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3 ans après l’annonce tonitruante de Boeing sur les satellites électriques...

Satellites électriques : Airbus 3, Boeing 1 !

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samedi 16 mai 2015.
 
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Nous nous étions félicité (voir ci-dessous, recherche Google sur notre site) l’année dernière de ce que Airbus DS l’avait emporté pour la réalisation de deux gros satellites électriques (SES-12, 5.3 t et EUTELSAT-172B, 3.5 t). Qui au passage seront également lancés par Ariane 5, et non son désormais concurrent le plus sérieux, la start-up nord-américaine SpaceX.


Recherche Google sur le site EuropeAgenda2010.free.fr

Plus de satellites gagnés par Boeing...

Depuis lors, la société de télécom satellitaire SES, leader dans son domaine, a choisi récemment le fournisseur de deux autres satellites électriques, de taille un peu moins importante, les répartissant entre Airbus DS (SES-14, très innovant, 4.2 t) et Boeing (SES-15, 2.3 t). Et en en confiant le lancement respectif à Space-X et à Ariane5.

... mais de taille moitié !

Faisons le point, 3 ans après l’annonce par Boeing de contrats de satellites électriques : Boeing, parti plus tôt, a obtenu en tout 5 contrats, contre seulement 3 pour Airbus DS, mais Airbus l’emporte sur trois critères objectifs essentiels :
-  le satellite de plus grande masse : 5.3 t versus 2.3 t (plus du double)
-  la masse totale : 13 t versus 10.7 t (+ 21%)
-  la masse moyenne : 4.3 t versus 2,14 t, soit le double !

La compétition ne fait que commencer, et deux acteurs importants (le franco-italien Thales Alenia Space et le nord américain Lockheed Martin) devraient apparaître prochainement, avec leurs plate-formes respectives.

Une offre Airbus DS qualitativement nettement meilleure

Mais pour le moment Airbus DS sort grand gagnant, grâce à une offre plus intéressante à plusieurs titres :
-  plus grande masse pour chaque satellite
-  et une durée de ’mise à poste’ significativement réduite.

(PNG)
moteur ionique (testé par la NASA)

En effet, les satellites électriques offrent l’avantage énorme d’une masse quasiment moitié à service égal, mais ils nécessitent plusieurs mois pour arriver à leur position géostationnaire, au lieu de quelques jours pour les satellites conventionnels, utilisant une propulsion chimique (et donc une masse imposante de combustible).

Ce délai de mise à poste est de 8 mois pour les premiers (et petits, d’environ 2 t) satellites de Boeing, alors que ceux réalisés par Airbus DS pourraient ne nécessiter que 4 mois, voire 6 mois pour les plus gros satellites (5.3 t).

La différence est énorme pour les clients qui doivent au plus tôt exploiter leurs satellites, et rentabiliser leurs lourds investissements.

Les délais de mise à poste semblent être très difficiles à obtenir, et il faudra de toute façon attendre quelque temps pour connaître les délais effectifs.

Mais nous pouvons d’ores et déjà dresser le tableau récapitulatif suivant, montrant bien la supériorité, actuelle, de l’offre d’Airbus DS.

Satellites Airbus DS Boeing
SES-125.3 t 4-6 mois
SES-144.2 t 4 mois ?
EUTELSAT-172B3.5 t 4 mois ?
SES-152.3 t ???
Satmex EUTELSAT-115wB2.2 t 8 mois
Satmex EUTELSAT-117wB2.2 t 8 mois
ABS 32.0 t 8 mois
ABS 22.0 t 8 mois

Pourquoi un tel avantage concurrentiel pour Airbus DS ?

(PNG)
SNECMA PPS-1350

C’est que l’entreprise européenne fait appel aux moteurs plasmiques réalisés par la société française SNECMA, qui donnent une meilleure poussée que les moteurs ioniques utilisés par Boeing.

Ces mêmes moteurs plasmiques SNECMA seront aussi utilisés par Thales Alenia Space. Et nous saurons bientôt ce que prépare Lockheed Martin de son côté.

Et Ariane 5 fait quasiment jeu égal avec SpaceX

En attendant, remarquons au passage que Ariane 5 sauve les meubles, en terme de nombre : sur ces 8 satellites (3 Airbus DS et 5 Boeing), 5 seront lancés par Space X (qui devient vraiment dangereux pour Ariane 5) et 3 par Ariane 5.

Proton, avec ses échecs trop fréquents (1 par an depuis quelques années) a perdu la partie, chez SES, qui avait confié environ 73 lancements depuis 1996 !

Mais en terme de masse, Ariane 5 cumule 11.1 tonnes (47%), contre 12.6 t pour Space X. En terme de masse moyenne, Ariane 5 l’emporte avec 3.7 t, contre 2.5 t pour Space X, soit un masse moyenne supérieure de 50% à celle de SpaceX.

On le voit bien, les satellites électriques sont une façon pour Arianespace de retarder l’affrontement sanglant avec Space X : Ariane 5 permet de remporter 2 des 3 contrats électriques très supérieurs à 2 t, tandis que Space X en emporte un seulement.

Mais ceci n’est que temporaire : le match entre Space X et Ariane 5 va fortement dépendre du succès, ou non, du premier vol de la version alourdie (non nommée) de Falcon 9 v1.1 : ce premier vol doit avoir lieu prochainement, pour un satellite ’conventionnel’ de SES, de 5.3 t, réalisé par Boeing !

Au-delà, c’est bien Ariane 6 qui permettra de faire face à cette concurrence agressive de Space X, qui a fortement bénéficié des contrats institutionnels nord-américains (plus de 4 milliards de dollars !) ce qui a permis à Space X de solder les contrats commerciaux (pour les satellites de télécom) à un prix de dumping...

Les Etats-Unis ne renoncent donc pas à la politique de subventions qui a tellement aidé Boeing, pour le 787, et qui aide actuellement beaucoup Boeing pour le futur 777 X !


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