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France et Israel, deux pays (2) mûrs pour un vrai changement

[ Sur Agoravox : "France et Israel, deux pays (2) mûrs pour un vrai changement" ]
mercredi 10 septembre 2014.
 
Auteur(s) et leurs articles

Nous avons vu dans le premier article ("France et Israel, deux pays (1) aux évolutions bloquées") que les systèmes politiques des deux pays sont à bout de souffle, du fait d’un système électoral inadapté (extrême, chacun dans une direction opposée) : majoritaire pour la France, sans aucune part de proportionnelle, et proportionnelle intégrale pour Israel.

Nous verrons ici que les guerres, les crises et les moments importants, pour des pays, continents ou pour le monde, obéissent à des cycles, souvent multiples de 20 ans. Car c’est l’arrivée d’une nouvelle génération, qui a besoin de faire sa propre expérience, ou qui avec son sang neuf et son énergie différente repose des questions essentielles.

Et, pour la France comme pour Israel, le moment est venu (en 2014) pour un véritable changement.

Des cycles d’environ 20 - 22 ans pour le monde, et des cycles moitiés d’environ 11 ans

Faites en l’expérience, demandez à votre entourage "quelles sont les 3 ou 4 dates importantes, pour le monde, au cours du 20e siècle ?". Invariablement les deux guerres mondiales sont citées, ainsi que la chute du Mur de Berlin et l’effondrement des régimes communistes. Et très souvent les événements de mai 68, en France (et aussi en 68 la résistance à la guerre du Vietnam aux Etats Unis, et des événements en Allemagne), le printemps de Prague et l’arrivée des chars russes pour y mettre fin.

Et nous constatons alors que ces événements (entre fin d’un événement et début d’un autre) sont séparés d’environ 20 - 22 ans. (pour des précisions, et des exemples assez détaillés, voir ce que nous écrivions, il y a 9 ans, dans le 2ème encadré un peu plus bas, ou l’article plus récent (2015) : "Cycles de 22 ans. Pertinence ? Utilité ? D.Cameron vs F. Hollande, Printemps arabes.")

Un phénomène qui touche aussi les entreprises, et les générations de produits !

Ce phénomène touche aussi les entreprises, qui sont des organisations humaines, soumises aux humeurs des individus et groupes, et les produits qu’elles conçoivent et produisent.
Prenons l’exemple de la fusion entre Citröen et Peugeot, en 1975, il fallut attendre 19 ans pour voir la première plateforme commune pour les modèles Evasion en 1994 (de timides progrès), Saxo et Berlingo en 1996. "La cohabitation des deux marques va s’avérer difficile durant plus de vingt ans." (Wikipedia, "Citroen, les années Peugeot, des débuts difficiles").
D’autres exemples peuvent être pris dans l’aéronautique, ou le spatial :

-  il y eut 20 ans entre le premier vol du premier Airbus (A300, en 1972), et le premier vol de son successeur l’A330 (en novembre 1992), et 21 ans de plus pour le premier vol du nouvel A350 (juin 2013)
-  12 ans entre le premier vol du Boeing 747 (1969) et celui du 767 (1969), 13 ans avant celui du 777 (1994), et il devait y avoir 12 ans encore pour le 787, qui a volé avec 3 ans de retard en 2009
-  entre le premier avion militaire franco-allemand de transport : Transall (1er vol en 1963) et le deuxième, européen cette fois, l’A400M (1er vol en 2009, avec trois ans de retard), il y eut 2 x 23 ans
-  40 ans entre le premier réacteur d’avion CFM 56 (1974) et son successeur LEAP, construits par la filiale 50 50 Snecma - General Electric, réacteur le plus vendu dans le monde depuis 20 ans
-  10 ans entre Ariane 4 (1986) et Ariane 5 (1996), et 21 ans pour Ariane 5 ME (2017).
Ce ne sont que quelques exemples, la liste serait facile à étendre (missiles M4, M45, M51, 38 ans entre deux avions mythiques : le Concorde et l’Airbus A380, etc.).

De même pour la France, et pour Israel, y compris depuis 1945

Revenons aux événements importants pour un pays. Si vous faites la même expérience que précédemment, sur les dates importantes pour la France, on vous dira, pour la période récente : 1945 fin de la guerre, mai 68, mai 1981 la gauche au pouvoir, 1990 début d’une longue crise économique suite à la guerre du Golfe, et peut-être : 1955, où l’affaire algérienne est inscrite à l’ordre du jour à l’Assemblée générale de l’ONU - 1958 retour du Général de Gaulle, 21 avril 2002 Le Pen au 2e tour de l’élection présidentielle.

De même pour Israel : 1948, création de l’Etat d’Israel, 1967 Guerre des 6 jours - 1973 Guerre du Kippour, 1992 élection de Yitzhak Rabin - 1993 accords d’Oslo - 1995 assasinat de Yitzhak Rabin.

Car cette règle pour le monde fonctionne aussi pour les pays (cf encadré plus bas), avec quelques particularismes locaux. A condition, pour éviter certaines difficultés dans l’établissement des dates à prendre en compte, de considérer deux événements importants très proches (et liés l’un à l’autre) comme un seul événement (comme pour les guerres mondiales).

Ainsi la période entre l’élection et l’assassinat de Y. Rabin a été très riche d’événements en Israel, et avec les palestiniens (avec une embellie économique entre Israeliens et Palestiniens). Et la guerre du Kippour (1973) est en quelque sorte une réplique de la guerre de 1967, elle a d’ailleurs marqué le début du rapprochement de l’Egypte avec Israel, et les accords de Camp David.

Les écarts sont alors de :

-  23 ans entre 1945 et 1968, et 22 ans entre 1968 et 1990 début de crise), pour la France
-  19 ans (entre 1948 et 1967, entre 1973 et 1992) pour Israel

La différence dans ces écarts peut sembler importante (entre France et Israel), et affaiblir la théorie que nous présentons, mais elle nous semble au contraire très lieé à l’explication que nous en donnons (une nouvelle génération qui arrive), puisque la population est plus jeune en Israel : l’âge médian en France est assez élevé (36,3 ans en 2000), alors qu’il n’est que de 29,7 ans en Israel [1]. Et une règle de 3 basée sur 19 ans en Israel pour 29.7 donne 23.2 ans pour 36.3 ; la théorie fonctionne presque trop bien !

Bien sûr nous sommes conscient de ce qu’il ne peut s’agir que d’ordres de grandeur, pour ces événements qui font intervenir de très nombreux facteurs. Mais en nous servant de ces nombres, nous avions pu prédire, avec succès :

-  que les ’printemps arabes’ en Libye et en Tunisie allaient déboucher sur une chute de ces deux régimes (ce qui ne veut malheureusement pas dire que la situation actuelle en Libye soit intéressante... ces cycles indiquent des changements, pas nécessairement vers le mieux !)
-  alors que ce ne serait probablement pas le cas dans plusieurs autres pays arabes.

Les événements majeurs suivent des cycles de 20-22 ans (ce que nous écrivions il y a 9 ans)
Il en est des guerres comme des crises et des moments importants, pour des pays ou des continents, voire pour le monde : ces événements importants obéissent à des cycles, souvent multiples de 20 ans.
Pourquoi ? C’est simplement l’arrivée d’une nouvelle génération, qui a besoin de faire sa propre expérience, ou qui avec son sang neuf et son énergie différente repose des questions essentielles.
Quelques exemples dans l’histoire récente :
En Europe :
-  la guerre de 1870
-  puis celle de 1914 (2 fois 22 ans)
-  et celle de 1939 (21 ans après 1918)
-  et 1992 (2 fois 23 ans après 1945) retour des guerres dans les Balkans (ex Yougoslavie)
Pour le monde :
-  les deux guerres mondiales (21 ans entre 1918 et 1939)
-  les événements de 1968, à la fois aux Etats Unis, en France et en Tchéchoslovaquie (23 ans après 1945)
-  l’effondrement des régimes soviétiques et des pays d’Europe de l’Est [1] (21 ans après 1968), événement majeur pour le monde, suivi de très peu de la 1ère Guerre du Golfe (1991), en quelque sorte "3e guerre mondiale", et ce 23 ans après 1968.
En économie et en politique ces cycles d’une vingtaine d’années se vérifient également, pour la France :
-  1936 le Front populaire (22 ans après 1914)
-  1958 le retour de de Gaulle et la 5e république
-  1981 la gauche au pouvoir
-  et le 21 avril 2002, 21 ans après 1981 ?
Ces périodes de environ 22 ans se retrouvent dans l’histoire de France également au 19e siècle : 1870 22 ans après la révolution de 1848, et 44 ans avant : 1804 Napoléon empereur...

Toujours pour Israel : du changement à partir de 2014...

L’assassinat de Rabin en 1995 a été une date très importante pour Israel et les Israéliens.

Faut-il rappeler que c’est lors d’une manifestation monstre qu’il a été assassiné "Le 4 novembre 1995, Yigal Amir, un juif religieux d’extrême droite, descendait Rabin de trois balles dans le dos, à Tel-Aviv, dans le but affiché de faire capoter le processus de paix. Cet assassinat, commis à l’issue d’une manifestation pacifiste monstre, a plongé le pays dans la stupeur, alors que naissait l’espoir d’une possible issue au conflit israélo-palestinien." [2] ?

Faut-il aussi rappeler qu’une autre manifestation monstre, deux ans après, réunissait 300 000 personnes en sa mémoire. "La place, baptisée du nom de Rabin, n’a pas pu contenir la foule immense qui n’arrêtait pas d’affluer depuis les boulevards avoisinants". "il s’agit de la plus grande manifestation de l’histoire d’Israel", a déclaré le chef du Parti travailliste, Ehud Barak. à la foule innombrable qui arborait des pancartes "Sauvez la paix", "Nous n’oublierons pas" ou encore de grandes photos de Yitzhak Rabin. [3]

Il est donc naturel de prendre 1995 comme une date clé dans l’histoire récente d’Israel, Or 19 ans (ou un peu plus, 20 ou 21 ans pour tenir compte aussi du vieillissement de la population israélienne) nous amènent à 2014, 2015 ou 2016 !

Il est donc temps d’insister auprès d’Israel, après ces combats (compréhensibles) à Gaza contre le Hamas, ainsi qu’après ceux anti Hezbollah au Liban, qui montrent que des actions exclusivement militaires ne permettront rien de durable.

Et ceci alors que plusieurs sondages faits dans les deux camps montrent que la paix est souhaitée, des deux côtés, et ce depuis plusieurs années :

-  ... "une large majorité au sein des deux peuples s’accordait alors à considérer, sans autres détails, qu’un accord de paix pouvait être trouvé sous la houlette de leurs dirigeants actuels (Ariel Sharon et Mahmoud Abbas). Un mois plus tard, les responsables des deux organismes, Yaacov Shamir du côté israélien, et Khallil Shakiki du côté palestinien, ont voulu explorer précisément les contours d’un accord possible. Les résultats, rendus publics dans un communiqué commun en date du 18 janvier 2005, sont très intéressants" (voir le site www.pcpsr.org et http://www.upjf.org/fr/1370-isra%C3%ABl-palestine :-un-sondage-dit-que-la-paix-est-possible- )
-  "56 % des Israéliens soutiendraient des discussions avec le Hamas dans le but d’aboutir à une solution avec les Palestiniens." 78 % des Israéliens soutiennent ces négociations" [4]
-  sondages réguliers : www.pcpsr.org , dont le récent commun (juin 2014). Avec la conclusion : 62% des Israéliens et 54% des Palestiniens soutiennent une solution avec deux états.

... La paix maintenant !

Ce qui nous conforte dans la possibilité d’un réglement historique, c’est la conjonction de plusieurs événements ou situations :

-  Israel se retrouve, après ces opérations militaires à Gaza, dans une situation mitigée, comme après les dernières opérations au Sud Liban, vis à vis du Hezbollah. Et comme après la guerre du Kippour, qui n’avait pas vu une victoire éclatante de Tashal comme en 1967. Les Israeliens constatent donc l’impasse que représente une attitude exclusivement militaire, l’évidence est encore plus criante : il faut une solution négociée !
-  le contexte international (régional) y est propice, puisque les événements en Irak imposent das changements importants pour plusieurs pays occidentaux : Etats Unis, Royaume Uni, Allemagne, France, ainsi que par rapport à l’Iran.. Toute la région est ainsi concernée par ces changements très importants.
-  et une autre date est à prendre en compte, la fin du deuxième mandat de Barak Obama en 2016. Ne voudra-t-il pas faire comme Bill Clinton, qui avait intensément agi en faveur des accords d’Oslo, ainsi que dans le processus de pais en Irlande du Nord ?

Malheureusement la dernière décision de dirigeants Israeliens de s’approprier 400 hectares de terres situées en Cisjordanie dans le secteur de Bethléem [5] ne va évidemment pas dans le bon sens !

Car ce caractère cyclique n’est pas fatal, inéluctable, et il ne peut pas empêcher des décisions contre-productives...

Il revient bien sûr aux dirigeants, et/ou aux peuples d’en saisir l’opportunité.

Et en particulier, dans ce cas précis, il revient au Président états-unien, seul capable d’imposer quelque chose à Israel, d’intervenir, et de tordre le bras aux dirigeants israeliens, s’il le faut, pour enfin créer les conditions d’une paix durable, à laquelle tous aspirent, sauf bien sûr les extrémistes des deux camps.

Et en France, le changement (de la gauche) c’est maintenant !

Revenons en France. Nous avons vu que, 22 ans après 1968, 1990 a été le début d’une longue crise économique, dont le summum a été en 1993. C’était juste après une embellie économique majeure, en 1989, suite notamment aux effets positifs des réformes libérales de 1986-1988, mais qui avait été interrompue du fait de la 1ère guerre du Golfe, en préparation dès 1990.

Si nous datons cette crise de son début en 1990 et de son summum en 1993, alors 22 ans après nous amènent à ... 2015 ! Ce qui correspond aussi à 47 ans après 1968, soit 2 x 23.5 ans. Cette date correspond donc bien à nos critères, d’autant que :

-  elle suit deux périodes en lesquelles une majorité de Français avaient mis beaucoup (trop) d’espoir : l’élection de Nicolas Sarkozy en 2007, et celle de François Hollande en 2012.
-  dans les deux cas la désillusion fut importante, pour des raisons un peu différentes, mais cela ne change pas cette chute importante de popularité, des deux Présidents, très vite après leur élection. Cette chute de popularité est encore plus forte pour François Hollande, car son programme électoral était encore plus porteur d’ambigüités (il falllait plaire à l’extrême gauche, et à la gauche de la gauche), alors que les Français ont bien perçu que la crise de 2008 - 2011 a vraiment plombé la situation pour Nicolas Sarkozy [6].

Et deux ans après 2012, nous sommes dans une situation comparable à 1983, lorsque, 2 ans seulement après la victoire de l’Union de la Gauche [7], déséquilibre du commerce extérieur record et crise du franc obligent, il fut évident qu’il fallait corriger le cap économique, et renoncer à une bonne partie des promesses électorales !

De manière similaire aux deux déconvenues israéliennes, par rapport au Hezbolllah et au Hamas, les Français sont obligés de vivre d’amères désillusions. Et même les électeurs de gauche veulent des décisions enfin efficaces, pour sortir de cette crise sans fin, et de ce chômage de masse, qui a repris une hause quasi constante depuis quelques années.

Ce qui nous ramène à un "déjà vu" en 2005, et à son funeste Référendum. A la suite duquel nous écrivions [8] :

"Les Français ont donc voté massivement (à 70%), et nettement pour le Non (55%). Ce vote confirme et amplifie les précédents avertissements (abstention grandissante, vote FN à la hausse, grandes grèves de 1995, séisme du 21 avril 2002, régionales et européennes 2004) à des hommes politiques peu courageux ou déconnectés des réalités.
Car ceux qui ont voté NON ont surtout exprimé un fort mécontentement par rapport à la situation économique et sociale du pays (à 40% et même 50%) : d’après un sondage "sortie des urnes" ils sont seulement 36% (c’est-à-dire seulement 20% des votants !) à avoir voté contre le Traité Constitutionnel, mais c’est l’Europe, la France et les Français qui en feront les frais.
Prenons un peu de recul. Puisque les événements majeurs se produisent tous les 20 ou 40 ans, le vote NON pourrait bien être en fait une réédition du vote de mai 1981 et l’annonce d’une crise majeure un peu plus tard (vers 2010, 40 ans après 68 ?).

Prémonitoire, non ?

En tout cas, nous verrons dans le prochain article ("France, un pays (3) où le déclic vient d’avoir lieu, comme après mai 68") des éléments complémentaires, et en particulier pourquoi le gouvernement ET LES FRANCAIS sont prêts pour ce changement majeur que nous annonçons pour 2014 - 2015.

[1] Wikipedia, Demographics of Israel

[2] Libération, 3 novembre 2007 "Le crime sans fin de Yigal Amir"

[3] L’Humanité, 10 novembre 1997 "Pour Rabin et pour la paix"

[4] Courrier international, 22 octobre 2010, "Israel - Palestine, un sondage étonnant"

[5] Le Monde, 31 août 2014 "Israël veut s’approprier 400 hectares de terres en Cisjordanie"

[6] Nous ne faisons pas partie des fans de l’ancien Président, et nous étions parmi ceux qui insistaient pour que de vraies réformes soient faites. Mais la crise n’a pas facilité les choses !

[7] Après une très longue période d’opposition, encore plus longue que pour les 10 ans de droite entre 2002 et 2012

[8] Libéral et Social, 30 mai 2005 "Un NON annonciateur d’une crise majeure, genre mai 68, avant 2010 ? L’expérience de 1981-1983 n’a pas suffi : la France a voté NON, tentée par un repli faussement salvateur"


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