont de plus installés à l’international.

Localisations de l’ESA, en plusieurs pays européens

Le siège de l’ESA se trouve à Paris, rue Mario Nikis, dans le 15ème arrondissement.

... Mais le vrai cœur de l’ESA se trouve aux Pays-Bas, à Noordwijk. Dans les dunes, au bord de la mer s’étend sur 50 hectares l’ESTEC, European Space and TEchnology Centre. L’ESTEC, plus grand établissement de l’ESA avec 1600 employés dont un millier de l’agence spatiale, est responsable de tous les projets de l’agence. C’est là que sont élaborés les différents programmes, que les activités des industriels sont coordonnées, que les nouvelles techniques sont développées, puis que les satellites sont testés.

En Allemagne, à Darmstadt, l’ESDAC de l’ESRO a été renommé en ESOC, European Space Operation Centre. L’ESOC a comme charge principale de suivre tous les satellites de l’agence. Les orbites y sont calculées, ainsi que les fenêtres de tir. Avant le lancement sont effectuées des séries de simulation et de tests, par ordinateur. Après la mise à poste du satellite, l’ESOC se charge des communications avec le satellite et le "pilote" à travers l’une des stations dont il dispose à travers le monde.

... En Allemagne aussi se trouve l’EAC, European Astronauts Corps, à Cologne, fondé en 1990. Port d’attache des 15 astronautes de l’ESA, l’EAC recrute, forme les astronautes et décide de leurs affectations lors d’un vol habité.

L’Italie héberge l’ESRIN, European Space Research INstitute, à Fracasti, près de Rome, peut-être la moins connue des infrastructures de l’agence spatiale. "Space Documentation Service", l’ESRIN centralise toutes les données de l’ESA, et est raccordé aux autres réseaux comme ceux de la NASA. Les données (mesures, images, ressources bibliographiques...) y sont traitées et archivées de façon à être facilement accessibles pour un chercheur.

(JPEG)
Maquette d’Ariane 5

Enfin, l’Agence Spatiale Européenne est copropriétaire avec le CNES du Centre Spatial Guyanais de Kourou, en Guyane française, qu’elle finance aux 2/3.

Situé au bord de la mer, près de l’équateur, Kourou dispose de toutes les qualités (à part l’éloignement de l’Europe continentale...) pour procéder au lancement de fusées. Bande de terre de 96 000 ha, le CSG dispose de rampes de lancement pour Ariane 4, mise hors service depuis plus d’un an, et pour Ariane 5, le lanceur européen. La rampe de lancement d’Ariane 1 devrait être modifiée de manière à accueillir Vega, et un nouveau pas de tir sera construit pour accueillir les lanceurs russes Soyouz.

Ariane, exploitée commercialement par la société Arianespace, a conquis plus de la moitié du marché des lanceurs commerciaux. Après les déboires de l’ELDO, les lanceurs sont à coup sûr la plus belle réussite de l’ESA...

L’ESA dispose aussi de stations de contrôle de la fusée Ariane au Natal, sur l’île d’Ascension, à Libreville et à Malindi, ainsi que de bureaux à Toulouse, Bruxelles, Moscou, Washington et Houston.

Etats membres de l’ESA, membre associé, accords de coopération, et programmes internationaux

L’Agence spatiale européenne est désormais composée de 15 états-membres. Aux pays membres de départ se sont progressivement ajoutés :
-  l’Irlande en 1975
-  puis l’Autriche et la Norvège en 1987
-  suivis par la Finlande en 1995
-  et le Portugal, enfin, entré dans l’agence en 2000.

Outre ces pays européens, le Canada prend part à certains projets, en qualité de membre associé.

De plus, différents accords de coopération ont été signés. Ainsi, au niveau européen, des programmes peuvent être conduits par une agence spatiale nationale, comme le CNES, avec la participation de l’ESA.

Au niveau mondial, enfin, plusieurs programmes sont conduits en coopération avec la NASA (Hubble ou Cassini-Huygens), la RKA (Agence Spatiale Russe) ou depuis peu avec la Chine, avec le lancement des deux satellites Double Star, sans oublier l’ISS.

Ces programmes internationaux sont souvent des programmes purement scientifiques, ou bien entendu des accords pour les vols habités, l’ESA étant dépendante des américains et des russes dans ce domaine.


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