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Les avantages indéniables du Rafale vs l’Eurofighter

Complément du 23 décembre 2011, du 10 avril et du 17 mai 2012.
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mercredi 14 décembre 2011.
 
Auteur(s) et leurs articles

Meilleur avion du monde ?
En tout cas, le Rafale est un excellent avion, et très polyvalent...

On a souvent entendu que le Rafale ne se vendrait pas, et même que c’était "une catastrophe industrielle" [1], à croire que beaucoup de Français n’attendent que cela !

Ce qui est paradoxal, c’est que personne en France ne parle des énormes surcoûts des programmes étrangers, comme l’Eurofighter (voir plus bas) ou, encore le F-35 américain" [2].

.. des coûts de développement tenus...

Le Rafale est "un système d’armes réussi et efficace qui a tout au plus souffert de fortes contraintes budgétaires qui ont ralenti son développement. En revanche, les coûts de développement ont été tenus et les performances promises sont au rendez-vous". [3]

Sans être "le meilleur avion du monde", c’est un excellent avion, notre article "Pourquoi la France a eu raison de développer son Rafale" en donne quelques raisons.

Et il a été extrêmement bien noté lors de nombreux tests par différentes armées (notes supérieures à l’Eurofighter, notamment, en Inde, et en Suisse - rapports publiés, en faveur du Rafale -) [4] [5] ; et dès à présent parfaitement polyvalent (au contraire de l’Eurofighter), il remplacera tous les avions actuellement utilisés en France (7 types, 600 avions). Y compris grâce à une version navale, que l’Eurofighter ne permet pas non plus [6].

(JPEG)
Rafale (Wikipedia)
Rafale sur Porte-Avions

Du coup, les Britanniques ont dû cofinancer un second projet extrêmement coûteux de 6,9 milliards d’euros pour acheter 50 Lockheed Martin F-35 Lightning II (coût unitaire 100 millions de livres) pour équiper leur futur porte-avions Queen Elizabeth vers 2016.

Les 216 Eurofighter Typhoon et F-35 (JSF) britanniques reviendront donc à 50,5 milliards d’euros à comparer aux 40,690 milliards d’euros pour les 286 Rafale Français, soit 64% de plus par avion et un retard de 7 ans sur le programme Rafale (Les capacités multirôles du Typhoon Eurofighter équivalentes au standard F3 (actuellement déployé) du Rafale ne seront livrées qu’en 2018. [7]

L’Eurofighter a dérivé de 75% selon le NAO (Cour des comptes britanniques) [8], et le F-35 américain est un puits sans fond. L’avion n’étant toujours pas en service, les coûts n’ont pas fini de monter, et ce sera le programme d’avion de combat le plus cher de l’histoire ! Déjà un coût total de 323 milliards de dollars pour 2443 appareils destinés aux seules forces américaines (USAF, USN, USMC). Soit 101 millons d’euros l’unité, avec des coûts de développement ayant explosé de 40% et de production de 60 à 90% selon les versions. Alors que le F-35 est beaucoup moins polyvalent que le Rafale, étant un appareil prioritairement destiné à l’attaque au sol. [9]

... un coût global raisonnable,
même pour (seulement) 286 avions (français)

Sur la base des rapports parlementaires, la division des crédits de paiement par le nombre d’avions livrés sur le période 2006-2011, aboutit à un prix unitaire d’environ 116 millions d’euros.

Un récent rapport du Sénat estime le coût global du programme Rafale pour les finances publiques à 43,567 milliards d’euros sur toute la durée du programme (en tenant compte de l’inflation depuis le lancement en 1989) et cela, sur la base d’une commande prévue de 286 avions. Soit 152 millions l’unité. La différence par rapport au calcul précédent s’explique parce que ce prix intègre le développement de l’avion, aujourd’hui payé jusqu’à la version actuelle (standard F3). [10]

... et une heure de vol moins chère que pour l’Eurofighter, et qui le sera moins que le F-16, et beaucoup moins que le F-35

Et selon le magazine allemand Spiegel, l’heure de vol de l’Eurofighter coûterait deux fois plus cher que prévu, avec près de 74.000 euros par heure.

Il existe aussi un problème de pièces détachées [11], qui a contraint en 2010 la Royal Air Force à clouer au sol de nombreux avions, pour s’en servir comme stock de pièces ; ce qui avait entraîné le report de la formation des pilotes, réduisant à huit le nombre de pilotes s’entraînant aux attaques au sol. Et ce problème de pièces risque de durer jusqu’en 2015, d’après le Ministère britannique de la Défense, en particulier à cause d’une chaîne d’approvisionnement complexe à travers l’Europe. [12]

Alors que le Rafale est réputé (à ses débuts en activité) avoir un coût de 39.000 euros l’heure de vol [13] (coûts 2006, avant utilisation des nouveaux moteurs M88-4E [14] [15]).

Ce coût à l’heure devrait, selon le ministère de la Défense, diminuer à 10 000 euros l’heure de vol pour les Rafale C et B, et à 7 000 euros pour le Rafale M en 2012. [16]

Dans tous les cas il serait très inférieur à celui de l’Eurofighter, et ce pour plusieurs raisons :
-  le Rafale a bénéficié d’une très longue expérience avec les Mirage 2000, et de retour d’expérience très conséquent
-  dès le début de son développement, le Ministère de la Défense a imposé au Rafale des exigences très sévères en matière de support logistique intégré (SLI)
-  et le Rafale a des coûts de maintenance considérablement réduits [17]

En attendant, le retour d’expérience des opérations de Libye (2011) est très concluant. Les exigences de maintenance sur le Rafale sont environ 25% plus faibles que sur le Mirage 2000, et il n’y a pas de maintenance planifiée ou préventive ; la maintenance dépend uniquement du type de mission effectuée, et de l’état des composants.

Les pilotes de la base de Solenzara (Corse) disent que, en exactement deux mois d’opérations, aucune mission n’a été interrompue du fait d’une indisponibilité d’avion, et le commandant du détachement, le Lieutenant Colonel Pierre G., dit que le taux de disponibilité est proche de 100%.

Et ces coûts à l’heure de vol devraient être très inférieurs aux avions américains actuels F-16 (22 749 $ actuels) et futurs F-35 (31 923 $ [18], voire encore plus, ces coûts ayant beaucoup monté ces dernières années). Et ceci alors que ces avions américains sont pourtant monomoteurs (l’entretien des moteurs est l’essentiel de ces coûts), et vendus à plusieurs milliers d’exemplaires...

Il est vrai que le budget français, sous forte contrainte depuis des décennies, a obligé la DGA à exiger une forte réduction de ces coûts, de la part de Dassault et de Snecma (moteur M-88 conçu en 21 modules, faciles et rapides à changer, y compris sur Porte-Avion, même américain, ce qui a forcé l’admiration des pilotes et techniciens de l’US Navy). Ce qui s’est traduit par des actions résolues dès le Mirage 2000, et dès sa conception. [19] [20]

Non, l’Eurofighter ne se vend pas comme des petits pains...

Enfin, les marchés sont souvent reconduits envers le même fournisseur d’avions, à chaque changement de génération. Et le nombre d’Eurofighter Typhoon vendus (2 fois plus que le Rafale, et même trois fois plus si l’on tient compte des seules commandes fermes) laisse croire que l’avion européen s’est largement vendu, en dehors des pays associés au programme.

Malheureusement pour ces pays européens, ce n’est pas le cas, et les ventes export se sont faites en déduction des nombres commandés initialement :
-  les allemands ont (re)vendu une partie de leurs premiers Eurofighter (Tranche 1) à leurs cousins autrichiens, ce qui leur a permis de réduire leurs dépenses militaires
-  de même les britanniques ont revendu une partie (24) de leurs Eurofighter à leur seul client habituel, l’Arabie Saoudite (qui leur avait acheté 72 Tornado), et ont prévu que les 48 ultérieurs seraient également en réduction de leur engagement d’achat de 232 (réduit donc à 160) [21]. D’ailleurs l’Arabie Saoudite a depuis commandé 84 nouveaux F-15 SA, appareils de supériorité aérienne, en faisant plus que doubler sa flotte de F-15 vieillissants (et en passant au standard SA ses 70 F-15S) [22]. Si l’Eurofighter était un avion si extraordinaire en supériorité aérienne, pourquoi ce plus que doublement en avions F-15 ?
-  les britanniques sont également en négociation auprès du voisin Oman (renouvellement de Jaguar ; « Oman est un pays avec lequel nous avons une longue et précieuse relation », se réjouit le camp britannique). [23]
-  les américains verrouillent leurs marchés acquis depuis 50 ans et imposent des restriction sévères sur les pays qu’ils jugent indésirables (Venezuela, Chine)
-  les clients européens du F-16 se jettent aveuglément sur le F-35 pour ramasser quelques miettes de ce gigantesque gâteau économique
-  Le Rafale aurait très bien pu être vendu à la Chine ou au Vénézuela (deux pays qui avaient déclaré leur intérêt) mais la France a refusé pour des raisons de transferts de technologies.

Donc, ça va être difficile pour le Rafale mais non, l’Eurofighter ne se vend pas comme des petits pains.

... et les deux avions européens n’ont pas encore gagné
quand il s’agissait de remplacer un avion américain

Et pour l’heure, ni le Rafale ni l’Eurofighter n’ont réussi à remporter un marché détenu auparavant par les américains... La dernière nouvelle -décembre 2011- le confirme : pour remplacer ses vénérables F-4, les Japonais ont choisi l’américain F-35, et non l’Eurofighter [24], alors que l’avion européen était en bonne place pour l’emporter face au Boeing F/A 18. [25]).

Or c’était bien le secret espoir pour ces 2 avions (et aussi pour le léger Gripen) : récupérer une partie des clients du F-16, qui s’est vendu à plus de 4 400 exemplaires (plus de 20 pays).

Les marchés n’ont que peu bougé depuis la dernière génération d’avions de combat. Seuls les pays anciennement de l’Est se tournent maintenant vers des solutions Otan (F-16) ou Europe (Gripen), mais toujours économiquement avantageuses. Mais globalement, on retrouve à peu près les même marchés :
-  les clients du F-16 et du F-18 tendent à se tourner le F-15 E (Corée du Sud, Singapour) ; ou vers le F-35 (Pays Bas, Australie), malgré les retards et coûts de développement qui semblent hors de tout contrôle -323 milliards de dollars aux dernières nouvelles- faisant du F-35 le plus onéreux programme d’avion (militaire) de l’histoire [26].
-  le seul client export du Tornado (l’Arabie Séoudite) a déjà commandé l’Eurofighter pour renouveler ses Jaguar franco-britanniques (mais commercialisés par le Royaume Uni). Les Jaguar ont aussi été vendus à l’Inde (130 exemplaires), à Oman (24 exemplaires) qui vient de se décider à acheter 12 F-16 supplémentaires, à l’Equateur (12 exemplaires, retirés en 2002), et au Nigéria (18 exemplaires retirés en 1990, pour des raisons budgétaires)
-  les clients du Mirage 2000 vont (espérons le) se tourner vers le Rafale, et ceux des avions soviétiques sans doute vers des évolutions des même appareils. [27]

[1] Par exemple Elise Lucet au journal de France 2, vers le 10 décembre 2011

[2] Sur le JSF F-35 américain, voir l’excellent et très complet document "Le JSF/F-35 en Europe : le prix du pragmatisme"", qui, en plus des dérives de coûts (+ 77% au moins) et de délais, souligne à quel point les pays européens associés au programme sont la dernière roue du carrosse, même le Royaume-Uni. Mais ils ont payé... "le prix du pragmatisme" !

[3] Aeromorning, Chroniques de Pierre Sparaco, 5 mars 2008 "Chasse gardée"

[4] Les tests en Inde ont été nombreux et exigeants : "Les avions ont été testés dans des conditions extrêmes, tant climatiques que d’usage, les pilotes indiens n’ayant jamais hésité à pousser les mécaniques volantes dans toutes les configurations, haute et basse altitude, moteurs poussés à fond tant à chaud qu’à froid, atterrissages brutaux, arrêts et réallumages des moteurs sans ménagement.

Les armements des avions ont été également testés dans les pires conditions de combat simulés, les essais au sol ont été impitoyables, chronométrage des équipes de mécaniciens lors de pose-dépose de moteurs, opérations de maintenance à cadences infernales.

Ces tests, sans concessions ont été émaillés d’incidents pour les concurrents du Rafale, ce qui a permis à notre avion de prendre des précieux points, notamment en terme de fiabilité, notion importante quand on sait qu’un avion de combat doit garder son potentiel technique opérationnel durant quelques décennies." Armees.com, 2 décembre 2011 "Le Rafale en finale : et si l’Inde se portait acquéreur ?"

[5] Les tests et évaluations effectués en Suisse sont également en faveur du Rafale, pour tous les critères de comparaison, que ce soit par rapport à l’Eurofighter, et surtout face au Gripen. "SAF OT&E Evaluation Report NFA flight test 2008" et sur le site des Echos, sous une autre forme.

[6] (Eurofighter Typhoon) "Meeting catapult requirements would add too much weight to the aircraft, blunt performance and add substantially to modification costs". defensenews.com, 9 février 2011, "BAE Displays Model of Navalized Typhoon for India"

[7] Wikipedia, "Coût du programme Eurofighter"

[8] Challenges, Supersonique, 4 mars 2011 "Le vrai-faux bide de l’Eurofighter"

[9] Secret Défense, 15 décembre 2011 "Le Rafale trop cher ? Bienvenue au café du commerce !"

[10] Secret Défense, 15 décembre 2011 "Le Rafale trop cher ? Bienvenue au café du commerce !"

[11] Opex360.com, 5 mars 2011 "L’Eurofighter, ce gouffre financier"

[12] defensenews.com 15 avril 2011 The Commons Public Accounts Committee scrutiny body said the Ministry of Defence had warned the problems were likely to continue until 2015 when it expects the supply of spares finally to have reached a "steady state". ... It said the supply chain for Typhoon spares was "complex and stretches across Europe". "Britain’s Fighter Jets ’Grounded By Spares Shortages’"

[13] Secret Défense, 20 juillet 2007 "39.000 euros l’heure de vol d’un Rafale". Pour la Cour des comptes, le coût de soutien du Rafale était, en décembre 2004, de 35 000 euros l’heure de vol. ("Dassault Rafale")

[14] Site Safran - Snecma "Premier essai en vol du Rafale équipé d’un moteur M88-4E (ex « Pack CGP »)"

[15] Wikipedia, "Snecma M88"

[16] Wikipedia, "Dassault Rafale"

[17] Site Dassault Aviation "Coût d’emploi maîtrisé"

[18] "Défense et Sécurité Internationale", avril 2012 Mauvaise surprise pour le programme F-35 : le coût total s’accroît de près de 50 % en un an.

[19] "Bien qu’il n’ait pas été complètement conçu, comme le RAFALE l’a été ultérieurement, à travers la démarche Soutien Logistique Intégré (SLI), le MIRAGE 2000 a bénéficié d’une forte implication de ses futurs utilisateurs dès le début de sa conception et a tiré profit du retour d’expérience opérationnelle des programmes précédents de Dassault Aviation pour lui donner les "aptitudes" d’un avion A disponibilité élevée et à très bonne maintenabilité." Supportabilité en conception et faible coût global : l’exemple du MIRAGE 2000 Paper presented at the RTO AVT Specialists’ Meeting on "Design for Low Cost Operation and Support", held in Ottawa, Canada, 21-22 October 1999, and published in RTO MP-37.

[20] "Coût d’emploi maîtrisé", Site Dassault : 1- Un avion conçu pour faciliter l’exploitation et la maintenance. Une avance en termes de fiabilité, d’accessibilité et de maintenabilité ; 2- Un chasseur high-tech à budget maitrisé. Grâce à son excellente fiabilité, le RAFALE a des coûts de maintenance considérablement réduits.

[21] Voir le tableau de l’article "Eurofighter’s Future : Tranche 3, and Beyond", Defense Industry Daily, 24 avril 2012, repris dans notre article "La guerre fratricide Eurofighter / Rafale était-elle évitable ?"

[22] Aerobuzz, 4 janvier 2012 "Pourquoi la commande de F-15 par l’Arabie Saoudite soulage Boeing"

[23] Aeroplans, avril 2010 "L’Eurofighter en passe de l’emporter au sultanat d’Oman"

[24] Les Echos, 13 décembre 2011 "Le Japon préfère le F-35 américain à l’Eurofighter"

[25] opex360.com 14 décembre 2011. "Manifestement, la proposition d’Eurofighter n’a pas fait le poids face au lobbying américain et surtout à la relation historique et stratégique qu’entretiennent Tokyo et Washington". "Le F-35 donné vainqueur de l’appel d’offres japonais"

[26] Probablement pour bénéficier de la furtivité de cet avion de 5e génération. Mais ces clients pourront-ils payer la note, du fait de la crise économique, alors que le premier partenaire (le Royaume Uni) a réduit sa commande de 150 exemplaires à probablement 50 ou 40 - Site liberal.ca 27 janvier 2011 "Rien que les faits : Les alliés étrangers remettent en question le coût des F-35 - et le Canada lui"

[27] Air-defense.net Forum, "Le point sur les prix Rafale/Eurofighter"


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