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Etudes de la DARES

Désindustrialisation, emplois, valeur ajoutée, depuis 1970 et plus récemment.

Pas d’aggravation de la désindustrialisation depuis 2000.
[ sur le site DARES ]
lundi 25 avril 2005.
 
Auteur(s) et leurs articles

Qu’en est-il de la perte d’emplois dans le secteur industriel ? de l’évolution de la valeur ajoutée du secteur ? de l’évolution récente (depuis 2000) ?

La DARES (Direction de la Recherche et des Statistiques du Ministère de l’Emploi) vient apporter un éclairage iconoclaste (mais rejoignant des travaux précédents), via différentes études, qui tient en les conclusions suivantes :

-  l’emploi dans le secteur industriel a nettement reculé depuis 1973, passant de 26% de l’emploi total en 1970, à moins de 18% en 2004.

-  mais sur cette même période, la part de la valeur ajoutée produite par l’industrie s’est maintenue autour de 22% : les gains de productivité du secteur sont clairs.

-  ainsi le terme "désindustrialisation" doit bien être compris comme "perte d’emplois dans le secteur industriel", et non comme baisse de la part de la valeur ajoutée.

-  cette perte d’emplois est cependant elle aussi à relativiser : si les effectifs des métiers industriels exercés dans l’industrie ont baissé de 20% de 1982 à 2002 (- 704 000 emplois), ces effectifs exercés hors de l’industrie ont progressé de 14% (+133 000 emplois). Et près d’un tiers (29%) sont pratiqués dans des secteurs non industriels, comme la maintenance ou la composition graphique dans le tertiaire : c’est la conséquence de l’externalisation.

-  et entre 1992 et 2002, si les effectifs industriels ont baissé de 7.5%, la baisse n’est que de 2.7% (- 120 000 postes) si l’on prend en compte les travailleurs intérimaires. Car la moitié des travailleurs intérimaires travaillent dans l’industrie, qui préfère l’intérim aux CDD, car il "permet aux entreprises d’adapter facilement leurs effectifs aux fluctuations réelles ou anticipées de la production".

-  de plus, si la tendance est à la perte d’emplois, l’industrie a détruit beaucoup moins d’emplois (130 000) entre 2000 et 2003 que entre 1989 et 1993 (480 000). Le ralentissement conjoncturel a été moins prononcé qu’au début des années 90.

-  et cette meilleure résistance de l’emploi ne s’est pas accompagnée d’une détérioration de la productivité. Le recours croissant à l’intérim a permis au secteur de s’ajuster. En 10 ans la part des contrats courts (CDD et intérim) a doublé dans l’industrie, et en 20 ans cette part a plus que triplé (de 3% à 10.4% en 2002). Et si la part des CDD dans l’emploi industriel a fortement augmenté de 1982 à 1989 (de 2 % à 4,5 %), elle est restée stable autour de 4 %, à partir de 1995.

-  enfin, les deux secteurs industriels qui ont créé des emplois entre 1992 et 2002 sont ceux où les entreprises ont le plus développé l’usage des contrats courts : les industries agroalimentaires et l’industrie automobile.


Commentaires de Laurent Simon :

Ces éléments rejoignent les chiffres donnés par Raymond Soubie, Altédia, montrant que l’intérim est beaucoup plus développé en France que dans la majeure partie des pays développés (la part de la France dans le chiffre d’affaires d’anglosaxons de l’intérim étant de près de 50 %, alors que le PIB de la France n’est pas si élevé par rapport aux autres pays développés !)

S’il en était besoin, voici une preuve de plus de la nécessaire fameuse "flexibilité" recherchée et trouvée par l’industrie, et l’intérêt
-  de diminuer les coûts fixes liés à l’emploi, en augmentant la part variable (par toutes sortes de dispositifs : primes, intéressement, épargne salariale, etc.)
-  de diminuer les charges sociales [1] pour permettre l’embauche de salariés sur des contrats moins courts.

Et les délocalisations, et/ou les relocalisations (développement dans d’autres pays, qui n’exclut pas le maintien des activités dans les pays d’origine) ne sont pas récemment la cause d’une destruction d’emplois croissante, bien au contraire.

Bien sûr ces chiffres concernent la période avant l’entrée effective des 10 dans l’Union, mais cette entrée était largement anticipée par les industriels, et donc une destruction d’emplois massive se serait déjà vue en 2003.

Les craintes qui motivent un NON au traité sont donc très exagérées, même si des délocalisations se font.

[1] la part des dépenses publiques de santé dans le PIB français est parmi les plus élevées du monde


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