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Le programme GMES en danger. Va t on lancer des satellites en pure perte ?

L’Europe en panne de projet, au risque de saper les premiers efforts ?

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mercredi 28 novembre 2012.
 
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Le dernier Conseil Européen, de novembre 2012, s’est terminé sur un échec, même si des avancées ont été constatées, avec un rapprochement des points de vue sur le niveau du Budget européen pour les années à venir.

Une Europe en panne de projet, et de leader européen. De vision donc, mais aussi de pragmatisme

Cet échec n’est pas définitif, et les dirigeants se sont volontairement séparés sans desépérément essayer de trouver un consensus inatteignable cette fois-ci. Il faudra bien de toute façon trouver un accord !

Mais il est clair que les dirigeants des pays européens ont perdu la flamme, ils sont en panne d’un projet mobilisateur, capable de rassembler in fine les énergies et volontés des uns et des autres. Et comme le Président de la Commission brille par son abscence, ainsi que le Président Van Rumpoy, aucune lueur n’apparaît pour trouver un chemin plus favorable.

Prendre en compte les dépenses UK (et françaises) en matière de défense... et baisser du coup le montant du "rabais britannique" !

A notre avis c’est donc par manque de vision, mais aussi par manque de pragmatisme. Par exemple, il est logique de remettre en question le "chèque britannique", obtenu par Margaret Thatcher ("I want my money back"), mais il est tout aussi important de prendre en compte des éléments essentiels comme l’insuffisance des budgets de sécurité et de défense, pour une grande partie des pays européens, alors que pendant ce temps seuls le Royaume Uni et la France sont à peu près au niveau souhaité des 2% du PIB.

Si ces dépenses françaises et britanniques, qui assurent finalement la sécurité des autres pays de l’Union, étaient prises en compte, cela pourrait signifier deux chèques de l’Union, l’un britannique et l’autre français, et donc une diminution significative de ce qui est vu comme un "rabais britannique" ! Et cela mettrait chaque pays devant ses responsabilités, encourageant chacun à faire des investissements cohérents.

Le programme GMES en danger d’être tué dans l’oeuf ?!

Un autre exemple est celui du programme européen GMES ("Global Monitoring for Environment and Security"), en très grand danger de perte de financement, et donc une grande perte de sens : Car même une réduction "mineure" de l’ordre de 20% du financement peut signifier l’anéantissements des bénéfices des premières actions...

Voyons cela de plus près. Ce programme très important de surveillance mondiale pour l’environnement et la sécurité de l’Europe s’appuie sur des satellites "Sentinelle", dont les premiers seront lancés entre fin 2013 et 2014... avec le risque qu’il n’y ait pas d’argent pour les exploiter lorsqu’ils seront en poste !

On marcherait sur la tête ! Car le ’segment spatial’ de GMES "repose sur plusieurs familles de satellites comprenant chacune plusieurs unités identiques appelées à voler successivement de « façon à garantir la continuité des données pendant au moins deux décennies »."

"Si pour les premières familles le financement des deux premiers satellites (les A et les B) est acquis, « l’incertitude sur le financement des modèles C est grande ». S’il est décalé trop loin dans le temps, « on ne va plus pouvoir faire de récurrence et on risque de perdre le bénéfice qui en découle en coûts et délais ». Or, dans l’industrie spatiale, les composants, approvisionnés en nombre restreint, ne créent pas un marché important et peuvent rapidement ne plus être disponibles."

"Il faut garder à l’esprit que GMES s’inscrit dans la durée, voire ad vitam æternam, tout comme le programme Meteosat. Concrètement, les futures générations (au-delà des A, B et C) de chaque Sentinelle ne pourront « se faire qu’en s’appuyant sur le retour d’expérience des utilisateurs ». Sauter l’étape du troisième modèle récurrent (le modèle C), c’est devoir définir une nouvelle génération dans des délais plus courts et avec un retour d’expérience insuffisant." [1]

Aux citoyens de reprendre le flambeau, et d’exiger des décisions cohérentes, et courageuses !

S’il est clair qu’un déficit de projet se manifeste ches les dirigeants des pays, avec également des élections sur fond de crise de la dette, par exemple pour Angela Merkel, élections qui n’incitent pas à prendre les taureaux par les cornes,il est tout aussi clair que le salut ne peut venir des hommes et femmes politiques.

Il revient donc aux citoyens européens de demander des comptes à leurs élus... mais non pour se détourner de l’Europe au moment où nous avons le plus besoin de décisions au niveau du continent, face aux Etats Unis et aux puissances émergentes, mais au contraire pour exiger que la construction européenne continue, efficacement en faveur des citoyens !

Car s’il est une leçon de l’Histoire, c’est qu’à chaque fois (crise oblige) que les pays se sont repliés sur eux, dans un protectionnisme maladif, les faits ont montré que c’était inefficace et surtout extrêmement contre-productif.

[1] "L’avenir incertain des satellites environnementaux GMES"


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