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Les pays de la zone euro au pied du mur :

Les Etats-Unis d’Europe, ou l’explosion et le chaos.

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jeudi 24 mai 2012.
 
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La crise des dettes souveraines est gravissime, mais la dette des pays de la zone euro est, en pourcentage du PIB, inférieure à celle des États-Unis ou du Japon...

Si elle touche particulièrement la zone euro, c’est principalement en raison d’une défiance envers ses pays, et en particulier de leur incapacité (jusqu’à présent) à répondre suffisamment fort et assez tôt aux défis posés par toutes ces questions. Bien entendu, la spéculation financière contre les pays les plus exposés n’arrange rien.

Et s’il est absolument clair qu’une discipline budgétaire doit être rétablie, le plus vite possible, dans ces pays, il est tout aussi évident que la spirale négative constatée en Grèce n’est gagnante pour personne : ni pour les grecs, ni pour la Grèce, ni pour ses créanciers, ni pour ses partenaires, ni pour la zone euro, ni pour le monde entier.

Et comme le fait remarquer la Banque Mondiale, "l’Europe a besoin à la fois d’austérité et de croissance". [1]

Et une mutualisation des dettes, via des « euro-obligations » (’eurobonds’), est clairement évoquée, et même soutenue, par de plus en plus d’acteurs, y compris par exemple par l’OCDE (“Il faut tout mettre sur la table : des obligations conjointement garanties pour recapitaliser les banques, pour financer des projets ou des émissions régulières d’euro-obligations”, selon son chef économiste [2]), et le FMI : la zone euro doit viser à instaurer, au moins « de façon partielle », des euro-obligations selon Olivier Blanchard, chef économiste du FMI. [3]

Une mutualisation inacceptable pour l’Allemagne...

Mais pour les Allemands, la mutualisation des dettes publiques ne pourrait advenir qu’avec la création d’un véritable État fédéral européen. Procéder autrement, c’est mettre la charrue avant les bœufs.

Car l’Allemagne emprunte "à des taux très bas, fruit d’un assainissement budgétaire entamé il y a une dizaine d’années. Pourquoi nos voisins d’outre-Rhin paieraient-ils plus cher qu’aujourd’hui pour emprunter si leurs voisins ne font pas le ménage d’abord dans leurs comptes ? En résumé, ils ne sont pas hostiles à une solidarité financière, mais pas sans garanties des 16 autres membres de la zone euro.

... car il faudrait aussi mutualiser les ressources...

« La solution des euro-obligations n’est pas la solution si on reste dans la situation actuelle où chaque pays gère ses impôts et son budget. Elle le devient si nous mutualisons nos ressources, nos budgets, nos fiscalités. Il faut mutualiser les dettes et les ressources », argumente Dominique Giuliani qui parle alors d’une sortie par le haut pour l’Europe. Toutes les autres voies sont vouées à l’échec selon lui.

« La création des Etats-Unis d’Europe c’est la condition sine qua none de la sortie de crise pour la zone euro. Sans union fédérale, elle ne peut pas exister », abonde l’économiste Marc Touati, auteur de "Quand la zone euro explosera". Voir ci-dessous la vidéo de présentation de son ouvrage pédagogique, par Marc Touati.

La vraie réponse, une plus grande intégration européenne

Face à la crise des dettes publiques en Europe, « la vraie réponse, la réponse qui est à la fois ambitieuse et efficace, la réponse qui permettrait la croissance que le président de la République appelle de ses voeux, c’est une plus grande intégration » européenne, a souligné mardi Laurence Parisot, la patronne du Medef, en plaidant de nouveau pour la création d’Etats-Unis d’Europe.

Pourtant, regrette Dominique Giuliani, la France sort d’une élection présidentielle sans jamais que cette question n’ait été abordée. Et pour cause, elle est politiquement très sensible.

Dans une Europe où le populisme de droite et de gauche a le vent en poupe, le transfert de nouvelles compétences au niveau européen ne sera pas facile à vendre aux opinions publiques. Mais pour Marc Touati, c’est du quitte ou double. Soit l’Europe se fédéralise et renoue avec la croissance, soit elle explose.

Cela ne se fera pas en un jour, mais il faut montrer la direction

Dans tous les cas, le premier scénario ne se ferait pas du jour au lendemain, « mais l’important c’est de montrer la direction que l’Europe souhaite prendre », estime argumente Dominique Giuliani. Pour rassurer in fine notamment les investisseurs extérieurs à la zone euro, qui ne savent plus ou donner de la tête pour comprendre le drame qui plane au-dessus de l’Europe.

Les responsables ont jusqu’au conseil européen du 28-29 juin pour accorder leurs violons sinon plus dure sera la chute." [4]

Plusieurs pas en arrière, ou plusieurs pas en avant !

Comme le résume très bien Jean-Pierre Denis (journaliste à "La Vie") : "c’est très difficile, mais soit on fait plusieurs pas en arrière (le système explose), soit on fait plusieurs pas en avant, et Angela Merkel n’y serait pas opposée." [5]

[1] La vie éco, 24 mai 2012.

[2] Economie matin, 23 mai 2012 "Les Européens réunis à Bruxelles : l’urgence grecque"

[3] Le Figaro, 26 avril 2012 "Le FMI veut convaincre l’Allemagne d’accepter des eurobonds"

[4] Très larges extraits de l’article de Mathieu Bruckmüller "Crise de la zone euro : Des « Etats-Unis d’Europe » comme seule solution ?-20120524-[article_economie]-755939792@3-]" 20 minutes, 23 mai 2012.

[5] "Politique Matin", 9h07, La Chaine Parlementaire, 24 mai 2012.


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