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Bonnes nouvelles pour l’Europe (pour l’UE) : Galileo enfin remis sur orbite !

Mise à jour du 13 mai 2008.
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mercredi 23 avril 2008.
 
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Cette semaine aura donc vu deux bonnes nouvelles pour Galileo, projet décisif de l’Union Européenne, après les succès récents de l’Europe spatiale [1] :
-  l’approbation le 24 avril 2008, par le Parlement Européen, du plan proposé par la Commission Européenne, suite aux blocages constatés ces dernières années avec le consortium Galileo qui avait été mis en place.
-  le lancement réussi du deuxième satellite (Giove-B) de test du futur système de navigation Galileo, ce dimanche 27 avril 2008, sa mise sur orbite et le déploiement de ses panneaux solaires, une des premières étapes de sa mise en route. [2]

Ce lancement, sort Galileo de l’impasse dans laquelle il se trouvait il y a encore quelques mois. L’une des originalités du projet tenait dans son financement qui mêlait fonds publics et privés. Dès les premiers mois de 2007, le partenariat tournait au fiasco et Galileo devenait, pour certains commentateurs, le symbole d’une Europe en panne.

Jacques Barrot, vice-président de la Commission européenne, s’est félicité que Galileo "apparaisse enfin comme un grand projet européen en mesure d’être réalisé". [3]

Le Parlement Européen confirme l’accord, proposé par la Commission (J. Barrot), approuvé par le Conseil

L’accord du Parlement Européen [4] [5] fait suite à celui du 29 novembre 2007, les ministres européens des Transports s’étant enfin mis d’accord sur le financement et les modalités de réalisation de Galileo. Après l’échec du Partenariat Public-Privé en mai 2007, suite au refus des industriels d’engager les fonds nécessaires (3,4 milliards d’euros), et l’accumulation de 4 années de retard par rapport au pan original. Un financement intégral par le budget communautaire et la promesse de retombées industrielles équilibrées pour les Etats membres avaient été les ingrédients de ce sauvetage in extremis. Avec en perspective l’enjeu stratégique consistant à réduire la dépendance technologique vis-à-vis des Etats-Unis. [6]

Pour le commissaire européen aux Transports Jacques Barrot, interviewé par le Journal du Dimanche [7], "Avec Giove B, nous lançons le premier satellite qui contient la technologie européenne de géopositionnement. Ce tir coïncide avec l’adoption du règlement financier par le Parlement européen. Désormais, avec un budget, une base juridique et une gouvernance claire, l’Europe a donc les coudées franches : rien ne pourra plus arrêter Galileo ! C’est une révolution dont on n’a pas fini de mesurer les retombées car, d’un point de vue technologique, cela équivaut à passer du cadran solaire à la montre-bracelet".

"Galileo représente "un outil de souveraineté pour l’Europe" et marquera son "indépendance totale". "On ne peut pas vivre dans un monde de plus en plus dépendant du géopositionnement en restant tributaire d’un seul système américain".

Jacques Barrot voit aussi en Galileo "l’assurance d’une beaucoup plus grande sécurité dans (la) vie quotidienne" des Européens. "La qualité de la protection civile va ainsi être décuplée. Les victimes d’accident, sur la route, en mer ou en montagne, seront localisées bien plus facilement puisque Galileo est plus précis, plus fiable et plus intègre que l’actuel système GPS", explique-t-il.

"La gestion des transports dans les airs, en mer et sur terre sera beaucoup plus efficace", assure-t-il encore. [8]

Ce projet Galileo est emblématique, c’est un des symboles les plus forts de la construction européenne. C’est le premier grand projet industriel mené par l’Union européenne [9], comprenant des aspects industriels importants, à la fois en investissements et surtout en retombées commerciales, en opportunités de développement d’applications concrètes, touchant tous les Européens, et même les habitants d’autres continents.

Et c’était aussi une excellente occasion de repenser la coopération entre l’Union Européenne et l’Agence Spatiale Européenne (ESA), créée par plusieurs Etats et dont font partie 17 pays, membres ou non de l’UE. Pour essayer de sortir des traditionnels marchandages entre Etats, au sujet de la répartition des activités industrielles, au nom du retour sur participations des uns et des autres.

Les habituelles difficultés rencontrées en Europe...
enfin surmontées

Aussi était-il très important de remettre sur pied cette opération, malgré sa complexité et ses nombreuses difficultés [10], liées notamment à ses fortes retombées commerciales et industrielles espérées : il est compréhensible que les parties prenantes, entreprises et pays, cherchent à en tirer le meilleur parti...

On retrouve bien ici à la fois l’importance des enjeux européens et les habituelles difficultés à trouver des accords dans ces domaines, même en dehors de la politique agricole commune...

Souhaitons que le Traité de Lisbonne, en cours de ratification [11], aidera à avancer plus facilement, et surtout plus rapidement (le projet Galileo a pris près de 5 ans de retard !) vers des compromis nécessaires, dont l’Europe et surtout les Européens ont besoin. Même une bonne partie du monde a besoin d’un acteur économique "uni dans la diversité", pour reprendre la devise de l’UE.

Le succès technique du lancement de Giove-B montre ainsi, s’il en était besoin, que la coopération est finalement moins complexe à mettre en oeuvre concrètement qu’aux niveaux politique et industriel (quand la politique ou les patriotismes s’en mêlent trop)...

Un projet européen très novateur, comme souvent

Cette réussite technique n’en est évidement pas moins nécessaire pour la réussite d’un projet très complexe, ambitieux et très novateur, par ses caractéristiques technologiques et les choix effectués. [12]

Comme très souvent pour les projets européens, ayant eu un succès éclatant, qu’il soient connus du grand public (la gamme des avions Airbus en avance technologique, les lanceurs Ariane) ou beaucoup moins connus (Véhicule automatique de transfert européen (ATV), normes de téléphonie mobile GSM, GPRS, de vidéo sur mobiles UMTS, EDGE, de diffusion vidéo numérique DVB, DVB-T, DVB-H, dans la signalisation et la surveillance ferroviaires ECTS et ERTMS ! Normes qui s’imposent souvent en dehors de leur continent d’origine.

Il reste aussi à souhaiter que l’avance technologique de ce projet, au moment où il a été conçu, il y a quelques années, ne sera pas réduite trop fortement vis à vis de la concurrence qui s’organise, à la fois aux Etats Unis, en Russie, et même en Chine, voire en Inde.

L’importance de se mettre d’accord rapidement devient de plus en plus essentielle... Le Traité de Lisbonne sera le bienvenu ! Ainsi que ce qui se dessine désormais pour faciliter la coopération au niveau spatial, par une meilleure coordination entre l’Agence Spatiale Européenne et l’Union Européenne (une convention sera signée très bientôt entre les deux institutions).

L’accord (Galileo-GPS III) de 2007, décisif pour le succès

Notons simplement que le retard pris par le projet Galileo a permis d’avancer de façon très constructive au niveau technique et commercial, pour assurer l’interopérabilité des systèmes européen Galileo et le futur GPS III américain (2e mise à niveau, à partir de 2013 [13]).

Conformément à un accord conclu entre l’Union européenne (UE) et les Etats-Unis le 26 juillet 2007, après des mois de négociation, pour leur système respectif (Galiléo et le futur GPS III), le signal émis par le satellite Giove-B est un signal commun GPS-Galiléo utilisant une modulation optimisée spécifique dénommée MBOC. [14]

Il sera donc possible d’utiliser un récepteur GPS pour capter les signaux civils de positionnement par satellite de Galileo et inversement.

Ainsi, contrairement aux autres technologies similaires dont Glonass (Russie) ou Baidou (Chine), les signaux GPS pourront être enrichis grâce aux satellites lancés par l’Union Européenne et les signaux Galileo enrichis par les satellites nord américains. "De quoi apporter une meilleure qualité de service dans la gestion de flotte ou les systèmes autonomes de navigation GPS."

Et de quoi renforcer la position commerciale du système Galileo, par rapport aux systèmes concurrents Glonass (russe) ou Baidou (chinois), tous deux militaires comme le GPS, qui ont pu mettre à profit les délais du lancement de Galileo (5 ans de décalage par rapport aux plans initiaux !) pour essayer de rattraper leur retard par rapport au système européen.

Les prochaines étapes, en 2008, pour assurer cette relance de Galileo

En juin 2008 s’ouvrira le Conseil Esa durant lequel doit être signé l’accord de délégation avec la Commission pour le développement du système opérationnel Galileo ; il implique que les règles de compétition aient été adaptées pour les contrats Galileo de l’Esa.

L’appel d’offres pour la réalisation des 26 satellites opérationnels sera officiellement lancé par l’ESA en juillet 2008, et enfin, le choix des industriels pour finaliser les contrats Galileo devrait être avalisé en décembre.

Deux groupes d’industriels devraient se disputer le segment spatial : EADS Astrium (avec Thales Alenia Space) et OHB-System (avec SSTL).

Cette compétition pourrait donner lieu à un jugement de Salomon avec un partage entre deux fournisseurs des satellites à réaliser. [15]

Quant aux lancements de ces satellites, ils seront réalisés par Starsem (Soyouz), puis Arianespace, depuis Kourou :
-  les 4 premiers satellites opérationnels, de la phase dite de développement et de validation en orbite (IOV), le seront au premier semestre 2010 par des Soyouz opérés par Starsem.
-  les 26 autres le seront par Arianespace, qui va faire une offre à l’Agence spatiale européenne pour les lancer par des Ariane et Soyouz depuis Kourou, le port spatial de l’Europe. Une offre en ligne avec les desideratas de l’ESA qui veut mettre à poste les satellites avec 2 systèmes de lancement différents et des lanceurs qualifiés.

Arianespace se veut confiante dans sa capacité à déployer le système d’ici 2013 en utilisant une combinaison d’Ariane 5 (avec l’étage réallumable employé pour lancer l’ATV, capable de lancer 4 satellites) et de Soyouz (version 2-1a ou 2-1b, étage Fregat, qui pourra lancer 2 satellites) tirés depuis Kourou. [16]

[1] Trois succès majeurs de l’Europe spatiale : Ariane 5 ES, amarrage de l’ATV et de Colombus à la station spatiale internationale (ISS).

[2] Les numériques Galileo avance enfin concrètement.

[3] Site Toute l’Europe Mettre Galileo sur orbite d’ici 2013.

[4] Après avoir obtenu l’accord (volets financier et industriel) des Etats membres de l’UE, le Parlement européen a approuvé le règlement ’sécurité’ de Galileo et du service européen de navigation géostationnaire (Egnos).

« Compromis » négocié avec le Conseil de l’UE et la Commission européenne lors de réunions informelles, ce texte reprend la plupart des amendements proposés le 29 janvier dernier par la commission industrie, recherche et énergie du Parlement européen. ... Ce texte invite aussi la Commission européenne à définir les principales exigences techniques en matière de contrôle de l’accès aux technologies assurant la sécurité de Galileo et d’Egnos.

Ainsi « les Etats membres devraient adopter leurs réglementations nationales de sécurité afin d’atteindre le même niveau de protection que celui en vigueur pour les informations secrètes de l’UE dans le domaine de la sécurité industrielle d’Euratom », souligne le Parlement européen dans un communiqué daté du 23 avril 2008. Parallèlement, les missions de l’Autorité européenne de surveillance de Galileo (ASG), autorité créée pour l’occasion, ont été revisées. Galileo : le Parlement européen donne son feu vert.

[5] Voir aussi Le satellite Giove-B prêt au lancement.

[6] Euros du Village, Lucie Carrouee, 19 décembre 2007, GALILEO : La nature stratégique du projet enfin assumée.

[7] JDD 27 Avril 2008, Barrot : "Galileo sera disponible en 2013".

[8] Pas en avant pour le GPS européen Galileo.

[9] Quelques lignes sur l’historique du projet Galileo, sur les péripéties récentes : Galileo, la navigation par satellite "made in Europe".

[10] Rue 89, 4 octobre 2007, Les bisbilles franco-allemandes plombent le projet Galileo.

[11] Treize pays sur 27 (48%) ont ratifié le Traité de Lisbonne.

[12] Pour garantir une précision bien meilleure que celle du GPS américain, environ un mètre au lieu de 10, les horloges envoyées dans l’espace rivalisent de précision, elles sont toutes très supérieures à celles embarquées dans les satellites actuels.

[13] L’Europe et les États-Unis décident que les systèmes GPS et Galileo auront un signal commun/ EU, U.S. agree common signal for GPS-Galileo systems

[14] Notre article Premières transmissions du satellite Giove-B du projet Galileo.

[15] Extrait de Le projet Galileo relancé par la mise en orbite de Giove-B

[16] Techno-Science.net 1er mai 2008 Feu vert pour Galileo : des Ariane et des Soyouz.


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